
Chouaib.S
Alors que le RNI et le PAM s’écharpent publiquement à coups d’accusations et de contre-accusations, une autre crise, plus préoccupante encore, secoue les rangs de l’USFP. Le parti de la Rose, qui revendique une longue tradition socialiste, progressiste et démocratique, se retrouve aujourd’hui confronté à de graves accusations portant sur le processus de sélection de ses candidats aux prochaines élections législatives.
Le paradoxe est saisissant : une formation qui fut longtemps présentée comme une grande école du militantisme, de la démocratie interne et de l’engagement politique se trouve désormais éclaboussée par des soupçons de corruption, de favoritisme et d’achat de candidatures.
Sans que le premier secrétaire, Driss Lachgar, soit directement et nommément mis en cause dans les accusations rapportées, c’est bien la direction du parti et, plus particulièrement, la commission chargée des accréditations qui se retrouvent au centre de la controverse. Des soupçons font état de l’intervention supposée de l’argent dans la désignation de certains candidats, avec des sommes importantes qui auraient circulé en dehors de tout cadre transparent. À ce stade, il convient évidemment de parler d’accusations qui devront être établies par des éléments de preuve et, le cas échéant, par la justice. Ce qui alimente cependant la colère de certains militants, c’est le contraste entre le discours historique de l’USFP et les pratiques qu’ils dénoncent. Des militants de longue date, ayant consacré des années à la formation, affirment avoir été écartés au profit de nouveaux venus, parfois dépourvus d’expérience politique ou militante, mais bénéficiant de moyens financiers considérables.
Deux militantes historiques et connues de la formation auraient notamment contesté les conditions dans lesquelles les investitures auraient été attribuées, estimant que les règles internes du parti et l’esprit même de son engagement historique auraient été bafoués. Si ces accusations venaient à être confirmées, elles poseraient une question autrement plus grave qu’un simple conflit interne : que reste-t-il de la démocratie militante lorsqu’une candidature devient, supposément, une affaire de portefeuille ?
L’USFP n’est pas un parti comme les autres dans l’histoire politique marocaine. Il porte l’héritage de générations de militants qui ont payé un lourd tribut pour défendre leurs convictions. Le souvenir d’Abderrahmane El Youssoufi, figure emblématique de la gauche marocaine, rend le contraste encore plus saisissant. Lui qui incarnait une certaine conception de la politique fondée sur la responsabilité, l’intégrité et le militantisme aurait sans doute eu du mal à reconnaître dans certaines pratiques dénoncées aujourd’hui l’organisation qu’il avait contribué à construire.
Le plus inquiétant demeure le risque de banalisation de ces pratiques. À force de transformer les investitures en marchandage, la politique risque de devenir une compétition entre fortunes plutôt qu’une confrontation entre projets, programmes et convictions. Le citoyen ne choisit alors plus nécessairement son représentant : il assiste à la sélection de ceux qui disposent des moyens financiers pour acheter leur place dans le jeu électoral. Les militantes et militants qui contestent ces décisions annoncent disposer de documents et d’éléments susceptibles d’étayer leurs accusations et envisagent de saisir les instances compétentes, notamment la justice et les autorités concernées. Si tel était le cas, l’affaire pourrait prendre une ampleur considérable et provoquer une crise profonde au sein de l’USFP, avant même le prochain scrutin.
Au-delà du sort d’un parti, c’est donc la crédibilité du processus électoral lui-même qui est en jeu. Après les avertissements répétés contre l’utilisation de l’argent pour influencer la vie politique, les citoyens sont en droit d’exiger des règles claires, des procédures transparentes et des candidatures fondées sur la compétence et le militantisme plutôt que sur la puissance financière. Car si les partis qui se proclament progressistes et démocratiques finissent eux aussi par être soupçonnés de transformer les candidatures en marchandises, le désenchantement des électeurs ne fera que s’aggraver. Et une démocratie dans laquelle l’argent ouvre les portes du pouvoir tandis que le militantisme est relégué au second plan risque de n’être, au bout du compte, qu’une démocratie de façade.
Alors que le RNI et le PAM s’écharpent publiquement à coups d’accusations et de contre-accusations, une autre crise, plus préoccupante encore, secoue les rangs de l’USFP. Le parti de la Rose, qui revendique une longue tradition socialiste, progressiste et démocratique, se retrouve aujourd’hui confronté à de graves accusations portant sur le processus de sélection de ses candidats aux prochaines élections législatives.
Le paradoxe est saisissant : une formation qui fut longtemps présentée comme une grande école du militantisme, de la démocratie interne et de l’engagement politique se trouve désormais éclaboussée par des soupçons de corruption, de favoritisme et d’achat de candidatures.
Sans que le premier secrétaire, Driss Lachgar, soit directement et nommément mis en cause dans les accusations rapportées, c’est bien la direction du parti et, plus particulièrement, la commission chargée des accréditations qui se retrouvent au centre de la controverse. Des soupçons font état de l’intervention supposée de l’argent dans la désignation de certains candidats, avec des sommes importantes qui auraient circulé en dehors de tout cadre transparent. À ce stade, il convient évidemment de parler d’accusations qui devront être établies par des éléments de preuve et, le cas échéant, par la justice. Ce qui alimente cependant la colère de certains militants, c’est le contraste entre le discours historique de l’USFP et les pratiques qu’ils dénoncent. Des militants de longue date, ayant consacré des années à la formation, affirment avoir été écartés au profit de nouveaux venus, parfois dépourvus d’expérience politique ou militante, mais bénéficiant de moyens financiers considérables.
Deux militantes historiques et connues de la formation auraient notamment contesté les conditions dans lesquelles les investitures auraient été attribuées, estimant que les règles internes du parti et l’esprit même de son engagement historique auraient été bafoués. Si ces accusations venaient à être confirmées, elles poseraient une question autrement plus grave qu’un simple conflit interne : que reste-t-il de la démocratie militante lorsqu’une candidature devient, supposément, une affaire de portefeuille ?
L’USFP n’est pas un parti comme les autres dans l’histoire politique marocaine. Il porte l’héritage de générations de militants qui ont payé un lourd tribut pour défendre leurs convictions. Le souvenir d’Abderrahmane El Youssoufi, figure emblématique de la gauche marocaine, rend le contraste encore plus saisissant. Lui qui incarnait une certaine conception de la politique fondée sur la responsabilité, l’intégrité et le militantisme aurait sans doute eu du mal à reconnaître dans certaines pratiques dénoncées aujourd’hui l’organisation qu’il avait contribué à construire.
Le plus inquiétant demeure le risque de banalisation de ces pratiques. À force de transformer les investitures en marchandage, la politique risque de devenir une compétition entre fortunes plutôt qu’une confrontation entre projets, programmes et convictions. Le citoyen ne choisit alors plus nécessairement son représentant : il assiste à la sélection de ceux qui disposent des moyens financiers pour acheter leur place dans le jeu électoral. Les militantes et militants qui contestent ces décisions annoncent disposer de documents et d’éléments susceptibles d’étayer leurs accusations et envisagent de saisir les instances compétentes, notamment la justice et les autorités concernées. Si tel était le cas, l’affaire pourrait prendre une ampleur considérable et provoquer une crise profonde au sein de l’USFP, avant même le prochain scrutin.
Au-delà du sort d’un parti, c’est donc la crédibilité du processus électoral lui-même qui est en jeu. Après les avertissements répétés contre l’utilisation de l’argent pour influencer la vie politique, les citoyens sont en droit d’exiger des règles claires, des procédures transparentes et des candidatures fondées sur la compétence et le militantisme plutôt que sur la puissance financière. Car si les partis qui se proclament progressistes et démocratiques finissent eux aussi par être soupçonnés de transformer les candidatures en marchandises, le désenchantement des électeurs ne fera que s’aggraver. Et une démocratie dans laquelle l’argent ouvre les portes du pouvoir tandis que le militantisme est relégué au second plan risque de n’être, au bout du compte, qu’une démocratie de façade.



