
Après huit jours d’intenses projections, de débats, de rencontres artistiques et d’activités culturelles, la ville de Khouribga a clôturé en apothéose la 26e édition du Festival international du cinéma africain. Une manifestation qui a, une nouvelle fois, transformé la capitale mondiale du phosphate en véritable carrefour du septième art africain.
La cérémonie de clôture, organisée au Complexe culturel Mohammed VI, a réuni de nombreuses personnalités du monde du cinéma, de la culture et de la diplomatie, ainsi que des réalisateurs, producteurs, acteurs, critiques et journalistes venus de plusieurs pays du continent. Cette édition a également été marquée par la présence de la République démocratique du Congo en tant qu’invitée d’honneur, illustrant l’ancrage profondément africain de ce rendez-vous cinématographique fondé en 1977 et considéré aujourd’hui comme l’un des plus prestigieux festivals du continent.
Un hommage émouvant à une figure du cinéma africain.
La soirée a débuté par un vibrant hommage rendu au regretté cinéaste camerounais Bassek Ba Kobhio, figure emblématique du cinéma africain, dont le parcours artistique et l’engagement en faveur de la promotion du cinéma du continent ont marqué plusieurs générations de créateurs.
Le palmarès : l’excellence du cinéma africain récompensée.
Dans une ambiance empreinte de suspense et d’émotion, les différents jurys ont dévoilé le palmarès officiel de cette édition.
Compétition des longs métrages.
Grand Prix du Festival : La Voix de Hind Rajab, une œuvre saluée pour sa puissance artistique et son message profondément humain.
Prix spécial du Jury : La Colonie du réalisateur égyptien Mohammed Rachad.
Prix de la meilleure réalisation : attribué au réalisateur marocain Ali Benjelloun pour son film Kondafa.
Prix du meilleur scénario : décerné au film sénégalais Mémoire du Manga.
Prix de la meilleure interprétation masculine : remporté par l’acteur marocain Younès Bouab pour son rôle dans L’Héritier des secrets.
Prix de la meilleure interprétation féminine : attribué à l’héroïne du film kényan Nawi : Ma chère moi du futur.
Compétition des courts métrages.
Grand Prix : Une autre fin du réalisateur marocain Tarik Rasmi.
Prix spécial du Jury : Anima de Mauritanie.
Mention spéciale : La mer se souvient de mon nom du réalisateur égyptien Hussein Hossam.
Les prix parallèles : la critique et les ciné-clubs à l’honneur.
Le festival a également récompensé plusieurs œuvres à travers ses distinctions culturelles parallèles :
Prix des ciné-clubs africains : attribué au film Le Prophète du réalisateur mozambicain Ekui Langa, avec une mention spéciale pour Nawi : Ma chère moi du futur.
Prix de la critique cinématographique africaine : décerné au film marocain L’Héritier des secrets de Mohamed Nadif, adapté du roman La Libération du désir de l’écrivaine Fatiha Morchid. Une mention spéciale a également été accordée aux films En l’honneur du manguier du Sénégalais Nicolas Sawalo Cissé et Nawi du Kenya.
Prix de l’Union africaine des festivals de cinéma (court métrage) : remporté par La mer se souvient de mon nom.
Au-delà de la compétition, cette 26e édition s’est distinguée par une programmation variée comprenant des ateliers de formation destinés aux jeunes talents dans les domaines de la réalisation, de l’écriture scénaristique et de la photographie cinématographique.
Des conférences et tables rondes ont également permis d’aborder les défis auxquels fait face le cinéma africain à l’ère du numérique, notamment l’impact croissant des plateformes de streaming et les nouvelles mutations de l’industrie audiovisuelle.
L’événement a par ailleurs étendu son rayonnement à travers des rencontres universitaires organisées à l’Université Sultan Moulay Slimane de Béni Mellal, des projections pédagogiques pour les enfants ainsi que des activités culturelles et sociales destinées aux détenus de la prison de Khouribga, renforçant ainsi la dimension citoyenne et humaine du festival.
Khouribga, capitale historique du cinéma africain.
Grâce à une organisation saluée par les participants et à une programmation de qualité, cette 26e édition confirme la place incontournable du Festival international du cinéma africain de Khouribga dans le paysage culturel du continent. Près d’un demi-siècle après sa création, cet événement continue de faire rayonner la créativité africaine, de favoriser les échanges entre les peuples et de promouvoir un cinéma porteur de mémoire, d’identité et d’espoir.
Plus qu’un simple festival, Khouribga demeure le cœur battant du cinéma africain, un espace où les histoires du continent trouvent chaque année un écho universel.
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