
Chouaib Sahnoun
Malgré leurs tentatives de rassurer leurs proches en affirmant qu’ils se trouvent en sécurité, les Marocains établis dans la région du Golfe en proie aux tensions, tout comme les touristes et les pèlerins de la Omra, peinent à masquer une inquiétude grandissante. La paralysie du trafic aérien, toujours suspendu, rend pour l’heure tout retour au pays impossible et alimente un profond sentiment d’impuissance.
Ces dernières heures, l’évolution rapide et imprévisible de la situation n’incite guère à l’optimisme. Dans plusieurs pays de la région, la perspective d’une fermeture prolongée des frontières reste une hypothèse crédible, renforçant la crainte d’un isolement durable.
Le ministère marocain des Affaires étrangères a appelé les ressortissants à se rapprocher des consulats et ambassades afin de signaler leur présence et de suivre les consignes officielles. Mais en l’absence de liaisons aériennes, notamment celles de la Royal Air Maroc, il paraît peu probable que des opérations massives d’évacuation ou de rapatriement soient organisées dans l’immédiat. Le nombre élevé de personnes concernées et la suspension généralisée des vols compliquent considérablement toute initiative logistique.
Les options de sortie alternatives se réduisent également. Des pays comme le Liban et la Jordanie, qui pouvaient servir de portes de sortie vers des zones plus sûres, se retrouvent eux-mêmes exposés aux tensions et aux frappes, rendant tout transit incertain et risqué.
La situation est particulièrement préoccupante pour les milliers de Marocains présents en Arabie saoudite afin d’accomplir la Omra. Au-delà des inquiétudes sécuritaires, beaucoup redoutent le poids financier d’un séjour prolongé qu’ils n’avaient ni prévu ni budgétisé. Pris de court par une escalade soudaine dans une région déjà fragilisée par des équilibres géopolitiques instables, nombre d’entre eux se sentent aujourd’hui piégés.
À mesure que le conflit tend à s’internationaliser, les perspectives d’un retour rapide à la normale s’éloignent. Pour les Marocains du Golfe, l’attente devient chaque jour plus lourde, suspendue aux développements d’une crise dont nul ne peut encore mesurer l’ampleur ni la durée.




