Khouribga : six sièges, des dizaines d’ambitions… et les électeurs au rendez-vous des promesses

4 سبتمبر 2026
Khouribga : six sièges, des dizaines d’ambitions… et les électeurs au rendez-vous des promesses

Chouaib.S
Quand les candidats ressortent de l’ombre à l’approche des élections.
À Khouribga, le compte à rebours est lancé. Les candidats commencent à se bousculer aux portes de la province pour déposer leurs dossiers et partir à la conquête des six sièges de la circonscription. Une scène désormais familière du paysage politique marocain : à l’approche du scrutin, les partis se réveillent, les candidats réapparaissent et les promesses refleurissent.
Premier à ouvrir officiellement le bal, Abdessamad Khannani, candidat de l’Union constitutionnelle, suivi notamment par des candidats de l’Istiqlal, du PAM et du PPS.
Neuf candidatures avaient déjà été déposées au début de l’opération. D’autres devraient suivre. Mais une question mérite d’être posée : où étaient tous ces candidats et ces formations politiques pendant les années qui ont séparé les deux élections ?
Car le citoyen de Khouribga ne vit pas uniquement au rythme des campagnes électorales. Il vit toute l’année avec les problèmes de l’emploi, de la santé, de l’enseignement, du transport, de l’environnement et du développement de sa province.

La politique des promesses : assez !
À chaque élection, le scénario risque de se répéter : affiches, slogans, meetings, poignées de mains, visites de quartiers et promesses de lendemains meilleurs.
Mais les électeurs ont, eux aussi, le droit de poser leurs propres questions.
Quel bilan pour les députés sortants ?
Quelles promesses ont été réalisées ?
Quels dossiers de Khouribga ont réellement été défendus au Parlement ?
Quels résultats concrets les élus peuvent-ils présenter à leurs électeurs ?
Ces questions devraient être au centre de la campagne.
Le député ne devrait pas être considéré comme un simple candidat qui disparaît après le scrutin pour réapparaître quelques années plus tard au moment de solliciter à nouveau les suffrages.

L’argent électoral : une suspicion qui empoisonne le débat.
Il serait également illusoire de fermer les yeux sur les soupçons qui accompagnent régulièrement les campagnes électorales : utilisation de moyens financiers importants, distribution d’avantages, pratiques clientélistes ou tentatives d’influencer le choix des électeurs.
Toute accusation précise doit évidemment être étayée par des preuves et ne peut être transformée en vérité sans enquête. Mais le simple fait que ces soupçons reviennent régulièrement dans le débat public constitue déjà un sérieux problème pour la crédibilité de la démocratie représentative. L’élection devrait être une confrontation de programmes et de projets, pas une compétition de moyens financiers ou de réseaux d’influence.

Khouribga mérite mieux que des candidats « saisonniers ».
La province possède une importance économique considérable. Pourtant, la richesse produite sur son territoire ne suffit pas à répondre à toutes les attentes de sa population.
Les électeurs sont donc en droit d’exiger des candidats qu’ils viennent avec autre chose que des discours. Ils veulent savoir comment seront créés les emplois. Comment améliorer les services de santé. Comment lutter contre les disparités territoriales. Comment protéger l’environnement. Comment accompagner les jeunes. Comment transformer les ressources économiques de la province en véritables opportunités pour sa population. Un programme électoral sérieux devrait commencer par répondre à ces questions.

Six sièges, six batailles… mais une seule décision appartient aux électeurs
En 2021, les six sièges de Khouribga avaient été répartis entre six partis différents. Ce résultat démontrait déjà l’éclatement du paysage électoral et l’absence de domination absolue d’une seule formation.
En septembre 2026, rien n’est joué.
Les sortants devront défendre leur bilan. Les nouveaux venus devront convaincre. Les partis devront démontrer qu’ils disposent encore d’une véritable implantation locale.
Mais cette fois, les électeurs devraient se montrer plus exigeants que jamais.
Ils ne devraient pas seulement demander : « Pour qui voter ? »
Ils devraient surtout demander :
« Pourquoi voter pour vous ? Qu’avez-vous fait hier ? Que proposez-vous demain ? Et accepterez-vous de rendre des comptes après les élections ? »
Car la démocratie ne s’arrête pas devant l’urne. Elle commence véritablement le lendemain du scrutin. Et à Khouribga, après les affiches, les slogans et les promesses, les six futurs députés devront répondre à une exigence simple : être à la hauteur de la confiance que les électeurs leur auront accordée.

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