Viande rouge : jusqu’à quand les pauvres nourriront-ils les fortunes des lobbies

منذ ساعة واحدة
Viande rouge : jusqu’à quand les pauvres nourriront-ils les fortunes des lobbies

Ç.SAHNOUN
Au Maroc, acheter un kilo de viande rouge est devenu un luxe réservé à une minorité. Dans les grandes villes, les prix dépassent désormais les 120 voire 130 dirhams le kilo, pendant que des millions de familles peinent déjà à payer le pain, les légumes, le loyer ou les factures. Derrière cette flambée insupportable se cache une réalité que tout le monde connaît mais que peu osent dénoncer franchement : les lobbies de l’importation, les spéculateurs et les “frakchias” se gavent sur le dos des miséreux.
On nous explique que la hausse est liée aux importations de bovins du Brésil ou de l’Uruguay, aux coûts du transport ou encore aux difficultés du marché international. Pourtant, dans plusieurs souks et villes de l’intérieur, la viande reste vendue à des prix beaucoup plus bas. Alors pourquoi le citoyen de Casablanca, Rabat ou Marrakech devrait-il payer 30 ou 40 dirhams de plus pour le même kilo de viande ?
La réponse est simple : parce qu’entre l’abattoir et l’étal du boucher, une armée d’intermédiaires, de spéculateurs et de profiteurs prélève sa part. Plus les prix montent, plus leurs bénéfices explosent. Et pendant ce temps, le consommateur est abandonné à son sort.
Le plus scandaleux dans cette affaire reste que les importateurs bénéficient d’exonérations fiscales, d’aides publiques et de facilités financées indirectement par l’argent des contribuables. Théoriquement, ces mesures devaient faire baisser les prix et protéger le pouvoir d’achat. Mais dans la réalité, les seuls qui semblent réellement protégés sont les grands opérateurs et les réseaux d’influence qui contrôlent le marché.
Le citoyen, lui, ne voit aucune différence. Les prix continuent de grimper comme si les aides de l’État disparaissaient dans un trou noir opaque où personne ne contrôle réellement les marges, les volumes importés ou les profits réalisés.
Cette situation révèle un problème beaucoup plus profond : l’économie marocaine est prise en otage par des groupes privilégiés qui transforment chaque crise en occasion d’enrichissement. Il existe des lobbies du carburant, de l’immobilier, des médicaments, de l’éducation privée… et désormais celui de la viande rouge expose son pouvoir sans aucune gêne.
Face à cette machine spéculative, le consommateur ne possède qu’une seule arme réellement efficace : le boycott.
Oui, le boycott.
Car il faut poser la question clairement : si les Marocains arrêtent de consommer la viande bovine pendant quelques semaines ou quelques mois, vont-ils mourir ? Bien sûr que non. Pendant des générations, les familles modestes ont survécu avec des aliments simples, équilibrés et accessibles : légumes, légumineuses, œufs, poisson selon les moyens. La viande rouge n’est pas une question de survie. Elle est devenue un symbole artificiel de consommation entretenu par ceux qui profitent du marché.
Lorsque les consommateurs continuent d’acheter malgré des prix absurdes, les spéculateurs comprennent qu’ils peuvent aller encore plus loin. Mais lorsque les étals restent pleins, lorsque la demande chute brutalement, lorsque les citoyens refusent collectivement d’être pris pour des vaches à lait, alors les calculs changent.
Le boycott n’est pas seulement un acte économique. C’est un acte de dignité.
Il est temps que les citoyens comprennent qu’ils ont plus de pouvoir qu’ils ne l’imaginent. Aucun lobby, aucun importateur et aucun “frakchi” ne peut imposer ses prix si le peuple refuse d’acheter.

اترك تعليق

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *


شروط التعليق :

عدم الإساءة للكاتب أو للأشخاص أو للمقدسات أو مهاجمة الأديان أو الذات الالهية. والابتعاد عن التحريض الطائفي والعنصري والشتائم.


الاخبار العاجلة

نستخدم ملفات الكوكيز لنسهل عليك استخدام موقعنا الإلكتروني ونكيف المحتوى والإعلانات وفقا لمتطلباتك واحتياجاتك الخاصة، لتوفير ميزات وسائل التواصل الاجتماعية ولتحليل حركة الزيارات لدينا...لمعرفة المزيد

موافق