Benkirane sort les griffes face au PAM

28 أكتوبر 2026
Benkirane sort les griffes face au PAM

Chouaib.S
Entre accusations de rapprochements avec Israël, soupçons liés au trafic de stupéfiants et rivalités partisanes, Abdelilah Benkirane relance la confrontation avec le Parti authenticité et modernité (PAM). Le secrétaire général du PJD rejette les accusations visant sa formation et renvoie ses adversaires à leurs propres positions politiques.
La bataille politique entre le Parti de la justice et du développement (PJD) et le Parti authenticité et modernité (PAM) prend une nouvelle tournure. Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, a vivement réagi aux accusations de « trahison » et de soutien au « projet sioniste » visant son parti, dans un contexte de tensions avec Fatima Zahra El Mansouri, présidente du Conseil national du PAM et coordinatrice nationale de cette formation.
S’exprimant lundi, lors de la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire du PJD à la Chambre des représentants, l’ancien chef du gouvernement a catégoriquement affirmé que son parti n’avait jamais qualifié le PAM de formation traîtresse. Il a expliqué que ses déclarations, formulées durant la campagne électorale du 23 septembre 2026, découlaient d’interrogations concernant les relations supposées entre le PAM et Israël.
« Nous ne vous avons ni accusés de trahison ni lésés. Nous avons estimé qu’il y avait quelque chose qui liait le PAM à Israël », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés.
Benkirane a également évoqué la réaction de Fatima Zahra El Mansouri, affirmant que celle-ci avait d’abord gardé le silence avant de démentir l’existence de tout lien entre son parti et Israël. Une explication que le dirigeant islamiste assure avoir acceptée, résumant sa position par cette formule : « Nous avons dit amen ».
Derrière cette mise au point, la confrontation entre les deux formations révèle les fractures persistantes de la scène politique marocaine, où les divergences idéologiques se mêlent aux stratégies électorales et aux affrontements verbaux.
Le dossier de la drogue, nouvel épisode de l’escalade politique.
La polémique ne s’est toutefois pas limitée aux accusations relatives à Israël. Abdelilah Benkirane a également rejeté les allégations faisant état d’une éventuelle implication de responsables du PJD dans le trafic de stupéfiants.
Sur un ton particulièrement offensif, il a renvoyé ses détracteurs au PAM en lançant : « Si nous vendons de la drogue, vous, qu’est-ce que vous vendez ? »
Par cette formule provocatrice, le patron du PJD entend retourner les accusations contre ses adversaires politiques. Il a notamment rappelé le rôle du PAM dans le débat sur la légalisation de la culture du cannabis, laissant entendre que les attaques échangées entre les deux partis s’inscrivaient davantage dans une logique de confrontation politique que dans une démarche fondée sur des preuves.
Poussant sa riposte plus loin, Benkirane a mis ses accusateurs au défi de présenter des éléments concrets établissant une quelconque implication du PJD dans le trafic de drogue. Il est allé jusqu’à déclarer : « Si vous trouvez de la drogue chez nous, je vous demande de nous exécuter tous, sans en laisser un seul ».
Une guerre des mots aux enjeux politiques évidents.
Ces déclarations illustrent la montée des tensions entre le PJD et le PAM, deux formations qui s’affrontent régulièrement sur les questions idéologiques, les choix politiques et leur positionnement auprès de l’électorat marocain.
En rejetant les accusations portées contre son parti tout en mettant en cause ses adversaires, Benkirane adopte une stratégie de contre-offensive verbale qui vise à reprendre l’initiative dans ce bras de fer politique.
Reste que les accusations relatives aux liens avec Israël comme celles concernant le trafic de stupéfiants exigent des éléments vérifiables et ne sauraient être considérées comme établies sur la seule base de déclarations partisanes.
Au-delà des formules choc, cette nouvelle passe d’armes pose une question essentielle : jusqu’où les rivalités entre partis peuvent-elles aller avant que le débat politique ne cède définitivement la place à une guerre d’accusations ?

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