
Chouaib Sahnoun
La dernière édition du classement mondial des milliardaires publié par le magazine économique Forbes met en lumière une réalité contrastée : alors que la richesse mondiale atteint des sommets historiques, la fortune des trois hommes les plus riches du Maroc continue d’évoluer dans un contexte où une grande partie de la population subit inflation et difficultés économiques.
Selon le célèbre magazine américain, la planète compte désormais 3.428 milliardaires, soit 400 de plus qu’il y a un an. Ensemble, ils cumulent une fortune colossale estimée à 20.100 milliards de dollars, contre 16.100 milliards l’an dernier. Cette explosion des richesses souligne l’ampleur des inégalités dans le monde.
Benjelloun en tête des fortunes marocaines.
Au Maroc, le club très fermé des milliardaires reste limité à trois figures majeures du monde des affaires. En tête du classement figure le banquier Othman Benjelloun, patron du groupe Bank of Africa. Sa fortune est estimée à 1,7 milliard de dollars, en hausse de 100 millions de dollars sur un an.
Présent dans plusieurs régions du continent africain – notamment en Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est – son groupe bancaire dispose d’actifs dépassant les 12 milliards de dollars. Cette progression lui permet d’occuper la 2386ᵉ place mondiale et la 18ᵉ place africaine.
Aziz Akhannouch, milliardaire et chef du gouvernement.
Juste derrière lui se trouve Aziz Akhannouch, homme d’affaires et chef du gouvernement marocain. Actionnaire majoritaire du groupe énergétique Akwa Group, il possède une fortune estimée à 1,6 milliard de dollars, également en hausse de 100 millions par rapport à l’an dernier.
Il se classe 2481ᵉ mondial et 19ᵉ africain. Toutefois, sa fortune reste inférieure à son niveau record de 2018, lorsqu’elle atteignait 2,2 milliards de dollars. La présence d’un chef du gouvernement parmi les plus grandes fortunes du pays continue d’alimenter le débat sur les conflits d’intérêts et l’influence des grands groupes économiques dans les politiques publiques, notamment dans des secteurs stratégiques comme l’énergie et la distribution de carburants..
Sefrioui en recul malgré son empire immobilier.
Le troisième membre du trio est le promoteur immobilier Anas Sefrioui, fondateur du groupe Addoha Group. Sa fortune est estimée à 1,3 milliard de dollars en 2026, ce qui le place 2858ᵉ mondial et 22ᵉ africain.
Contrairement à ses compatriotes, il enregistre une baisse notable de 300 millions de dollars par rapport à l’année précédente. En 2025, sa fortune atteignait 1,6 milliard de dollars, année marquée par son retour spectaculaire dans la liste des milliardaires après plusieurs années d’absence depuis 2018.
Musk domine un monde de plus en plus inégalitaire.
Au niveau mondial, la hiérarchie reste dominée par le magnat de la technologie Elon Musk, patron de Tesla, SpaceX, X et xAI. Sa fortune atteint 839 milliards de dollars, contre 342 milliards l’année précédente, un niveau sans précédent.
Il devance très largement les cofondateurs de Google, Larry Page (257 milliards de dollars) et Sergey Brin (237 milliards de dollars).
Une richesse concentrée face aux difficultés sociales.
Ce classement rappelle une réalité souvent dénoncée : la concentration extrême des richesses. Au Maroc, la progression des fortunes des grandes figures du capitalisme contraste avec les défis économiques auxquels font face de nombreux citoyens : hausse du coût de la vie, chômage persistant et pouvoir d’achat sous pression.
Dans ce contexte, la présence répétée des mêmes noms dans les classements des milliardaires pose une question de fond : la croissance économique profite-t-elle réellement à l’ensemble de la population ou seulement à une poignée d’oligarques ?





