
Chouaib Sahnoun
La corruption au Maroc n’est plus un simple soupçon : elle est devenue, pour beaucoup de citoyens, une réalité omniprésente qui ronge l’administration, fragilise les institutions et érode la confiance dans l’État de droit. L’affaire jugée par la chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat en est une illustration troublante, tant par la gravité des faits que par la qualité du mis en cause.
Lundi soir, la juridiction a rendu son verdict à l’encontre d’un ancien premier substitut du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Fès. Reconnu coupable de corruption passive pour avoir sollicité un avantage indu en échange d’un acte relevant de ses fonctions, l’ex-magistrat a été condamné à un an de prison ferme, assorti d’une année avec sursis. Il a toutefois été acquitté des accusations d’escroquerie et d’exploitation d’influence. À cela s’ajoutent une amende de 5.000 dirhams et le paiement des frais de justice.
Si la condamnation marque une étape judiciaire importante, elle soulève aussi de nombreuses interrogations sur l’ampleur réelle des pratiques corruptrices au sein de certaines sphères du pouvoir. Car au-delà d’un homme, c’est tout un système qui se retrouve éclaboussé.
L’affaire remonte à la fin de l’année 2023, lorsqu’un député parlementaire dépose plainte, accusant le magistrat d’avoir exigé une somme d’argent pour intervenir dans un dossier judiciaire en cours. Pour appuyer ses accusations, le plaignant remet aux enquêteurs une vidéo montrant la remise de 50 millions de centimes à l’intérieur du véhicule du magistrat. Une séquence accablante qui deviendra la pièce centrale du dossier.
Les faits trouvent leur origine dans un violent incident survenu dans un établissement nocturne appartenant au parlementaire, sur la route reliant Meknès à Fès. Une altercation entre deux jeunes hommes et deux jeunes femmes, impliquant un membre d’une famille influente, dégénère en affrontement à l’arme blanche. L’intervention de la Gendarmerie Royale devient nécessaire, et l’un des protagonistes subit des blessures graves ayant entraîné une amputation.
Dans les coulisses, des tentatives auraient alors été entreprises pour atténuer les conséquences judiciaires de l’affaire et favoriser un règlement à l’amiable. C’est dans ce contexte qu’auraient eu lieu les échanges entre le député et le responsable judiciaire, jusqu’à la remise d’argent filmée.
Cette affaire met en lumière un mal profond : lorsque ceux qui sont censés faire respecter la loi se retrouvent eux-mêmes accusés de la monnayer, c’est toute la crédibilité de l’appareil judiciaire qui vacille. Au Maroc, nombreux sont ceux qui dénoncent une corruption tentaculaire, présente dans les marchés publics, l’administration, la politique et parfois même au cœur de la justice.
Certes, la condamnation d’un magistrat peut être perçue comme un signal que l’impunité n’est pas totale. Mais pour une opinion publique lassée des scandales à répétition, la question demeure : s’agit-il d’une exception ou de la partie visible d’un iceberg beaucoup plus vaste ?
Tant que la transparence, l’indépendance réelle de la justice et la reddition des comptes ne seront pas pleinement garanties, le sentiment d’injustice et de défiance continuera de s’enraciner. Car une nation ne peut prospérer durablement lorsque la corruption devient une norme tacite plutôt qu’une dérive sanctionnée.
La corruption au Maroc n’est plus un simple soupçon : elle est devenue, pour beaucoup de citoyens, une réalité omniprésente qui ronge l’administration, fragilise les institutions et érode la confiance dans l’État de droit. L’affaire jugée par la chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat en est une illustration troublante, tant par la gravité des faits que par la qualité du mis en cause.
Lundi soir, la juridiction a rendu son verdict à l’encontre d’un ancien premier substitut du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Fès. Reconnu coupable de corruption passive pour avoir sollicité un avantage indu en échange d’un acte relevant de ses fonctions, l’ex-magistrat a été condamné à un an de prison ferme, assorti d’une année avec sursis. Il a toutefois été acquitté des accusations d’escroquerie et d’exploitation d’influence. À cela s’ajoutent une amende de 5.000 dirhams et le paiement des frais de justice.
Si la condamnation marque une étape judiciaire importante, elle soulève aussi de nombreuses interrogations sur l’ampleur réelle des pratiques corruptrices au sein de certaines sphères du pouvoir. Car au-delà d’un homme, c’est tout un système qui se retrouve éclaboussé.
L’affaire remonte à la fin de l’année 2023, lorsqu’un député parlementaire dépose plainte, accusant le magistrat d’avoir exigé une somme d’argent pour intervenir dans un dossier judiciaire en cours. Pour appuyer ses accusations, le plaignant remet aux enquêteurs une vidéo montrant la remise de 50 millions de centimes à l’intérieur du véhicule du magistrat. Une séquence accablante qui deviendra la pièce centrale du dossier.
Les faits trouvent leur origine dans un violent incident survenu dans un établissement nocturne appartenant au parlementaire, sur la route reliant Meknès à Fès. Une altercation entre deux jeunes hommes et deux jeunes femmes, impliquant un membre d’une famille influente, dégénère en affrontement à l’arme blanche. L’intervention de la Gendarmerie Royale devient nécessaire, et l’un des protagonistes subit des blessures graves ayant entraîné une amputation.
Dans les coulisses, des tentatives auraient alors été entreprises pour atténuer les conséquences judiciaires de l’affaire et favoriser un règlement à l’amiable. C’est dans ce contexte qu’auraient eu lieu les échanges entre le député et le responsable judiciaire, jusqu’à la remise d’argent filmée.
Cette affaire met en lumière un mal profond : lorsque ceux qui sont censés faire respecter la loi se retrouvent eux-mêmes accusés de la monnayer, c’est toute la crédibilité de l’appareil judiciaire qui vacille. Au Maroc, nombreux sont ceux qui dénoncent une corruption tentaculaire, présente dans les marchés publics, l’administration, la politique et parfois même au cœur de la justice.
Certes, la condamnation d’un magistrat peut être perçue comme un signal que l’impunité n’est pas totale. Mais pour une opinion publique lassée des scandales à répétition, la question demeure : s’agit-il d’une exception ou de la partie visible d’un iceberg beaucoup plus vaste ?
Tant que la transparence, l’indépendance réelle de la justice et la reddition des comptes ne seront pas pleinement garanties, le sentiment d’injustice et de défiance continuera de s’enraciner. Car une nation ne peut prospérer durablement lorsque la corruption devient une norme tacite plutôt qu’une dérive sanctionnée.





