Aïd al-Adha au Maroc : spéculateurs, lobbies et “frakchias” étranglent les familles pendant que le gouvernement regarde ailleurs

14 مايو 2026
Aïd al-Adha au Maroc : spéculateurs, lobbies et “frakchias” étranglent les familles pendant que le gouvernement regarde ailleurs

Chouaib.S
À l’approche de Aïd al-Adha, les marchés de bétail connaissent une affluence massive, mais aussi une colère grandissante des citoyens face à l’explosion des prix des moutons. Dans de nombreuses villes du Maroc, des familles modestes, déjà étouffées par l’inflation et la hausse du coût de la vie, peinent désormais à accomplir ce rite religieux devenu, pour beaucoup, un véritable luxe.
Pendant que les consommateurs comptent leurs dirhams et s’endettent parfois pour sauver les apparences sociales, les spéculateurs, intermédiaires et “frakchias” multiplient les marges et profitent d’un marché laissé sans contrôle réel. Chaque année, le même scénario se répète : des réseaux informels dominent les souks, manipulent les prix, créent artificiellement la rareté et alimentent une flambée incontrôlée, au détriment des citoyens ordinaires.
Mohamed Jebli, président de la Fédération marocaine des acteurs du secteur de l’élevage, a reconnu que les prix seront plus élevés cette année, invoquant notamment la hausse du coût des aliments pour bétail. Selon lui, nourrir un mouton coûte aujourd’hui près de 13 dirhams par jour, soit environ 400 dirhams par mois. Résultat : les prix oscillent désormais entre 3.000 et 8.000 dirhams selon les catégories de bêtes.
Mais derrière l’argument des coûts de production, beaucoup de Marocains dénoncent surtout l’absence de régulation et la toute-puissance des lobbies qui contrôlent la filière. Car si les éleveurs souffrent réellement de la sécheresse et de l’augmentation des charges, ce sont souvent les intermédiaires et les spéculateurs qui captent l’essentiel des bénéfices, transformant l’Aïd en gigantesque opération commerciale.
Le plus choquant reste toutefois le silence du gouvernement face à cette situation explosive. Un gouvernement accusé par une partie de l’opinion publique d’être davantage préoccupé par les intérêts des grands groupes économiques que par les difficultés des citoyens. Pendant que les marchés s’embrasent et que les familles angoissent à l’idée d’acheter un mouton, certains responsables politiques semblent vivre dans une autre réalité, loin des souks poussiéreux et des préoccupations populaires, profitant de séjours à l’étranger ou dans des hôtels luxueux.
Aucune mesure forte de plafonnement des prix, aucun contrôle sérieux contre la spéculation, aucune véritable protection du consommateur : l’État paraît absent au moment où les Marocains attendaient précisément un encadrement du marché pour éviter les abus.
L’appel lancé par Mohamed Jebli aux citoyens pour acheter leurs moutons dès maintenant, sous peine de voir les prix exploser davantage à l’approche de la fête, illustre d’ailleurs l’ampleur du problème. Car dans un marché sain et encadré, ce sont les règles de transparence et de concurrence qui devraient protéger les consommateurs, et non la peur de payer encore plus cher demain.
Au final, pour des milliers de familles marocaines, l’Aïd al-Adha ressemble de moins en moins à une fête de solidarité et de spiritualité, et de plus en plus à une épreuve financière imposée par un système où spéculation, lobbies et absence de gouvernance continuent de saigner les citoyens à blanc.
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