Marchés publics truqués : 13 établissements publics éclaboussés par un système de favoritisme organisé

28 نوفمبر 2025
Marchés publics truqués : 13 établissements publics éclaboussés par un système de favoritisme organisé

Chouaib Sahnoun
Le scandale des marchés publics refait surface, et cette fois, il prend des proportions inquiétantes. L’Inspection générale des finances (IGF), au gré de simples missions de contrôle, a mis au jour un système bien huilé de favoritisme, de clientélisme et de quasi-monopole au sein de treize établissements et entreprises publics marocains.
Un nombre réduit de sociétés se partage, année après année, des contrats de services, de fournitures, de maintenance et de travaux, au mépris des règles de concurrence et de la bonne gouvernance.
En scrutant minutieusement les comptes et les procédures d’achat, les inspecteurs ont relevé un fait troublant : les mêmes entreprises apparaissent systématiquement parmi les attributaires de marchés. Pire, certaines d’entre elles seraient liées, selon les premières vérifications,à des proches de ministres, de hauts responsables administratifs ou d’élus bénéficiant d’un poids politique considérable.
La majorité de ces contrats ont été attribués via de simples bons de commande, un mécanisme notoirement moins encadré que les appels d’offres formels. Un terrain idéal pour contourner les règles, favoriser des prestataires amis et maintenir une opacité totale sur l’usage des fonds publics.
Des audits internes réalisés au sein de deux grandes institutions publiques, et consultés par l’IGF, révèlent des pratiques encore plus alarmantes : des cahiers des charges volontairement rédigés “sur mesure”, excluant toute concurrence réelle. Plusieurs entreprises lésées ont d’ailleurs décidé de passer à l’action en saisissant le ministère de l’Économie, la Commission nationale des marchés publics et le Médiateur du Royaume.
Certains cas défient toute logique administrative. Une seule société a pu résumer à elle seule l’absurdité du système : elle a décroché des marchés dans la maintenance, la fourniture de transformateurs électriques, le nettoyage et même le marketing digital.
Et cela malgré des retards chroniques, des rapports internes dénonçant la piètre qualité de ses prestations et des réclamations répétées d’usagers. Un véritable passe-droit institutionnalisé.
Les inspecteurs explorent aussi des techniques de manipulation plus subtiles : exigences techniques impossibles à satisfaire, références introuvables sur le marché, ou critères volontairement biaisés permettant, dans un second temps, d’annuler un appel d’offres et de le relancer discrètement au profit d’un prestataire choisi à l’avance.
À terme, ce dossier explosif pourrait déboucher sur des sanctions administratives, des mesures disciplinaires, voire des poursuites judiciaires. Mais surtout, il met en lumière une vérité que les citoyens n’ignorent plus : la corruption et le détournement des procédures minent toujours la commande publique.
La transparence, souvent brandie comme slogan politique, reste encore loin d’être une réalité dans nombre d’institutions marocaines.

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