Vignette automobile : quand les banques forcent la main aux automobilistes

28 يناير 2026
Vignette automobile : quand les banques forcent la main aux automobilistes

Chouaib Sahnoun
À quelques jours de l’expiration du délai légal de paiement de la taxe annuelle sur les véhicules, la vignette automobile, un incident aussi troublant qu’inhabituel vient jeter une lumière crue sur certaines pratiques bancaires.
Une association de défense des consommateurs affirme avoir reçu une vague de plaintes concordantes de la part d’automobilistes confrontés à des « pannes techniques » systématiques au moment de régler leur vignette via les canaux électroniques gratuits ,guichets automatiques et applications bancaires. Des outils pourtant conçus pour fluidifier le service, éviter les longues files d’attente en agence… et surtout contourner les frais de 26 dirhams facturés par les banques pour un paiement au guichet.
Au-delà du montant, relativement modeste en apparence, c’est la méthode qui suscite l’indignation. Selon les témoignages recueillis, les dysfonctionnements surviennent de manière quasi simultanée dans plusieurs établissements bancaires, pour des montants identiques, et sans la moindre explication technique crédible. Une coïncidence jugée pour le moins suspecte.
Face à ce qu’elle considère comme une manœuvre délibérée, l’Association marocaine de protection et d’orientation du consommateur a saisi directement le wali de Bank Al-Maghrib, dossier étayé de preuves à l’appui. L’association dénonce une pratique généralisée, concertée au sein du groupement bancaire national, visant à contraindre les usagers à passer par les guichets physiques et à s’acquitter de frais jugés abusifs. Une entente tacite qui, si elle est avérée, tomberait clairement sous le coup de la loi.
Car le droit de la consommation est sans ambiguïté : toute entente sur les prix ou toute pratique commerciale portant atteinte aux intérêts du consommateur est formellement interdite. Or, cette affaire éclate dans un contexte déjà tendu, où Bank Al-Maghrib est régulièrement interpellée pour la prolifération de frais bancaires excessifs, opaques et difficilement justifiables.
Pour de nombreux usagers, le sentiment est amer : les banques, censées accompagner la modernisation des services et la digitalisation des paiements, semblent au contraire instrumentaliser les dysfonctionnements pour préserver des rentes indûment prélevées sur des millions de clients captifs. Une dérive d’autant plus préoccupante qu’elle alimente la défiance envers le système bancaire et pénalise, une fois de plus, le consommateur ordinaire.
L’affaire pourrait connaître des développements majeurs dans les prochains jours. En attendant, une question s’impose : jusqu’à quand les banques pourront-elles faire la pluie et le beau temps sur le dos des citoyens, en l’absence d’un contrôle ferme et dissuasif ?

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