Postes, portefeuilles et ambitions : quand la bataille politique éclipse les urgences des Marocains

منذ 51 دقيقة
Postes, portefeuilles et ambitions : quand la bataille politique éclipse les urgences des Marocains

Chouaib.S
Au siège du PAM, les tractations se poursuivent et donnent l’impression que l’essentiel de la politique se joue une nouvelle fois autour des postes à pourvoir. Après les visites des dirigeants de l’USFP et du PPS, les discussions semblent désormais entrer dans une phase plus concrète : celle de la répartition des portefeuilles ministériels et des responsabilités institutionnelles. Mais une question demeure : où sont les priorités des citoyens dans cette course aux postes ?
Les négociations portent sur les équilibres entre partis, les portefeuilles ministériels, la présidence de la Chambre des représentants et les rapports de force au sein de la future majorité. L’Istiqlal, présenté comme un allié incontournable, pourrait notamment faire de la présidence de la Chambre une exigence de sa participation au gouvernement. Le PAM, de son côté, doit composer avec plusieurs prétendants et avec les ambitions qui s’expriment dans ses propres rangs. Des noms circulent, des scénarios s’échafaudent et les ambitions se confrontent. Abdellatif Ouahbi est cité pour la présidence de la Chambre, tandis que Mehdi Bensaid pourrait, selon certaines informations, prétendre lui aussi à cette fonction. Nizar Baraka, président de l’Istiqlal, est également évoqué.
Cette bataille institutionnelle est importante pour les partis. Mais l’est-elle autant pour les Marocains qui attendent autre chose de la politique ? Car derrière les négociations de couloirs, il y a une réalité sociale autrement plus urgente : des citoyens qui réclament un système de santé accessible et efficace, une école publique capable de garantir l’égalité des chances, des emplois décents pour les jeunes, une véritable amélioration des salaires et du pouvoir d’achat, ainsi qu’une réponse durable à la hausse du coût de la vie et des carburants.
À quoi sert une majorité si elle ne parvient pas à répondre à ces préoccupations ?
La question vaut également pour les libertés publiques, la qualité des services administratifs, la lutte contre les inégalités et la confiance des citoyens dans les institutions. La politique ne devrait pas se résumer à savoir qui obtiendra tel ministère, qui présidera telle Chambre ou quel parti contrôlera tel département.
Le véritable enjeu devrait être le contenu du programme gouvernemental : quelles réformes pour l’hôpital public ? Quelles mesures pour l’école ? Quelle politique de l’emploi ? Quelle amélioration réelle des revenus ? Quelle réponse au coût de la vie ? Quelle protection des libertés et des droits ? Et surtout, quels engagements précis, avec quels moyens et quel calendrier ?
Pendant que les formations politiques négocient leur place autour de la table, les Marocains, eux, attendent des résultats dans leur vie quotidienne.
La situation est d’autant plus préoccupante que les discussions sur les alliances semblent retarder l’élaboration du véritable contrat politique : un programme commun capable de répondre aux attentes sociales plutôt qu’un simple partage des responsabilités.
L’épisode actuel pose ainsi une question plus profonde : la politique marocaine est-elle encore suffisamment tournée vers les affaires publiques, ou reste-t-elle trop souvent dominée par la conquête des postes et les équilibres entre appareils ?
Une présidence de Chambre, un portefeuille ministériel ou une responsabilité partisane peuvent constituer des enjeux majeurs pour les formations politiques. Pour le citoyen, cependant, la réussite d’un gouvernement se mesure autrement : à la qualité de l’hôpital, à l’école de ses enfants, à son salaire, à son emploi, au prix de son carburant, à son pouvoir d’achat et à l’étendue de ses libertés.
À l’approche de l’ouverture du Parlement, ce vendredi , le calendrier politique presse. Mais le véritable compte à rebours ne se trouve peut-être pas dans les couloirs des partis. Il est dans la vie quotidienne des Marocains.
Le futur gouvernement sera-t-il capable de dépasser la logique des postes pour s’attaquer enfin aux dossiers qui déterminent réellement l’avenir du pays ? C’est sur ce terrain, bien plus que sur celui du partage des portefeuilles, que son action sera observée.
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