
Chouaib Sahnoun
Malgré les tentatives d’apaisement engagées entre Rabat et Dakar, ainsi que les appels répétés au calme lancés au Sénégal afin de garantir la sécurité des ressortissants marocains, le climat demeure extrêmement tendu.
Sur les réseaux sociaux, des appels à la haine se sont multipliés ces derniers jours, alimentés par de fausses informations et des rumeurs persistantes. Celles-ci évoquent notamment l’arrestation à Rabat de ressortissants sénégalais pour des comportements jugés violents et inacceptables lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Ces intox ont servi de prétexte à certains agitateurs pour appeler à des représailles ciblant les Marocains vivant au Sénégal.
Face à ces menaces, de nombreux Marocains se retrouvent aujourd’hui confinés à leur domicile. Les autorités sénégalaises, conscientes de la gravité de la situation, leur ont formellement recommandé de ne pas sortir et d’éviter tout contact extérieur, afin de prévenir tout risque de violences ou de débordements incontrôlés.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle survient paradoxalement après la victoire de l’équipe nationale du Sénégal, sacrée championne d’Afrique face au Maroc. Un succès sportif majeur qui aurait dû être un facteur d’apaisement, mais qui n’a pas suffi à calmer les esprits les plus échauffés.
Consciente des dangers potentiels, l’ambassade du Maroc à Dakar a immédiatement activé l’ensemble des dispositifs préventifs prévus en pareille circonstance. Objectif : assurer une protection maximale à l’ensemble de la communauté marocaine jusqu’à un retour au calme, dont l’échéance reste, à ce stade, incertaine.
Car sur les plateformes numériques, les appels à la vengeance et à la haine ne faiblissent pas depuis dimanche soir. Plusieurs observateurs pointent du doigt l’implication de comptes anonymes et suspects, parfois attribués à des réseaux étrangers cherchant à attiser les tensions. Selon certaines sources, des campagnes de désinformation viseraient délibérément à provoquer une crise diplomatique artificielle entre Dakar et Rabat, deux capitales historiquement liées par des relations fraternelles et exemplaires.
Depuis l’établissement de relations diplomatiques solides entre le Maroc et le Sénégal, jamais un différend majeur n’avait remis en cause la solidarité, la confiance et la sérénité qui caractérisent ces liens. Aujourd’hui, cette fraternité est mise à l’épreuve par la manipulation, la rumeur et l’instrumentalisation des émotions.
La question demeure entière : de quoi demain sera-t-il fait si la raison ne l’emporte pas rapidement sur la haine numérique ?



