Lekjaa dénonce les « vrais terroristes » du marché du bétail : pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas traduit les spéculateurs en justice

5 سبتمبر 2026
Lekjaa dénonce les « vrais terroristes » du marché du bétail : pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas traduit les spéculateurs en justice

Chouaib.S
Des accusations spectaculaires, mais une question demeure : qui devait agir ? Alors que Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et membre de la direction du PAM, dénonce ceux qui auraient transformé la fête de l’Aïd al-Adha en période d’angoisse pour les familles marocaines, une interrogation s’impose : si des pratiques spéculatives, des situations de monopole ou des manipulations du marché étaient réellement identifiées, pourquoi les autorités n’ont-elles pas engagé des poursuites contre leurs auteurs présumés ?
Lors d’une réunion partisane organisée le 27 août à Oulad Nasser, dans la province de Fkih Ben Saleh, Fouzi Lekjaa a employé des mots particulièrement durs. Selon lui, les « vrais terroristes » seraient ceux qui ont contribué à transformer la joie de l’Aïd en inquiétude pour les familles marocaines, en raison notamment de la spéculation et des déséquilibres ayant marqué le marché du bétail.
Le ministre affirme également qu’il est inconcevable de laisser les Marocains acheter de la viande à 150 ou 160 dirhams le kilogramme, tout en plaçant la protection du pouvoir d’achat parmi les priorités politiques de son parti. Mais ces déclarations soulèvent une contradiction de taille. Lekjaa n’est pas un simple observateur de la vie publique. Il est membre du gouvernement. Dès lors, si les autorités disposaient d’éléments sérieux démontrant l’existence de spéculateurs, d’intermédiaires abusifs ou de pratiques anticoncurrentielles ayant contribué à l’explosion des prix, pourquoi ne pas avoir utilisé les mécanismes de contrôle de l’État et, lorsque les conditions légales étaient réunies, transmis les dossiers à la justice ? Le problème ne réside donc pas uniquement dans le prix de la viande ou du mouton. Il réside également dans la responsabilité de l’État face aux dysfonctionnements du marché. On ne peut pas, d’un côté, dénoncer publiquement les « spéculateurs » et les « monopoles » et, de l’autre, donner l’impression que les citoyens doivent simplement subir leurs conséquences. Une politique publique efficace ne devrait pas se limiter aux discours, aux promesses ou aux déclarations électorales : elle doit produire des résultats mesurables et, lorsque des infractions sont suspectées, permettre aux institutions compétentes d’enquêter et d’agir. Lekjaa a lui-même résumé cette exigence en affirmant que les responsables politiques peuvent parler autant qu’ils le souhaitent, mais que leur véritable bilan se mesure à ce qui change concrètement dans la vie quotidienne des citoyens.
Cette exigence vaut également pour le gouvernement.
Car si des acteurs économiques ont effectivement profité de la situation pour pratiquer une spéculation illégale ou exercer des pratiques anticoncurrentielles, les dénoncer politiquement ne suffit pas. Il appartient aux autorités compétentes de vérifier les faits, d’établir les responsabilités et, le cas échéant, de saisir la justice. À l’inverse, si aucune infraction n’a été établie, les responsables publics devraient éviter de désigner publiquement des coupables avant toute enquête sérieuse.
Des mots forts, mais des actes attendus.
Le discours de Lekjaa intervient par ailleurs dans un contexte de fortes tensions politiques entre le PAM et le RNI, notamment autour d’accusations de pressions exercées sur certains élus. Le ministre a rejeté l’idée d’une politique consistant à « distribuer les richesses sans les mériter », tout en défendant une conception de la politique fondée, selon lui, sur le sérieux, le travail et la loyauté envers le pays.
Il a également appelé les jeunes à participer massivement aux prochaines élections législatives et insisté sur la nécessité de réduire les disparités territoriales, de rapprocher le développement des populations rurales et de faire des citoyens de véritables partenaires. Tout cela est louable sur le papier. Mais les Marocains attendent surtout des résultats. Ils veulent savoir pourquoi les prix flambent, qui profite réellement de ces hausses, quels contrôles ont été effectués et quelles sanctions ont été prises lorsque des abus ont été constatés.  La question que le gouvernement ne peut donc éluder est simple : Si les « frakchias » , pour reprendre le terme employé dans le débat public pour désigner les profiteurs et spéculateurs ,ont réellement été identifiés et si leurs pratiques étaient illégales, pourquoi l’État, dont Lekjaa est l’un des responsables, n’a-t-il pas tout simplement fait son travail jusqu’au bout : enquêter, établir les responsabilités et, lorsque les preuves le justifient, traduire les responsables présumés devant la justice ?
Les Marocains n’ont plus besoin de grandes déclarations sur les « vrais terroristes » de l’économie. Ils attendent de l’État qu’il protège leur pouvoir d’achat, fasse respecter la loi et rende des comptes sur les résultats obtenus.

اترك تعليق

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *


شروط التعليق :

عدم الإساءة للكاتب أو للأشخاص أو للمقدسات أو مهاجمة الأديان أو الذات الالهية. والابتعاد عن التحريض الطائفي والعنصري والشتائم.


الاخبار العاجلة

نستخدم ملفات الكوكيز لنسهل عليك استخدام موقعنا الإلكتروني ونكيف المحتوى والإعلانات وفقا لمتطلباتك واحتياجاتك الخاصة، لتوفير ميزات وسائل التواصل الاجتماعية ولتحليل حركة الزيارات لدينا...لمعرفة المزيد

موافق