

Le Maroc s’apprête à franchir un tournant majeur dans le domaine de l’industrie de défense. D’ici 2026, le Royaume devrait disposer à Benslimane, près de Casablanca, d’une usine intégrée de production et de maintenance de drones militaires, fruit d’un partenariat stratégique avec l’entreprise turque Baykar Technologies. Une avancée qui pourrait faire passer le Maroc du statut de simple acheteur d’équipements militaires à celui d’acteur industriel dans la fabrication de drones de combat.
Un partenariat stratégique avec l’industrie turque.
La coopération militaire entre Rabat et le groupe turc s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités technologiques du Royaume. L’accord, conclu en décembre 2024, prévoit la mise en place d’un complexe industriel spécialisé dans la production et la maintenance de drones, dans la province de Benslimane.
Selon plusieurs sources concordantes, les travaux et préparatifs logistiques s’accélèrent afin de permettre le lancement opérationnel de l’usine courant 2026. Ce projet s’inscrit dans la stratégie du Maroc visant à développer une base industrielle de défense locale, réduire sa dépendance aux importations et renforcer son autonomie technologique.
Le drone Akıncı au cœur du projet.
Le site industriel sera principalement dédié au drone de combat Bayraktar Akıncı, l’un des fleurons de l’industrie militaire turque. Ce drone de nouvelle génération, entré en service en 2021, appartient à la catégorie HALE (High Altitude Long Endurance), capable d’opérer à haute altitude sur de longues durées tout en transportant des armements sophistiqués.
Il représente une évolution significative par rapport au célèbre Bayraktar TB2, déjà acquis par les Forces armées royales marocaines et largement utilisé dans plusieurs théâtres d’opérations à travers le monde.
Bien plus qu’un simple site d’assemblage.
L’ambition du projet dépasse largement la simple chaîne d’assemblage. L’usine de Benslimane devrait couvrir plusieurs segments clés :
Conception et fabrication de composants technologiques,
Développement de logiciels embarqués,
Maintenance et modernisation des drones,
Production locale de pièces électroniques et mécaniques,
Soutien logistique et technique aux forces armées.
Autrement dit, il s’agit d’un véritable écosystème industriel, susceptible de favoriser le transfert de technologie, la formation d’ingénieurs marocains et l’émergence d’un tissu de sous-traitants locaux.
Atlas Defence, bras industriel du projet.
Pour piloter cette initiative, une société dédiée baptisée Atlas Defence a été créée à Rabat avec un capital initial de 2,5 millions de dirhams. Elle est détenue à parts égales par Haluk Bayraktar et Selçuk Bayraktar, deux figures centrales du groupe turc.
La mission de cette entité sera de développer des composants, logiciels et systèmes avancés liés aux drones, tout en supervisant l’intégration industrielle locale.
Un enjeu stratégique pour la souveraineté militaire.
Avec ce projet, le Maroc confirme sa volonté de monter en puissance dans l’industrie de défense, un secteur longtemps réservé aux grandes puissances militaires. À terme, cette usine pourrait non seulement renforcer les capacités des Forces armées royales, mais aussi positionner le Royaume comme plateforme régionale pour la production et la maintenance de drones en Afrique et au Moyen-Orient.
Si le calendrier est respecté, Benslimane pourrait devenir dès 2026 l’un des pôles technologiques les plus stratégiques du continent dans le domaine des drones militaires.





