Avancer les salaires ne suffit plus : le Maroc des oligarques face à la colère sociale

15 مايو 2026
Avancer les salaires ne suffit plus : le Maroc des oligarques face à la colère sociale

Chouaib.S
Le gouvernement a officiellement annoncé le versement anticipé des salaires des fonctionnaires du secteur public le 20 mai 2026, à l’approche de l’Aïd al-Adha. Une décision présentée comme une mesure exceptionnelle destinée à alléger temporairement la pression financière qui pèse sur les ménages marocains durant cette période marquée par de fortes dépenses.
Mais derrière cette annonce se cache une réalité bien plus profonde et inquiétante : si l’État est contraint d’avancer les salaires de quelques jours pour permettre aux familles de survivre à une fête religieuse, c’est surtout parce que les revenus actuels ne suffisent plus à couvrir les besoins essentiels. Entre l’explosion des prix, la hausse continue du coût de la vie, l’endettement des ménages et l’effondrement du pouvoir d’achat, de nombreux citoyens vivent désormais dans une précarité silencieuse.
Le problème n’est donc pas la date de versement des salaires, mais leur faiblesse dramatique face aux charges quotidiennes. Nourriture, loyers, transport, santé, éducation, factures… tout augmente, sauf les revenus. L’Aïd devient pour beaucoup non plus une fête, mais une épreuve financière angoissante.
Et pendant que le gouvernement tente de calmer la colère sociale avec des mesures symboliques, une grande partie du Maroc réel reste totalement oubliée. Les fonctionnaires ne sont pas les seuls à souffrir. Qu’en est-il des retraités aux pensions dérisoires ? Des travailleurs du secteur informel sans protection sociale ni revenus stables ? Des chômeurs abandonnés à leur sort ? Des familles rurales écrasées par la sécheresse et l’inflation ? Ceux-là n’auront ni avance de salaire, ni aide exceptionnelle, ni discours rassurant.
Cette politique révèle surtout l’existence d’un pouvoir déconnecté des difficultés du peuple, dominé par des intérêts économiques et des élites privilégiées davantage préoccupées par leurs affaires, leurs privilèges et leurs réseaux d’influence que par la dignité des citoyens. Un véritable gouvernement d’oligarques, où les mêmes visages se succèdent aux responsabilités pendant que la majorité des Marocains s’appauvrit d’année en année.
Le contraste devient choquant : d’un côté, une minorité accumule fortunes, marchés publics et avantages fiscaux ; de l’autre, des millions de citoyens comptent les derniers dirhams pour acheter un mouton, payer un loyer ou remplir un panier alimentaire devenu hors de prix.
Aujourd’hui, les Marocains n’attendent plus des “mesures exceptionnelles” de communication politique. Ils réclament des réformes profondes : une augmentation réelle des salaires et des retraites, une baisse des prix, une lutte sérieuse contre les monopoles et les spéculateurs, une fiscalité plus juste, ainsi qu’une véritable protection des classes populaires et moyennes.
Car avancer un salaire de quelques jours ne combat ni la pauvreté, ni les inégalités, ni l’humiliation sociale. Cela ne fait que repousser, temporairement, une crise sociale qui continue de s’aggraver.
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