Algérie : 2 ans de prison pour un maillot marocain ,quand les caporaux voient le Maroc partout

23 فبراير 2026
Algérie : 2 ans de prison pour un maillot marocain ,quand les caporaux voient le Maroc partout

Chouaib Sahnoun
Une condamnation qui, si elle est confirmée, en dit long sur un malaise profond. Deux ans de prison ferme pour avoir porté un maillot de l’équipe nationale du Maroc : l’affaire fait grand bruit sur les réseaux sociaux algériens, même si elle reste largement absente des grands médias. Pour beaucoup d’internautes, elle symbolise une dérive inquiétante : celle d’un pouvoir obsédé par le Maroc au point d’en faire un délit.
Au cœur de la polémique, un jeune Kabyle de 22 ans, Lyes Guernine, originaire d’Aït Mesbah (Tizi Ouzou), qui aurait été condamné après avoir arboré le maillot des Lions de l’Atlas lors d’un match opposant la Jeunesse Sportive de Kabylie au MC Alger, au stade Stade Hocine Aït Ahmed. Les faits remonteraient au 2 janvier dernier.
Dans les tribunes algériennes, les maillots de l’Argentine, du Brésil, de l’Allemagne ou de l’Espagne sont monnaie courante. Mais dans ce cas précis, un seul maillot semble avoir franchi une ligne rouge invisible : celui du Maroc. Selon les informations relayées en ligne, le jeune homme aurait été poursuivi pour “atteinte à l’unité nationale”, une qualification pénale lourde, jugée disproportionnée par ses soutiens.
Le journaliste Abdou Semmar a affirmé, dans une émission diffusée le 22 février sur YouTube, avoir vérifié l’information, rejetant l’hypothèse d’une manipulation extérieure. Il rappelle que l’alerte initiale aurait été lancée dès le 7 janvier par la militante Messaouda Cheballah, épouse de l’opposant Fathi Ghares, qui dénonçait publiquement une dérive répressive et une justice à géométrie variable.
Le silence des proches du condamné, attribué à la peur de représailles, n’a fait qu’amplifier le malaise. Car au-delà du cas individuel, cette affaire , si elle est avérée , soulève une question bien plus large : dans quel État le port d’un maillot sportif peut-il être assimilé à une menace pour l’unité nationale ?
Pour nombre d’observateurs, cette condamnation illustre surtout une obsession maladive de certains cercles dirigeants , souvent qualifiés de “caporaux” , à voir le Maroc comme un ennemi omniprésent. À force de politiser le moindre symbole, de suspecter la moindre expression culturelle ou sportive, c’est la frontière entre civisme et délit qui se brouille dangereusement.
Le football est une passion universelle, un langage qui transcende les frontières et les tensions diplomatiques. Soutenir une équipe, porter un maillot, afficher une préférence sportive ne devraient jamais relever du pénal. Quand un simple geste de supporter devient une affaire d’État, c’est le symptôme d’un système crispé, où la liberté individuelle recule face à la paranoïa politique.
Au fond, la véritable question est simple : un citoyen peut-il encore choisir librement son maillot sans risquer d’être accusé de trahison ? Si la réponse devient incertaine, alors ce n’est pas le football qui est en cause, mais bien l’état des libertés

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