
Chouaib Sahnoun
L’idée, encore à l’état de projet mais de plus en plus insistante, circule dans les cercles stratégiques proches de Donald Trump : constituer une force arabo-musulmane capable d’épauler les États-Unis et leurs alliés, dont Israël, pour sécuriser l’un des points névralgiques du commerce mondial, le détroit d’Ormuz, et protéger les installations pétrolières du Golfe.
Depuis plus de deux semaines, les monarchies du Conseil de Coopération du Golfe font face à une intensification des frappes de drones et de missiles attribuées à l’Iran. Des attaques ciblées, de plus en plus sophistiquées, qui visent à sanctionner ces États pour leur alignement stratégique avec Washington et leur rôle d’hôtes de bases militaires américaines.
Cette escalade a mis en lumière des failles préoccupantes : manque de coordination militaire, dépendance sécuritaire vis-à-vis des puissances étrangères et difficulté à anticiper des menaces asymétriques. C’est précisément dans ce contexte que Washington réfléchit à une nouvelle architecture sécuritaire régionale, visant à garantir la libre circulation des pétroliers et à contenir l’influence iranienne dans le Golfe.
Face à la réticence de plusieurs puissances occidentales à s’engager dans une nouvelle coalition internationale, l’administration américaine privilégierait désormais une alternative : une force composée essentiellement de pays arabes et musulmans, soutenue logistiquement par les États-Unis. Des pays d’Asie, comme l’Indonésie, auraient déjà manifesté leur intérêt, ouvrant la voie à une coalition élargie aux contours encore flous.
Dans ce schéma, le Maroc apparaît comme un partenaire naturel. Fort de ses liens historiques et stratégiques avec les monarchies du Golfe, le royaume a toujours entretenu une coopération militaire et sécuritaire étroite avec les membres du Conseil de Coopération du Golfe. La participation des Forces armées royales (FAR) à une telle initiative constituerait toutefois un tournant majeur, marquant un engagement direct dans une zone hautement inflammable.
Mais Rabat avance avec prudence. Un tel déploiement impliquerait des moyens logistiques considérables, une exposition accrue à des représailles et un positionnement diplomatique délicat dans un conflit aux ramifications internationales. Le Maroc devra ainsi peser soigneusement les bénéfices stratégiques face aux risques d’enlisement et aux conséquences sur sa propre stabilité.
Reste une question centrale : le royaume peut-il se permettre de décliner une demande émanant de ses alliés du Golfe et de Donald Trump, sans fragiliser ses partenariats stratégiques ? Entre solidarité, realpolitik et prudence, le Maroc se retrouve à la croisée des chemins dans un Moyen-Orient plus instable que jamais.
L’idée, encore à l’état de projet mais de plus en plus insistante, circule dans les cercles stratégiques proches de Donald Trump : constituer une force arabo-musulmane capable d’épauler les États-Unis et leurs alliés, dont Israël, pour sécuriser l’un des points névralgiques du commerce mondial, le détroit d’Ormuz, et protéger les installations pétrolières du Golfe.
Depuis plus de deux semaines, les monarchies du Conseil de Coopération du Golfe font face à une intensification des frappes de drones et de missiles attribuées à l’Iran. Des attaques ciblées, de plus en plus sophistiquées, qui visent à sanctionner ces États pour leur alignement stratégique avec Washington et leur rôle d’hôtes de bases militaires américaines.
Cette escalade a mis en lumière des failles préoccupantes : manque de coordination militaire, dépendance sécuritaire vis-à-vis des puissances étrangères et difficulté à anticiper des menaces asymétriques. C’est précisément dans ce contexte que Washington réfléchit à une nouvelle architecture sécuritaire régionale, visant à garantir la libre circulation des pétroliers et à contenir l’influence iranienne dans le Golfe.
Face à la réticence de plusieurs puissances occidentales à s’engager dans une nouvelle coalition internationale, l’administration américaine privilégierait désormais une alternative : une force composée essentiellement de pays arabes et musulmans, soutenue logistiquement par les États-Unis. Des pays d’Asie, comme l’Indonésie, auraient déjà manifesté leur intérêt, ouvrant la voie à une coalition élargie aux contours encore flous.
Dans ce schéma, le Maroc apparaît comme un partenaire naturel. Fort de ses liens historiques et stratégiques avec les monarchies du Golfe, le royaume a toujours entretenu une coopération militaire et sécuritaire étroite avec les membres du Conseil de Coopération du Golfe. La participation des Forces armées royales (FAR) à une telle initiative constituerait toutefois un tournant majeur, marquant un engagement direct dans une zone hautement inflammable.
Mais Rabat avance avec prudence. Un tel déploiement impliquerait des moyens logistiques considérables, une exposition accrue à des représailles et un positionnement diplomatique délicat dans un conflit aux ramifications internationales. Le Maroc devra ainsi peser soigneusement les bénéfices stratégiques face aux risques d’enlisement et aux conséquences sur sa propre stabilité.
Reste une question centrale : le royaume peut-il se permettre de décliner une demande émanant de ses alliés du Golfe et de Donald Trump, sans fragiliser ses partenariats stratégiques ? Entre solidarité, realpolitik et prudence, le Maroc se retrouve à la croisée des chemins dans un Moyen-Orient plus instable que jamais.



