Éducation privée : les patrons d’écoles interpellent les partis politiques et réclament une nouvelle alliance avec l’État

1 سبتمبر 2026
Éducation privée : les patrons d’écoles interpellent les partis politiques et réclament une nouvelle alliance avec l’État

Chouaib.S
À l’approche des prochaines échéances électorales, l’Alliance de l’enseignement privé au Maroc entend placer l’éducation au cœur du débat politique. Dans une démarche adressée aux partis politiques et aux décideurs, l’organisation appelle à une refonte des relations entre l’État et l’enseignement privé, tout en réclamant davantage de soutien aux familles de la classe moyenne et de justice pour les enseignants.
Son président national, Mohamed Hensali, estime que l’école ne doit pas être considérée comme un simple lieu de transmission des connaissances, mais comme un véritable levier de développement humain, économique et social. Il invite ainsi les formations politiques à dépasser les considérations électorales et à répondre à une question essentielle : quelle école pour le Maroc de demain ?

Public et privé : sortir d’une opposition artificielle.
Pour l’Alliance, l’enseignement public et l’enseignement privé ne doivent pas être présentés comme deux systèmes concurrents. Ils constituent, selon elle, deux composantes complémentaires d’un même système éducatif national.
L’enseignement privé a, au fil des décennies, contribué à élargir l’offre scolaire, à créer des emplois, à attirer des investissements et à réduire la pression exercée sur l’école publique. L’Alliance réclame donc une véritable relation de partenariat avec l’État, fondée sur la stabilité juridique, la transparence, l’équité et la complémentarité.

La classe moyenne au cœur des préoccupations.
L’organisation met également l’accent sur la situation des familles marocaines qui ont choisi de scolariser leurs enfants dans le privé et qui doivent aujourd’hui supporter des charges financières de plus en plus lourdes. Elle demande la mise en place de mécanismes de soutien financier qui bénéficieraient directement à l’élève et à la famille, indépendamment du statut public ou privé de l’établissement. Pour l’Alliance, soutenir ces familles ne constitue pas un cadeau fait aux écoles privées, mais un moyen de préserver le pouvoir d’achat et la stabilité de la classe moyenne.

Des enseignants en quête de reconnaissance.
Autre revendication majeure : la situation des enseignants du secteur privé. Mohamed Hensali rappelle qu’« il n’y a pas de qualité sans enseignant » et réclame une meilleure reconnaissance professionnelle, davantage de formation continue ainsi qu’une protection sociale effective. La question de la couverture sociale et de la retraite des enseignants du privé devrait, selon lui, occuper une place centrale dans le débat national. Ceux qui consacrent plusieurs décennies à l’éducation des générations futures doivent pouvoir bénéficier, en retour, de conditions de travail dignes et d’une retraite sécurisée.

Le privé réclame un cadre plus stable.
L’Alliance estime par ailleurs que les petites et moyennes écoles privées sont confrontées à une hausse importante des coûts d’investissement et de fonctionnement. Elle affirme ne pas réclamer de privilèges, mais un environnement économique et juridique stable, capable de préserver les établissements, les emplois et l’offre scolaire.
Elle s’appuie notamment sur la loi-cadre 51.17 pour défendre l’instauration d’une relation contractuelle et stratégique entre l’État et le secteur privé.

Un appel aux partis politiques.
La démarche de l’Alliance dépasse, selon ses responsables, la défense d’intérêts professionnels. Elle souhaite que les prochaines plateformes électorales accordent une place réelle à l’éducation, à la protection de la classe moyenne, à la formation des enseignants, à l’investissement éducatif et à la participation des professionnels à l’élaboration des politiques publiques. Derrière ce plaidoyer se dessine une stratégie claire : faire passer l’enseignement privé d’un statut de simple prestataire à celui de partenaire à part entière de la politique éducative nationale.
Mohamed Hensali défend ainsi une approche fondée sur le dialogue et la recherche du compromis, plutôt que sur l’affrontement entre secteurs public et privé. Pour lui, investir dans l’école revient à investir dans le capital humain, la cohésion sociale et l’avenir économique du Maroc. Reste toutefois une question de fond : comment concilier le soutien au secteur privé avec la nécessité de renforcer prioritairement l’école publique, afin de garantir une éducation de qualité accessible à tous ? C’est précisément ce débat que les partis politiques seront appelés à trancher à l’approche des élections.

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