Migration subsaharienne : quand l’Algérie fait du désert sa seule politique migratoire

25 يناير 2026
Migration subsaharienne : quand l’Algérie fait du désert sa seule politique migratoire

Chouaib Sahnoun
Face au défi de la migration subsaharienne, l’Algérie semble avoir opté pour une réponse unique, brutale et sans nuance : l’expulsion. En l’absence d’une véritable politique d’accueil, d’intégration ou même de protection minimale, les autorités algériennes privilégient une logique d’éloignement forcé, réduisant une crise humaine complexe à une simple opération sécuritaire.
En 2025, ce sont des dizaines de milliers de migrants qui ont été arrêtés, convoyés puis refoulés vers les confins sahariens, principalement en direction du Niger. Abandonnés dans des zones désertiques hostiles, ces hommes, femmes et enfants sont traités comme un problème logistique à évacuer, et non comme des êtres humains porteurs de droits fondamentaux.
Derrière le discours officiel de la « fermeté », se cache un vide politique inquiétant. Aucun dispositif d’accueil durable, aucune procédure d’examen individuel des situations, aucune perspective d’intégration sociale ou économique : l’Algérie ne propose ni protection, ni alternative. Les populations les plus vulnérables – femmes enceintes, nourrissons, mineurs, personnes malades – se retrouvent exposées à des conditions extrêmes, souvent sans assistance suffisante, avec des conséquences parfois fatales.
À Assamaka, dernier point de chute de ces expulsions massives, la détresse est palpable. Les migrants arrivent épuisés, déshydratés, parfois traumatisés. Les organisations humanitaires présentes sur place tentent de répondre à l’urgence, mais leurs moyens restent dérisoires face à l’ampleur des refoulements. Des décès ont été officiellement documentés, tandis que d’autres disparaissent dans le silence du désert, sans trace ni reconnaissance. L’immensité saharienne devient ainsi le théâtre invisible d’une crise humanitaire que les chiffres officiels peinent à refléter.
Plus préoccupant encore, cette politique est pleinement assumée. Elle est présentée comme un gage de rigueur et de souveraineté, encouragée par un silence européen complice et par des arrangements régionaux qui ferment les yeux sur le coût humain de ces pratiques. Quant aux programmes de « retour volontaire », souvent mis en avant, ils restent largement théoriques, laissant des milliers de migrants piégés entre un Sud inaccessible et un Nord hermétiquement verrouillé.
Les organisations de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme. Elles appellent à la fin des expulsions collectives, au respect de la liberté de circulation, à la protection des personnes vulnérables et à l’adoption d’une véritable politique migratoire fondée sur l’humanité et la responsabilité. Jusqu’à présent, ces appels se heurtent à une indifférence persistante.
Faute d’alternative crédible, l’Algérie continue de transformer sa frontière saharienne en exutoire, faisant du désert une réponse politique. Une réponse qui, loin de résoudre la question migratoire, révèle surtout une démission morale face à l’une des grandes tragédies humaines de notre époque.

اترك تعليق

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *


شروط التعليق :

عدم الإساءة للكاتب أو للأشخاص أو للمقدسات أو مهاجمة الأديان أو الذات الالهية. والابتعاد عن التحريض الطائفي والعنصري والشتائم.


الاخبار العاجلة

نستخدم ملفات الكوكيز لنسهل عليك استخدام موقعنا الإلكتروني ونكيف المحتوى والإعلانات وفقا لمتطلباتك واحتياجاتك الخاصة، لتوفير ميزات وسائل التواصل الاجتماعية ولتحليل حركة الزيارات لدينا...لمعرفة المزيد

موافق