Chouaib Sahnoun
Dans une ambiance studieuse et empreinte d’un profond esprit de réforme, la salle de la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services de Khouribga a accueilli, le mercredi 18 juillet 2025, un grand forum régional dédié à l’avenir de l’enseignement privé au Maroc. Cette rencontre inédite, organisée conjointement par le bureau régional de l’Alliance de l’Enseignement Privé au Maroc, la direction provinciale de l’Éducation nationale de l’Enseignement préscolaire et du Sport
et la Fédération Nationale Marocaine des associations ,des mères,des parents et tuteurs des élèves, a rassemblé directeurs d’établissements, enseignants, encadrants pédagogiques et représentants associatifs.
Dès l’ouverture, M. Bouazza Aaqem, directeur provincial de l’Éducation Nationale de l’Enseignement Préscolaire et du Sport a insisté sur l’urgence de renforcer les synergies entre le public et le privé pour relever ensemble les défis de la qualité, de l’équité et de l’inclusion scolaire. Il a rappelé que le secteur privé ne pouvait plus être perçu comme un simple prestataire de service, mais comme un partenaire stratégique à part entière dans le projet de refondation de l’école marocaine.
M. Mohamed Ezzaidi, président régional de l’Alliance de l’Enseignement Privé au Maroc
et membre du Conseil de l’Académie régionale, a pour sa part salué la volonté collective des acteurs éducatifs de sortir des logiques fragmentées et d’entrer dans une ère de concertation constructive et de professionnalisation accrue. Il a défendu l’idée d’un enseignement privé « ouvert, équitable et durable », où la qualité pédagogique repose autant sur des relations contractuelles claires avec les familles que sur l’intégration effective des élèves à besoins spécifiques.
L’événement a été rythmé par des interventions riches et critiques, parmi lesquelles celle de M. Mohamed Ezzaidi, qui a plaidé pour :
La généralisation des contrats éducatifs transparents entre familles et écoles, fondés sur le respect mutuel des droits et devoirs.
L’adoption d’une approche inclusive, en accueillant les enfants en situation de handicap dans les établissements privés, avec un accompagnement psycho-éducatif adapté.
Le développement d’un plan national de formation continue pour les enseignants du privé, aligné sur les standards internationaux et les évolutions technopédagogiques.
M. Hassan Samouti, chef du bureau de l’enseignement privé à la direction provinciale, a pour sa part mis l’accent sur le cadre juridique des relations école-famille, appelant à l’adoption d’un modèle contractuel équilibré garantissant qualité de service et sécurité juridique pour toutes les parties.
M. Mustapha Sâain, président de la Fédération Nationale Marocaine des associations des mères ,des parents et des tuteurs d’elèves a dénoncé l’absence chronique de ces structures dans les écoles privées. Il a souligné que la démocratie scolaire ne peut exister sans une représentation effective des familles, lesquelles doivent pouvoir participer à la gouvernance des établissements à travers des conseils et associations actives.
Dans la même logique, le directeur provincial a incité les établissements privés à créer leurs propres associations sportives, leur permettant d’inscrire les élèves dans les compétitions régionales et nationales , une manière de concilier réussite scolaire et épanouissement personnel.
L’après-midi a été consacré à des ateliers pédagogiques thématiques encadrés par des experts du CDPL (Centre de Diffusion et de Promotion du Livre), abordant les disciplines clés : mathématiques, sciences, anglais, français. Ces ateliers ont permis un renforcement des compétences didactiques des enseignants, avec un accent mis sur les outils innovants, inspirés notamment du modèle singapourien : curriculum flexible, esprit critique, résolution de problèmes.
En séance de clôture, M. Abdo Akdim, directeur du CDPL, a affirmé que cette initiative ne serait qu’un premier jalon dans un partenariat durable pour élever les standards de l’enseignement privé marocain, insistant sur l’importance d’une vision partagée entre tous les acteurs.
Les participants sont sortis enthousiastes et porteurs de nouvelles idées, saluant la qualité des débats, la pertinence des recommandations, et la richesse des outils mis à leur disposition. Plusieurs d’entre eux ont souligné l’importance de reproduire ces espaces de dialogue dans d’autres régions, afin de créer une culture nationale de coopération, de formation et d’innovation au service de l’école marocaine de demain.
Cette rencontre n’a pas seulement jeté un pont entre les institutions. Elle a tracé les contours d’un enseignement privé plus engagé, plus responsable et plus humain. Un véritable appel à l’action pour bâtir une école inclusive, équitable, et résolument tournée vers l’excellence.