
Chouaib.S
Le gouvernement promet de “moderniser” le secteur des taxis. Sur le papier, la feuille de route présentée par Abdelouafi Laftit coche toutes les cases : professionnalisation, couverture sociale, numérisation des autorisations. Dans les faits, c’est une tentative de remettre de l’ordre dans un système miné depuis des années par des pratiques opaques, des rentes et une anarchie quasi institutionnalisée.
Interpellé au Parlement, le ministre a évoqué une réforme concertée avec les syndicats, censée encadrer les conditions d’exploitation, moderniser les véhicules et imposer un comportement plus respectueux des chauffeurs. Mais derrière ce discours volontariste, une réalité persiste : le secteur reste largement dominé par des logiques informelles où les règles existent… surtout pour être contournées.
L’un des chantiers phares concerne la fin progressive des intermédiaires et des rentiers, ces détenteurs d’agréments qui louent leurs licences sans jamais conduire. Depuis 2022, l’exploitation serait théoriquement réservée aux professionnels, avec limitation du nombre de licences par personne. Une mesure salutaire sur le principe, mais dont l’application sur le terrain reste inégale, faute de contrôles rigoureux et d’une volonté politique constante.
Côté usagers, les promesses d’amélioration de service se heurtent à une réalité bien connue : refus de course, négociation illégale des tarifs, état parfois déplorable de certains véhicules. Certes, les autorités annoncent un renforcement des contrôles et une tolérance zéro face aux abus. Mais sans mécanismes de sanction réellement dissuasifs, ces pratiques continuent d’empoisonner le quotidien des citoyens.
Sur le plan social, l’obligation d’affiliation à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale constitue une avancée notable. Elle vise à offrir une protection minimale à des milliers de chauffeurs longtemps laissés en marge. Là encore, le défi sera celui de l’effectivité : déclarations incomplètes, contournements et précarité persistante risquent de vider la mesure de sa portée.
La digitalisation, avec l’introduction de cartes professionnelles électroniques, apparaît comme une étape nécessaire. Mais moderniser les outils sans réformer en profondeur la gouvernance du secteur reviendrait à poser un vernis technologique sur un système dysfonctionnel.
Au fond, le problème des taxis au Maroc n’est pas seulement technique, il est structurel. Tant que les logiques de rente, l’absence de transparence et le manque de responsabilisation des acteurs ne seront pas frontalement traités, chaque réforme risque de n’être qu’un ajustement superficiel.
Une étude stratégique est annoncée pour repenser le secteur à moyen terme. Encore faut-il qu’elle débouche sur des décisions courageuses. Car moderniser ne signifie pas simplement réglementer davantage, mais mettre fin à un désordre devenu, avec le temps, presque normalisé.
Le gouvernement promet de “moderniser” le secteur des taxis. Sur le papier, la feuille de route présentée par Abdelouafi Laftit coche toutes les cases : professionnalisation, couverture sociale, numérisation des autorisations. Dans les faits, c’est une tentative de remettre de l’ordre dans un système miné depuis des années par des pratiques opaques, des rentes et une anarchie quasi institutionnalisée.
Interpellé au Parlement, le ministre a évoqué une réforme concertée avec les syndicats, censée encadrer les conditions d’exploitation, moderniser les véhicules et imposer un comportement plus respectueux des chauffeurs. Mais derrière ce discours volontariste, une réalité persiste : le secteur reste largement dominé par des logiques informelles où les règles existent… surtout pour être contournées.
L’un des chantiers phares concerne la fin progressive des intermédiaires et des rentiers, ces détenteurs d’agréments qui louent leurs licences sans jamais conduire. Depuis 2022, l’exploitation serait théoriquement réservée aux professionnels, avec limitation du nombre de licences par personne. Une mesure salutaire sur le principe, mais dont l’application sur le terrain reste inégale, faute de contrôles rigoureux et d’une volonté politique constante.
Côté usagers, les promesses d’amélioration de service se heurtent à une réalité bien connue : refus de course, négociation illégale des tarifs, état parfois déplorable de certains véhicules. Certes, les autorités annoncent un renforcement des contrôles et une tolérance zéro face aux abus. Mais sans mécanismes de sanction réellement dissuasifs, ces pratiques continuent d’empoisonner le quotidien des citoyens.
Sur le plan social, l’obligation d’affiliation à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale constitue une avancée notable. Elle vise à offrir une protection minimale à des milliers de chauffeurs longtemps laissés en marge. Là encore, le défi sera celui de l’effectivité : déclarations incomplètes, contournements et précarité persistante risquent de vider la mesure de sa portée.
La digitalisation, avec l’introduction de cartes professionnelles électroniques, apparaît comme une étape nécessaire. Mais moderniser les outils sans réformer en profondeur la gouvernance du secteur reviendrait à poser un vernis technologique sur un système dysfonctionnel.
Au fond, le problème des taxis au Maroc n’est pas seulement technique, il est structurel. Tant que les logiques de rente, l’absence de transparence et le manque de responsabilisation des acteurs ne seront pas frontalement traités, chaque réforme risque de n’être qu’un ajustement superficiel.
Une étude stratégique est annoncée pour repenser le secteur à moyen terme. Encore faut-il qu’elle débouche sur des décisions courageuses. Car moderniser ne signifie pas simplement réglementer davantage, mais mettre fin à un désordre devenu, avec le temps, presque normalisé.



