Casablanca sous pression : taxis hors de contrôle, l’État absent, les citoyens pris en otage

20 أبريل 2026
Casablanca sous pression : taxis hors de contrôle, l’État absent, les citoyens pris en otage

Chouaib.S
À Casablanca, la flambée des tarifs des grands taxis n’est pas un simple effet collatéral de la hausse des carburants : c’est le symptôme d’un système à bout de souffle, livré aux intérêts privés et à une régulation défaillante. Sur plusieurs lignes, les prix grimpent sans logique claire, alimentant la colère des usagers qui refusent de payer une facture dont ils ne sont pas responsables.
Officiellement, des subventions publiques existent pour amortir le choc des prix à la pompe. Mais dans la réalité, ces aides se perdent dans les méandres d’un système opaque dominé par les détenteurs d’agréments. Ces derniers, souvent éloignés du terrain, captent une partie des ressources sans garantir ni la transparence ni la stabilité des tarifs. Résultat : les chauffeurs se disent étranglés, les clients se sentent floués, et la défiance s’installe.
À cela s’ajoute le rôle écrasant des lobbies pétroliers, qui continuent d’imposer leur loi dans un marché libéralisé sans véritable garde-fou. Les prix augmentent rapidement quand le baril grimpe, mais baissent rarement avec la même vitesse lorsqu’il recule. Cette asymétrie, bien connue, alimente un sentiment d’injustice profond : le consommateur est toujours le perdant.
Le plus préoccupant reste l’absence criante de l’État. Faute de contrôles efficaces et de sanctions dissuasives, les dérives se multiplient. Les règles existent, transparence des prix, affichage obligatoire, protection du consommateur , mais elles sont trop souvent ignorées sans conséquence. Ce vide encourage une forme d’anarchie où chacun fixe ses propres conditions.
Les syndicats eux-mêmes tirent la sonnette d’alarme : les aides publiques ne parviennent pas aux chauffeurs, mais restent bloquées entre les mains des propriétaires ou détournées par des circuits informels. Une situation qui oppose artificiellement chauffeurs et clients, alors qu’ils subissent en réalité le même dysfonctionnement structurel.
Face à cette dérive, les associations de défense des consommateurs réclament des mesures urgentes : contrôles renforcés, sanctions exemplaires, traçabilité des subventions et affichage clair des tarifs dans chaque véhicule. Sans une reprise en main ferme, le secteur continuera de s’enfoncer dans le désordre.
Car au fond, ce qui se joue à Casablanca dépasse la question des taxis : c’est la crédibilité même de l’action publique qui est en cause. Tant que les lobbies dicteront leur loi, que les agréments serviront de rente et que l’État restera spectateur, le citoyen continuera de payer les pots cassés dans un système devenu profondément inéquitable.
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