PAM : 3 000 DH de retraite, eau et électricité gratuites, 1 million d’emplois… les promesses qui veulent séduire les électeurs

7 سبتمبر 2026
PAM : 3 000 DH de retraite, eau et électricité gratuites, 1 million d’emplois… les promesses qui veulent séduire les électeurs

Chouaib.S
À quelques semaines des élections législatives du 23 septembre, les promesses électorales commencent à pleuvoir. Dans cette course à la séduction des électeurs, le Parti Authenticité et Modernité (PAM), membre de la majorité sortante, a dévoilé mardi 1er septembre à Rabat les grandes lignes de son programme électoral. Un catalogue de mesures sociales et économiques qui entend répondre aux préoccupations quotidiennes des Marocains, mais qui soulève aussi une question centrale : avec quels moyens et selon quel calendrier ces promesses seront-elles réalisées ?
Baptisé autour de cinq grands axes — pouvoir d’achat, jeunesse, citoyenneté, sécurité, croissance et durabilité — le programme du parti du « Tracteur » se veut ambitieux et affirme vouloir « rétablir l’équilibre et la cohésion » de la société marocaine.
Des promesses sociales particulièrement généreuses.
Sur le terrain du pouvoir d’achat, le PAM frappe fort. Le parti propose de porter la pension minimale de retraite à 3 000 dirhams, alors que de nombreux retraités peinent aujourd’hui à joindre les deux bouts avec des pensions très faibles.
Autre promesse particulièrement spectaculaire : rendre gratuites l’eau et l’électricité pour les familles les plus démunies, dans la limite d’une consommation équivalente à 100 dirhams.
Le PAM propose également de porter l’aide sociale directe minimale aux familles à 1 000 dirhams, contre 500 dirhams actuellement. Des annonces qui ne manqueront évidemment pas de trouver un écho auprès d’une population confrontée à la hausse du coût de la vie. Mais derrière l’effet d’annonce se pose immédiatement la question du financement. Combien coûteront ces mesures au budget de l’État ? Qui en bénéficiera exactement ? Quels seront les critères d’éligibilité ? Et surtout, ces engagements seront-ils inscrits dans un calendrier précis et assortis de garanties budgétaires ?
Un million d’emplois : la promesse qui interpelle.
Sur le front de l’emploi, le PAM promet la création de 1 million d’emplois nets, tout en misant sur l’auto-emploi et l’exportation des services.
Un chiffre considérable qui constitue sans doute l’une des annonces les plus séduisantes du programme. Mais là encore, les électeurs sont en droit de demander davantage que des chiffres : dans quels secteurs seront créés ces emplois ? Sur combien d’années ? Avec quels investissements ? Et quelle part reviendra aux jeunes diplômés, aux femmes et aux régions confrontées au chômage ? Car le Maroc ne manque pas de promesses en matière d’emploi. Ce qui fait défaut, trop souvent, ce sont des résultats suffisamment visibles sur le terrain.
Santé, école et protection sociale : de grandes ambitions.
Dans le domaine de la citoyenneté, le PAM promet de généraliser à 100 % la couverture sociale, de remettre à niveau le système de santé et de redéfinir le rôle de l’école publique.
Des objectifs qui répondent à des attentes profondes de la population. Mais après plusieurs années de réformes et d’annonces, les citoyens attendent désormais des engagements mesurables : davantage de médecins et d’infirmiers, des hôpitaux mieux équipés, une réduction des délais d’attente, une école publique plus performante et surtout une amélioration concrète de la qualité des services publics.
Sécurité énergétique et hydrique : le pari de la souveraineté.
Le PAM entend également renforcer la sécurité du pays en proposant notamment la constitution d’un stock stratégique de carburant équivalant à trois mois de consommation.
Sur le plan hydrique, le parti défend une stratégie fondée sur la diversification des ressources et souhaite réorienter l’investissement agricole afin que la production réponde davantage aux besoins du marché intérieur. Une orientation qui intervient alors que la question de l’eau est devenue l’un des principaux défis du Maroc. Là encore, le discours est ambitieux. Mais les Marocains attendent surtout des solutions durables face à la sécheresse, à la pression sur les ressources hydriques et aux arbitrages parfois difficiles entre agriculture, industrie, tourisme et consommation domestique.
L’intelligence artificielle comme nouvel outil de souveraineté.
Plus surprenant, le PAM propose la création d’une structure dédiée à l’intelligence artificielle, destinée notamment à protéger le Royaume contre les risques d’hégémonie liés aux grandes entreprises technologiques ou à d’autres États. Une proposition qui traduit la volonté de placer la souveraineté numérique au cœur des politiques publiques. Mais elle devra être accompagnée d’une véritable stratégie : formation des compétences, recherche, données, cybersécurité, financement de l’innovation et développement d’entreprises marocaines capables de rivaliser sur le marché international.
Produire marocain, importer moins.
Enfin, sur le volet de la croissance et de la durabilité, le PAM promet d’accélérer l’industrialisation, de développer de nouvelles chaînes de production, de favoriser la production locale afin de réduire les importations et de soutenir les très petites et petites entreprises. Le parti souhaite également faciliter l’accès des moyennes entreprises aux marchés publics.
Sur le papier, le programme coche donc de nombreuses cases : pouvoir d’achat, retraites, emploi, santé, école, eau, énergie, industrie, souveraineté numérique et soutien aux entreprises.
Des promesses à l’épreuve de la réalité.
Reste l’essentiel : le passage du programme électoral à la réalité.
À trois semaines du scrutin, les électeurs marocains ont entendu de nombreuses promesses. Mais après les élections, ils auront surtout besoin de résultats.
Une retraite minimale à 3 000 dirhams, 1 000 dirhams d’aide directe, la gratuité de l’eau et de l’électricité pour les plus démunis et la création d’un million d’emplois constituent des engagements lourds financièrement et politiquement.
La véritable question n’est donc plus de savoir qui promet le plus, mais qui sera capable de tenir ses promesses. Car en période électorale, les programmes peuvent être généreux. Après le 23 septembre, les Marocains demanderont des comptes, pas des slogans.
اترك تعليق

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *


شروط التعليق :

عدم الإساءة للكاتب أو للأشخاص أو للمقدسات أو مهاجمة الأديان أو الذات الالهية. والابتعاد عن التحريض الطائفي والعنصري والشتائم.


الاخبار العاجلة

نستخدم ملفات الكوكيز لنسهل عليك استخدام موقعنا الإلكتروني ونكيف المحتوى والإعلانات وفقا لمتطلباتك واحتياجاتك الخاصة، لتوفير ميزات وسائل التواصل الاجتماعية ولتحليل حركة الزيارات لدينا...لمعرفة المزيد

موافق