
Chouaib.S
Élections 2026 : 450 millions de dirhams pour financer des « partis fantômes » ? La rente politique a encore de beaux jours devant elle Des partis qui disparaissent pendant quatre ans et ressuscitent à l’approche des élections, des dirigeants qui s’accrochent à leurs fauteuils comme à une rente, des millions de dirhams d’argent public à justifier : le financement politique au Maroc mérite beaucoup plus qu’un simple contrôle administratif. Il exige un véritable débat national. Il faut oser poser la question que beaucoup préfèrent contourner : à quoi servent réellement toutes ces formations politiques qui occupent l’espace institutionnel sans peser véritablement sur la vie politique du pays ? Le Maroc a besoin de pluralisme. Mais le pluralisme démocratique ne signifie pas nécessairement multiplication à l’infini des sigles, des secrétariats généraux et des appareils politiques. Une démocratie saine a besoin de partis vivants, structurés, implantés dans la société et capables de produire des idées, de former des cadres et de défendre des programmes. Or, entre deux élections, certaines formations semblent entrer en hibernation. Silence radio, activités réduites au minimum, présence quasi inexistante sur le terrain. Puis, à l’approche du scrutin, les mêmes structures sortent de leur sommeil : réunions, communiqués, affiches, promesses et recrutement de candidats.
Des partis à géométrie électorale variable : ouverts lorsque les urnes approchent, fermés dès que les bulletins sont dépouillés. Le fauteuil avant le parti, le poste avant les idées. Plus préoccupante encore est la situation de certains appareils dirigés depuis des années par les mêmes responsables. Des secrétaires généraux semblent avoir transformé leur fonction en véritable propriété personnelle, résistant au renouvellement et repoussant indéfiniment l’arrivée de nouvelles générations. Dans un système démocratique moderne, la responsabilité politique devrait pourtant être accompagnée d’une exigence élémentaire : le renouvellement. Comment demander aux citoyens de faire confiance à la politique lorsque certains dirigeants donnent l’impression de considérer leur fauteuil comme un héritage familial ?
La politique ne devrait pas être une carrière éternelle ni un moyen de préserver des positions acquises. Elle devrait être un service public, avec des responsabilités, des résultats et, lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous, la capacité de céder la place.
Élections 2026 : 450 millions de dirhams pour financer des « partis fantômes » ? La rente politique a encore de beaux jours devant elle Des partis qui disparaissent pendant quatre ans et ressuscitent à l’approche des élections, des dirigeants qui s’accrochent à leurs fauteuils comme à une rente, des millions de dirhams d’argent public à justifier : le financement politique au Maroc mérite beaucoup plus qu’un simple contrôle administratif. Il exige un véritable débat national. Il faut oser poser la question que beaucoup préfèrent contourner : à quoi servent réellement toutes ces formations politiques qui occupent l’espace institutionnel sans peser véritablement sur la vie politique du pays ? Le Maroc a besoin de pluralisme. Mais le pluralisme démocratique ne signifie pas nécessairement multiplication à l’infini des sigles, des secrétariats généraux et des appareils politiques. Une démocratie saine a besoin de partis vivants, structurés, implantés dans la société et capables de produire des idées, de former des cadres et de défendre des programmes. Or, entre deux élections, certaines formations semblent entrer en hibernation. Silence radio, activités réduites au minimum, présence quasi inexistante sur le terrain. Puis, à l’approche du scrutin, les mêmes structures sortent de leur sommeil : réunions, communiqués, affiches, promesses et recrutement de candidats.
Des partis à géométrie électorale variable : ouverts lorsque les urnes approchent, fermés dès que les bulletins sont dépouillés. Le fauteuil avant le parti, le poste avant les idées. Plus préoccupante encore est la situation de certains appareils dirigés depuis des années par les mêmes responsables. Des secrétaires généraux semblent avoir transformé leur fonction en véritable propriété personnelle, résistant au renouvellement et repoussant indéfiniment l’arrivée de nouvelles générations. Dans un système démocratique moderne, la responsabilité politique devrait pourtant être accompagnée d’une exigence élémentaire : le renouvellement. Comment demander aux citoyens de faire confiance à la politique lorsque certains dirigeants donnent l’impression de considérer leur fauteuil comme un héritage familial ?
La politique ne devrait pas être une carrière éternelle ni un moyen de préserver des positions acquises. Elle devrait être un service public, avec des responsabilités, des résultats et, lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous, la capacité de céder la place.
450 millions de dirhams : le contribuable paie, les partis doivent rendre des comptes.
Pour les élections de 2026, 450 millions de dirhams sont mobilisés pour accompagner le processus électoral, dont 400 millions destinés aux partis remplissant les conditions requises et 50 millions aux jeunes candidats indépendants. Cette aide publique peut être légitime. Mais elle impose une contrepartie absolue : la transparence. Pas de comptes flous. Pas de dépenses invérifiables. Pas de factures douteuses. Pas de dépenses somptuaires déguisées en activités politiques. Pas de festins présentés comme des actions militantes. Et surtout, pas de tolérance pour les sommes dont l’utilisation ne pourrait être sérieusement établie.
L’argent public appartient aux citoyens.
Un dirham provenant du contribuable doit avoir une destination identifiable, une dépense documentée et une justification contrôlable. La Cour des comptes doit donc exercer pleinement son rôle et les formations qui n’ont pas régularisé leurs comptes antérieurs doivent répondre de leurs obligations avant de prétendre bénéficier normalement de nouveaux financements.
La question qui dérange : combien reste-t-il après les élections ?
Il serait également légitime de publier, dans une totale transparence, le montant des subventions reçues par chaque formation, les sommes effectivement dépensées, celles qui restent inutilisées et celles qui doivent être restituées ou régularisées. Car le citoyen marocain a le droit de savoir.
Combien chaque parti reçoit-il ? Combien dépense-t-il ? Dans quoi ? Et que devient l’argent non utilisé ?
Cette transparence devrait être accessible au public dans un langage simple, compréhensible par tous. À défaut, le financement public risque de nourrir davantage la défiance envers les partis et les institutions. Le vrai danger : transformer la démocratie en rente. Le problème n’est finalement pas seulement financier. Il est démocratique.
Lorsqu’un système entretient une multitude de formations sans exiger d’elles une activité politique réelle, un renouvellement interne, une transparence financière et une implantation durable, il prend le risque de transformer le pluralisme en marché des sigles.
Des partis pour exister.
Des postes pour durer.
Des subventions pour fonctionner.
Et des élections pour réapparaître.
Est-ce vraiment cela, la démocratie que l’on veut offrir aux nouvelles générations ?
Pendant ce temps, une partie de la jeunesse se détourne de la politique, les abstentionnistes se multiplient et la confiance dans les partis demeure fragile.
Le paradoxe est donc brutal : plus l’argent public est injecté dans la politique, plus la défiance citoyenne semble persister.
Il est temps de faire le ménage.
Il ne s’agit pas d’interdire les petits partis ni de confondre faiblesse électorale et inutilité politique. Une petite formation peut parfaitement porter une idée importante et contribuer au débat national. Mais il faut distinguer pluralisme et prolifération, démocratie et rente, parti politique et simple structure électorale.
Pourquoi ne pas conditionner davantage le financement public à des critères transparents : activité politique réelle, démocratie interne, renouvellement des instances dirigeantes, transparence comptable, présence territoriale, formation des militants et respect strict des obligations financières ?
Pourquoi ne pas publier systématiquement les rapports de contrôle et les sanctions éventuelles ?
Pourquoi les citoyens devraient-ils continuer à financer des appareils politiques dont certains ne montrent une véritable activité qu’à l’approche des élections ?
Les élections de 2026 devraient être l’occasion de poser cette question fondamentale : faut-il continuer à financer indistinctement toutes les structures politiques ou exiger, enfin, que l’argent public soit réservé à une véritable activité démocratique ?
Le Maroc n’a pas besoin de davantage de sigles. Il a besoin de partis crédibles, renouvelés, transparents et capables de convaincre les citoyens par leurs idées plutôt que par leurs promesses électorales. Car au bout du compte, ce ne sont pas les partis qui financent les élections : c’est le contribuable. Et celui-ci est parfaitement en droit d’exiger des comptes.
Pour les élections de 2026, 450 millions de dirhams sont mobilisés pour accompagner le processus électoral, dont 400 millions destinés aux partis remplissant les conditions requises et 50 millions aux jeunes candidats indépendants. Cette aide publique peut être légitime. Mais elle impose une contrepartie absolue : la transparence. Pas de comptes flous. Pas de dépenses invérifiables. Pas de factures douteuses. Pas de dépenses somptuaires déguisées en activités politiques. Pas de festins présentés comme des actions militantes. Et surtout, pas de tolérance pour les sommes dont l’utilisation ne pourrait être sérieusement établie.
L’argent public appartient aux citoyens.
Un dirham provenant du contribuable doit avoir une destination identifiable, une dépense documentée et une justification contrôlable. La Cour des comptes doit donc exercer pleinement son rôle et les formations qui n’ont pas régularisé leurs comptes antérieurs doivent répondre de leurs obligations avant de prétendre bénéficier normalement de nouveaux financements.
La question qui dérange : combien reste-t-il après les élections ?
Il serait également légitime de publier, dans une totale transparence, le montant des subventions reçues par chaque formation, les sommes effectivement dépensées, celles qui restent inutilisées et celles qui doivent être restituées ou régularisées. Car le citoyen marocain a le droit de savoir.
Combien chaque parti reçoit-il ? Combien dépense-t-il ? Dans quoi ? Et que devient l’argent non utilisé ?
Cette transparence devrait être accessible au public dans un langage simple, compréhensible par tous. À défaut, le financement public risque de nourrir davantage la défiance envers les partis et les institutions. Le vrai danger : transformer la démocratie en rente. Le problème n’est finalement pas seulement financier. Il est démocratique.
Lorsqu’un système entretient une multitude de formations sans exiger d’elles une activité politique réelle, un renouvellement interne, une transparence financière et une implantation durable, il prend le risque de transformer le pluralisme en marché des sigles.
Des partis pour exister.
Des postes pour durer.
Des subventions pour fonctionner.
Et des élections pour réapparaître.
Est-ce vraiment cela, la démocratie que l’on veut offrir aux nouvelles générations ?
Pendant ce temps, une partie de la jeunesse se détourne de la politique, les abstentionnistes se multiplient et la confiance dans les partis demeure fragile.
Le paradoxe est donc brutal : plus l’argent public est injecté dans la politique, plus la défiance citoyenne semble persister.
Il est temps de faire le ménage.
Il ne s’agit pas d’interdire les petits partis ni de confondre faiblesse électorale et inutilité politique. Une petite formation peut parfaitement porter une idée importante et contribuer au débat national. Mais il faut distinguer pluralisme et prolifération, démocratie et rente, parti politique et simple structure électorale.
Pourquoi ne pas conditionner davantage le financement public à des critères transparents : activité politique réelle, démocratie interne, renouvellement des instances dirigeantes, transparence comptable, présence territoriale, formation des militants et respect strict des obligations financières ?
Pourquoi ne pas publier systématiquement les rapports de contrôle et les sanctions éventuelles ?
Pourquoi les citoyens devraient-ils continuer à financer des appareils politiques dont certains ne montrent une véritable activité qu’à l’approche des élections ?
Les élections de 2026 devraient être l’occasion de poser cette question fondamentale : faut-il continuer à financer indistinctement toutes les structures politiques ou exiger, enfin, que l’argent public soit réservé à une véritable activité démocratique ?
Le Maroc n’a pas besoin de davantage de sigles. Il a besoin de partis crédibles, renouvelés, transparents et capables de convaincre les citoyens par leurs idées plutôt que par leurs promesses électorales. Car au bout du compte, ce ne sont pas les partis qui financent les élections : c’est le contribuable. Et celui-ci est parfaitement en droit d’exiger des comptes.



