Gouvernement en campagne : quand les ministres pensent déjà aux élections de 2026

ساعتين ago
Gouvernement en campagne : quand les ministres pensent déjà aux élections de 2026

 

Chouaib Sahnoun
À treize mois des élections législatives et communales prévues pour septembre 2026, une ambiance de précampagne s’est installée au sein même de l’exécutif. Et pour cause  pas moins de 18 ministres du gouvernement actuel ont déjà la tête tournée vers les urnes, bien plus que vers les dossiers brûlants du pays. Une posture qui interroge et alimente un sentiment grandissant de déconnexion entre les gouvernants et les préoccupations des citoyens.
Au lieu de s’atteler aux nombreux chantiers en souffrance ,emploi, inflation, accès aux soins, crise du logement , plusieurs membres de l’équipe gouvernementale semblent davantage mobilisés par leurs ambitions électorales que par leurs responsabilités ministérielles. Ce glissement préoccupant donne l’image d’un gouvernement à mi-temps, plus préoccupé par la conquête ou la reconquête des territoires politiques que par la gestion des urgences nationales.
Parmi les premiers noms apparus dans cette course anticipée, on retrouve Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, bien décidé à défendre son bastion de Larache, accompagné de figures de son cercle proche comme Ryad Mezzour (Commerce et Industrie), Mohamed Abdeljalil (Transport), et Younes Sekkouri Hjira (Commerce extérieur). Une escouade électorale déjà en mouvement, au mépris de toute retenue protocolaire.
Le PAM (Parti Authenticité et Modernité) n’est pas en reste. Sa présidente Fatima-Zahra Mansouri, également ministre de l’Habitat et maire de Marrakech, compte bien repartir au front. À ses côtés, Mehdi Bensaid, ministre de la Culture et prétendant assumé à la direction du parti, affiche ses ambitions avec une visibilité médiatique croissante. Même Younes Sekkouri, ministre de l’Emploi, semble plus concentré sur sa projection électorale que sur les défis du chômage.
Ces candidatures encore informelles mais manifestes traduisent une forme d’impatience politique, voire de fébrilité, qui ne sert ni l’image du gouvernement ni la stabilité de l’action publique. La mécanique institutionnelle tourne au ralenti, pendant que les alliances politiques se délitent sous la pression des prochaines échéances. L’unité gouvernementale, déjà fragile, est fragilisée davantage par les calculs de court terme et les rivalités internes.
Au sein même du PAM, les tensions sont vives : le partage des circonscriptions entre les ténors du parti vire à une bataille de coulisses. L’objectif officieux ? Prendre le contrôle de l’exécutif en 2026, quitte à écarter l’actuel chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, qui se retrouve de plus en plus isolé au sein de la majorité.
Le plus inquiétant dans ce glissement électoraliste, c’est le flou entre responsabilités publiques et ambitions personnelles. Certains déplacements ministériels, certains discours locaux, sont désormais scrutés à la loupe pour déceler tout usage abusif des moyens de l’État. La tentation est grande, dans un contexte où la frontière entre service de l’intérêt général et stratégie de communication électorale devient de plus en plus poreuse.
À un an des élections, le gouvernement semble avoir perdu son cap. L’obsession du prochain scrutin prend le pas sur la gestion du présent. Les Marocains, eux, attendent des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes. Face à une classe politique déjà en campagne, une question s’impose : qui gouverne vraiment ?

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