
Chouaib Sahnoun
Des pourparlers cruciaux sur l’avenir du Sahara s’annoncent ce dimanche à Madrid, dans un contexte diplomatique marqué par une implication américaine sans précédent. Sous l’impulsion directe de l’administration Trump, les chefs de la diplomatie du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie ainsi que le Front Polisario se retrouveront à l’ambassade des États-Unis pour tenter d’esquisser une issue politique durable au conflit, sur la base du plan d’autonomie marocain.
La capitale espagnole devient ainsi, le temps d’un week-end, le théâtre d’une accélération diplomatique majeure autour du dossier du Sahara. Selon des sources diplomatiques concordantes relayées par El Confidencial, cette réunion quadripartite se tiendra dans la plus grande discrétion, loin des projecteurs médiatiques, signe de la sensibilité extrême du moment.
Autour de la table des négociations prendront place Nasser Bourita pour le Maroc, Ahmed Attaf pour l’Algérie, Mohamed Salem Ould Merzoug pour la Mauritanie, ainsi que Mohamed Yeslem Beissat, représentant du Front Polisario. Les discussions seront pilotées par deux figures clés de l’appareil diplomatique américain : Massad Boulos, conseiller du président Trump pour l’Afrique, et Michael Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies.
Si la présence de Staffan de Mistura, envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, est confirmée, le leadership des échanges est clairement assumé par Washington, qui entend imprimer son tempo et sa feuille de route.
Ces pourparlers interviennent dans le prolongement d’une première réunion confidentielle organisée à Washington il y a deux semaines. L’objectif affiché par les médiateurs américains est de traduire concrètement la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en octobre 2025, laquelle consacre l’option de l’autonomie sous souveraineté marocaine comme base sérieuse et crédible de règlement du différend.
Dans cette perspective, Rabat a revu en profondeur son plan d’autonomie, en soumettant une version largement enrichie. Le document, passé de trois à quarante pages et élaboré par de hauts conseillers royaux, détaille avec précision les compétences administratives, politiques et institutionnelles dévolues à la région. Cette refonte vise à répondre aux attentes de clarification formulées par les partenaires occidentaux du Royaume et à renforcer la crédibilité internationale de la proposition marocaine.
L’enjeu est de taille pour le Maroc : obtenir, à court ou moyen terme , d’ici avril ou octobre prochains ,
une révision substantielle du mandat de la MINURSO, voire engager son démantèlement progressif, dans un contexte où le statu quo apparaît de plus en plus difficile à justifier.
Bien que l’Espagne n’ait pas été associée formellement à l’organisation de cette réunion tenue à l’ambassade américaine, Madrid n’en reste pas moins un acteur diplomatique attentif. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a prévu de profiter de la présence des délégations pour s’entretenir ce samedi avec ses homologues algérien et mauritanien au Palais de Viana, confirmant l’intérêt stratégique de l’Espagne pour l’évolution de ce dossier régional sensible.
Sahara : Madrid, nouvelle capitale des négociations sous l’arbitrage décisif de Washington




