
Chouaib.S
À mesure que les prochaines élections législatives approchent, les principaux partis de la majorité dévoilent les noms des ministres qu’ils comptent envoyer à la conquête de la Chambre des représentants. Une stratégie qui ravive une question fondamentale : un ministre peut-il gouverner le pays tout en menant campagne pour assurer sa propre réélection, sans créer un conflit d’intérêts évident ?
Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) apparaît comme la formation la plus offensive. Pas moins de six membres de l’actuel gouvernement sont annoncés candidats, auxquels pourrait encore s’ajouter Faouzi Lakjaâ, dont la candidature reste très attendue. Fatima-Zahra Mansouri, Abdellatif Ouahbi, Mohamed Mehdi Bensaïd, Younes Sekkouri, Azzedine Midaoui et Adib Benbrahim figurent déjà sur la liste.
En cas de victoire du PAM, plusieurs de ces responsables pourraient d’ailleurs renoncer à leur mandat de député pour retrouver leur fauteuil ministériel. Une pratique qui nourrit les critiques de ceux qui estiment que les élections deviennent davantage un instrument de consolidation du pouvoir qu’un véritable exercice démocratique.
Le Rassemblement national des indépendants (RNI) n’est pas en reste. Quatre membres du gouvernement brigueront un siège : Ahmed El Bouari, Mustapha Baitas, Karim Zidane et Lahcen Saadi. Quant au chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, il aurait choisi de ne pas se présenter, sans pour autant cesser d’être au cœur de la bataille politique.
Du côté du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka tentera de conserver son bastion électoral, accompagné d’Abdessamad Kayouh et de Ryad Mezzour, dont le bilan ministériel et certaines déclarations continuent de susciter de nombreuses critiques.
Au-delà des noms, c’est tout un système qui est aujourd’hui remis en question. Le cumul des responsabilités gouvernementales et des ambitions électorales brouille les frontières entre l’exercice du pouvoir et la compétition politique. Les ministres disposent de moyens institutionnels, d’une visibilité médiatique et d’un accès aux ressources de l’État dont ne bénéficient pas leurs concurrents, créant une inégalité dénoncée par de nombreux observateurs.
Plus largement, cette concentration des pouvoirs alimente le sentiment qu’une même élite politique et économique monopolise les centres de décision. Plusieurs membres de la majorité sont régulièrement accusés d’entretenir une proximité avec les grands intérêts économiques, voire de cumuler responsabilités publiques et influence dans les affaires. Cette confusion entre pouvoir politique, puissance financière et compétition électorale nourrit le procès d’une « gouvernance des oligarques », où les mêmes acteurs concentrent les leviers de décision pendant que les préoccupations des citoyens les plus modestes — inflation, chômage, crise du pouvoir d’achat, difficultés d’accès au logement ou aux soins — peinent à trouver des réponses à la hauteur de l’urgence.
Dans un contexte marqué par une forte défiance envers la classe politique, cette nouvelle vague de ministres-candidats risque de renforcer l’impression d’un système conçu avant tout pour préserver les intérêts d’une minorité privilégiée, tandis que les couches populaires continuent de supporter le poids des sacrifices économiques. Une démocratie ne se mesure pas seulement à la tenue d’élections, mais aussi à l’égalité des chances entre les candidats et à la séparation claire entre l’exercice du pouvoir et la conquête des suffrages. C’est précisément sur ce terrain que le débat revient aujourd’hui avec force.
À mesure que les prochaines élections législatives approchent, les principaux partis de la majorité dévoilent les noms des ministres qu’ils comptent envoyer à la conquête de la Chambre des représentants. Une stratégie qui ravive une question fondamentale : un ministre peut-il gouverner le pays tout en menant campagne pour assurer sa propre réélection, sans créer un conflit d’intérêts évident ?
Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) apparaît comme la formation la plus offensive. Pas moins de six membres de l’actuel gouvernement sont annoncés candidats, auxquels pourrait encore s’ajouter Faouzi Lakjaâ, dont la candidature reste très attendue. Fatima-Zahra Mansouri, Abdellatif Ouahbi, Mohamed Mehdi Bensaïd, Younes Sekkouri, Azzedine Midaoui et Adib Benbrahim figurent déjà sur la liste.
En cas de victoire du PAM, plusieurs de ces responsables pourraient d’ailleurs renoncer à leur mandat de député pour retrouver leur fauteuil ministériel. Une pratique qui nourrit les critiques de ceux qui estiment que les élections deviennent davantage un instrument de consolidation du pouvoir qu’un véritable exercice démocratique.
Le Rassemblement national des indépendants (RNI) n’est pas en reste. Quatre membres du gouvernement brigueront un siège : Ahmed El Bouari, Mustapha Baitas, Karim Zidane et Lahcen Saadi. Quant au chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, il aurait choisi de ne pas se présenter, sans pour autant cesser d’être au cœur de la bataille politique.
Du côté du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka tentera de conserver son bastion électoral, accompagné d’Abdessamad Kayouh et de Ryad Mezzour, dont le bilan ministériel et certaines déclarations continuent de susciter de nombreuses critiques.
Au-delà des noms, c’est tout un système qui est aujourd’hui remis en question. Le cumul des responsabilités gouvernementales et des ambitions électorales brouille les frontières entre l’exercice du pouvoir et la compétition politique. Les ministres disposent de moyens institutionnels, d’une visibilité médiatique et d’un accès aux ressources de l’État dont ne bénéficient pas leurs concurrents, créant une inégalité dénoncée par de nombreux observateurs.
Plus largement, cette concentration des pouvoirs alimente le sentiment qu’une même élite politique et économique monopolise les centres de décision. Plusieurs membres de la majorité sont régulièrement accusés d’entretenir une proximité avec les grands intérêts économiques, voire de cumuler responsabilités publiques et influence dans les affaires. Cette confusion entre pouvoir politique, puissance financière et compétition électorale nourrit le procès d’une « gouvernance des oligarques », où les mêmes acteurs concentrent les leviers de décision pendant que les préoccupations des citoyens les plus modestes — inflation, chômage, crise du pouvoir d’achat, difficultés d’accès au logement ou aux soins — peinent à trouver des réponses à la hauteur de l’urgence.
Dans un contexte marqué par une forte défiance envers la classe politique, cette nouvelle vague de ministres-candidats risque de renforcer l’impression d’un système conçu avant tout pour préserver les intérêts d’une minorité privilégiée, tandis que les couches populaires continuent de supporter le poids des sacrifices économiques. Une démocratie ne se mesure pas seulement à la tenue d’élections, mais aussi à l’égalité des chances entre les candidats et à la séparation claire entre l’exercice du pouvoir et la conquête des suffrages. C’est précisément sur ce terrain que le débat revient aujourd’hui avec force.




