Sahel sous tension : le Maroc marque des points, l’Algérie bousculée dans le jeu malien

منذ ساعة واحدة
Sahel sous tension : le Maroc marque des points, l’Algérie bousculée dans le jeu malien

Chouaib.S
Une nouvelle flambée de violence secoue le Mali et rebat les cartes d’une rivalité stratégique déjà intense entre Rabat et Alger. Depuis fin avril, une offensive coordonnée de groupes armés plonge le pays dans une instabilité inquiétante, révélant à la fois les fragilités sécuritaires de Bamako et les recompositions d’influence à l’échelle du Sahel.
À l’aube du 25 avril, plusieurs attaques d’envergure ont visé des positions clés de l’État malien. Le Front de libération de l’Azawad a annoncé une alliance inédite avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Ensemble, ils ont mené des assauts contre Kati, cœur du pouvoir militaire, tout en revendiquant des avancées dans le nord, notamment à Kidal. Ces opérations ont ciblé des responsables sécuritaires de premier plan et provoqué la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, dans une attaque à la voiture piégée. Dans ce climat d’incertitude, le silence du chef de la junte, Assimi Goïta, alimente les interrogations.
Cette escalade intervient à un moment charnière, alors que le Maroc engrangeait récemment des gains diplomatiques significatifs au Mali. Le 10 avril, Bamako a officiellement soutenu le plan d’autonomie marocain pour le Sahara, rompant avec sa reconnaissance antérieure de la « République arabe sahraouie démocratique ». Ce revirement a été perçu comme un signal fort, voire une provocation à l’égard de l’Algérie, traditionnel soutien du Front Polisario. Dans la foulée, Rabat a multiplié les gestes concrets de rapprochement, notamment en facilitant les déplacements des ressortissants maliens.
Cette percée marocaine s’inscrit dans une stratégie de long terme, fondée sur des partenariats économiques et humains. Le royaume mise sur des investissements ciblés dans les secteurs clés,banques, télécommunications, infrastructures ,et propose aux pays sahéliens un accès stratégique à l’Atlantique. À cela s’ajoute une coopération active dans les domaines de la formation, de l’éducation , avec l’octroi de centaines de bourses , et du religieux, via la formation d’imams, renforçant ainsi son soft power dans la région.
Face à cette dynamique, l’Algérie tente de reprendre l’initiative. Le président Abdelmadjid Tebboune a relancé plusieurs projets de coopération avec des pays voisins, notamment dans les domaines énergétique et minier, et remis sur la table le projet de gazoduc transsaharien. Toutefois, ses relations avec le Mali restent profondément dégradées. Bamako accuse Alger d’ingérences répétées et de manque de fiabilité, lui reprochant notamment un rôle ambigu dans la gestion passée des crises sécuritaires.
Plus largement, les États du Sahel semblent vouloir rompre avec les anciennes logiques d’influence et privilégier des partenariats directs, pragmatiques et dénués de conditionnalités politiques. Dans ce contexte, l’approche algérienne, jugée plus rigide et centrée sur la sécurité, peine à convaincre. À l’inverse, l’offre marocaine, axée sur le développement économique et la coopération concrète, a su séduire avant le retour brutal des hostilités.
Reste désormais une inconnue majeure : l’impact de cette nouvelle alliance entre groupes armés sur l’équilibre régional. Si elle perdure, elle pourrait non seulement fragiliser davantage le Mali, mais aussi redistribuer les cartes d’une guerre d’influence où rien n’est jamais définitivement acquis.
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