Chouaib Sahnoun
La Chambre des représentants a tenu, le mardi 11 février 2025, une séance plénière consacrée à l’examen du rapport de la Cour des comptes pour l’exercice 2023-2024, suivie d’une autre marquant la clôture de la première session de l’année législative 2024-2025.
Lors de cette séance, la députée Nadia Touhami, représentant le groupe du Progrès et du Socialisme, a mis en avant l’importance démocratique de cet exercice. Elle a souligné qu’il s’inscrit dans une démarche de transparence, d’intégrité et de renforcement de la gouvernance. Cet examen vise également à consolider l’État de droit et à lutter contre les pratiques nuisibles au développement démocratique et économique du pays.
Elle a salué le rôle essentiel des juridictions financières et rappelé les attentes des citoyens, notamment en matière de responsabilité et de reddition des comptes. Elle a insisté sur la nécessité d’assurer un réel impact positif des politiques publiques sur la vie des Marocains.
La députée a dénoncé l’inaction du gouvernement face aux tensions sociales croissantes et aux défis économiques. Elle a critiqué son refus de prendre des mesures concrètes pour lutter contre la flambée des prix, la baisse du pouvoir d’achat, la montée du chômage et l’aggravation de la pauvreté.
Elle a également appelé à un véritable soutien à l’économie nationale, en mettant l’accent sur l’aide aux petites et moyennes entreprises. En parallèle, elle a fustigé la persistance du gouvernement à favoriser les monopoles et les conflits d’intérêts au profit d’un cercle restreint d’acteurs économiques, au détriment de l’intérêt général.
La parlementaire a aussi mis en garde contre l’utilisation des ressources publiques à des fins électoralistes et dénoncé les tentatives du gouvernement de museler les voix critiques par des pressions et des représailles, compromettant ainsi les acquis démocratiques du pays.
Abordant le contenu du rapport, Nadia Touhami a mis l’accent sur plusieurs secteurs stratégiques :
Elle a reconnu les efforts d’amélioration de l’approvisionnement en eau, mais a appelé à une meilleure gestion des ressources hydriques, en luttant contre le gaspillage et en régulant les cultures gourmandes en eau destinées à l’exportation.
La Cour des comptes a relevé que seuls 31 % des objectifs de la stratégie d’amélioration du climat des affaires ont été atteints, traduisant un manque de transparence et de concurrence équitable.
La couverture sanitaire universelle reste incomplète, laissant plus de 8 millions de citoyens sans protection. Le coût élevé des soins et des médicaments pèse lourdement sur les ménages, tandis que certains acteurs privés profitent du système au détriment de l’intérêt général.
La nécessité de lutter contre l’évasion fiscale et de rééquilibrer l’imposition reste une priorité, d’autant plus que les salariés continuent de supporter l’essentiel du poids fiscal.
Seulement 23 % des services publics sont numérisés, illustrant l’écart entre les annonces gouvernementales et la réalité.
Malgré des investissements conséquents, un quart des Marocains restent touchés par l’analphabétisme, soulevant des interrogations sur l’efficacité des politiques mises en place.
Le groupe du Progrès et du Socialisme a réitéré son appel à la Cour des comptes pour qu’elle continue à renforcer le contrôle de la gestion publique et à valoriser les expériences réussies, notamment au niveau des collectivités territoriales. Il a également plaidé pour une sélection plus stratégique des audits, en tenant compte des risques et des enjeux financiers prioritaires.
.Examen du rapport de la cour des comptes
