
Chouaib.S
83ᵉ sur 91 pays : le verdict de l’enquête PISA 2025 (Programme International pour le Suivi des Acquis) est sans appel. L’école marocaine continue de produire des résultats alarmants, avec un recul dans les trois compétences fondamentales évaluées : lecture, mathématiques et sciences. Derrière les chiffres, c’est tout un système éducatif qui semble incapable de redresser durablement la barre.
Le classement PISA 2025 vient une nouvelle fois rappeler une réalité que les discours officiels ne peuvent plus masquer : l’école marocaine est en grande difficulté. Sur 91 pays évalués, le Maroc se classe à la 83ᵉ position, confirmant le retard considérable accumulé en matière d’apprentissage et de maîtrise des compétences fondamentales.
Et les chiffres sont particulièrement préoccupants. Entre 2022 et 2025, les élèves marocains ont perdu 18 points en compréhension de l’écrit, 10 points en mathématiques et 7 points en sciences. En lecture, le Maroc n’obtient que 321 points, contre 461 points en moyenne pour les pays de l’OCDE.
Plus inquiétant encore : plus de 77 % des élèves marocains affichent de très faibles performances en sciences. Autrement dit, une immense majorité des jeunes de 15 ans évalués ne disposent pas du niveau de compétences attendu pour affronter convenablement les exigences scolaires, professionnelles et citoyennes du XXIᵉ siècle.
Un système qui change de nom, mais pas de résultats.
Face à ce constat, le ministère de l’Éducation nationale s’est empressé de relativiser la portée du classement. Selon le ministère, les résultats de PISA 2025 concernent essentiellement des élèves ayant été formés dans le cadre de « l’ancien modèle éducatif » et ne sauraient donc constituer une évaluation de la Feuille de route 2022-2026 ni du programme des « Établissements pionniers ».
L’argument peut s’entendre sur le plan méthodologique. Mais il soulève une question beaucoup plus embarrassante : combien de générations d’élèves faudra-t-il encore sacrifier avant que les réformes produisent réellement leurs effets ?
À chaque nouveau mauvais résultat, le système semble trouver une nouvelle explication : ancien modèle, réforme en cours, difficultés héritées du primaire, pandémie, contexte international… Certes, les difficultés de l’école ne sont pas exclusivement marocaines et les performances ont également reculé dans plusieurs pays. Mais cette comparaison ne doit pas servir de paravent. Le Maroc reste très loin des standards internationaux, et surtout très loin de ce que l’on pourrait attendre d’un pays qui consacre depuis des années des moyens considérables à la réforme de son système éducatif.
Le problème commence bien avant l’âge de 15 ans.
Le propre diagnostic du ministère est d’ailleurs révélateur : les difficultés constatées à 15 ans ne seraient pas apparues au collège. Elles seraient le résultat d’une accumulation de lacunes commencées dès les premières années du primaire et transportées d’un niveau scolaire à l’autre.
Voilà probablement le cœur du problème.
Un élève qui ne maîtrise pas correctement la lecture, l’écriture, le calcul et les raisonnements fondamentaux au primaire risque de rencontrer des difficultés insurmontables au collège, puis au lycée. On ne peut pas construire une école performante sur des fondations fragiles. Le véritable défi n’est donc pas uniquement de multiplier les réformes, les programmes, les plans d’action ou les établissements pilotes. Il consiste à garantir à chaque enfant, dès les premières années de scolarité, un enseignement solide, des enseignants correctement accompagnés, des classes maîtrisables, des méthodes pédagogiques efficaces et un suivi réel des apprentissages.
Une école qui accumule les réformes sans régler ses fondamentaux.
Depuis des décennies, l’école marocaine est régulièrement soumise à de nouvelles réformes. Les appellations changent, les feuilles de route se succèdent, les programmes sont réécrits et les expérimentations se multiplient. Mais sur le terrain, le constat demeure préoccupant.
À quoi servent les réformes si un élève de 15 ans ne maîtrise toujours pas les compétences fondamentales en lecture, en sciences et en mathématiques ?
Le problème est peut-être précisément là : l’école marocaine souffre moins d’un manque de réformes que d’un déficit de continuité, d’évaluation, de responsabilité et d’exécution.
Une réforme éducative ne peut pas être jugée uniquement à travers les communiqués ministériels ou le nombre d’établissements concernés. Elle doit être évaluée sur ce que les élèves savent réellement faire.
PISA ne doit plus être traité comme une simple mauvaise note.
Le classement PISA devrait surtout être considéré comme un signal d’alarme.
Plutôt que de chercher à expliquer pourquoi les mauvais résultats ne concernent pas « le modèle actuel », il serait plus utile de répondre à une question essentielle : qu’est-ce qui sera concrètement fait pour que les prochains élèves marocains obtiennent de meilleurs résultats ? Car derrière les statistiques, il y a des milliers de jeunes qui entreront demain dans l’université, la formation professionnelle ou le marché du travail avec des lacunes qui risquent de les accompagner pendant toute leur vie.
Une nation qui veut construire une économie moderne, attirer les investissements, développer l’intelligence artificielle, réussir sa transition numérique et préparer les métiers de demain ne peut pas se satisfaire d’une école qui peine encore à garantir les apprentissages fondamentaux. Le Maroc peut multiplier les infrastructures, les grands projets et les annonces ambitieuses. Mais sans une école performante, inclusive et exigeante, le développement restera incomplet.
PISA 2025 n’est donc pas seulement un classement. C’est un miroir.
Et le reflet qu’il renvoie de l’école marocaine est particulièrement inquiétant : un système éducatif à bout de souffle, prisonnier de ses propres faiblesses, qui change régulièrement de modèle sans parvenir encore à changer suffisamment les résultats.
Il est temps de cesser de chercher des excuses et de commencer à demander des comptes sur l’essentiel : qu’apprennent réellement nos enfants à l’école ?
83ᵉ sur 91 pays : le verdict de l’enquête PISA 2025 (Programme International pour le Suivi des Acquis) est sans appel. L’école marocaine continue de produire des résultats alarmants, avec un recul dans les trois compétences fondamentales évaluées : lecture, mathématiques et sciences. Derrière les chiffres, c’est tout un système éducatif qui semble incapable de redresser durablement la barre.
Le classement PISA 2025 vient une nouvelle fois rappeler une réalité que les discours officiels ne peuvent plus masquer : l’école marocaine est en grande difficulté. Sur 91 pays évalués, le Maroc se classe à la 83ᵉ position, confirmant le retard considérable accumulé en matière d’apprentissage et de maîtrise des compétences fondamentales.
Et les chiffres sont particulièrement préoccupants. Entre 2022 et 2025, les élèves marocains ont perdu 18 points en compréhension de l’écrit, 10 points en mathématiques et 7 points en sciences. En lecture, le Maroc n’obtient que 321 points, contre 461 points en moyenne pour les pays de l’OCDE.
Plus inquiétant encore : plus de 77 % des élèves marocains affichent de très faibles performances en sciences. Autrement dit, une immense majorité des jeunes de 15 ans évalués ne disposent pas du niveau de compétences attendu pour affronter convenablement les exigences scolaires, professionnelles et citoyennes du XXIᵉ siècle.
Un système qui change de nom, mais pas de résultats.
Face à ce constat, le ministère de l’Éducation nationale s’est empressé de relativiser la portée du classement. Selon le ministère, les résultats de PISA 2025 concernent essentiellement des élèves ayant été formés dans le cadre de « l’ancien modèle éducatif » et ne sauraient donc constituer une évaluation de la Feuille de route 2022-2026 ni du programme des « Établissements pionniers ».
L’argument peut s’entendre sur le plan méthodologique. Mais il soulève une question beaucoup plus embarrassante : combien de générations d’élèves faudra-t-il encore sacrifier avant que les réformes produisent réellement leurs effets ?
À chaque nouveau mauvais résultat, le système semble trouver une nouvelle explication : ancien modèle, réforme en cours, difficultés héritées du primaire, pandémie, contexte international… Certes, les difficultés de l’école ne sont pas exclusivement marocaines et les performances ont également reculé dans plusieurs pays. Mais cette comparaison ne doit pas servir de paravent. Le Maroc reste très loin des standards internationaux, et surtout très loin de ce que l’on pourrait attendre d’un pays qui consacre depuis des années des moyens considérables à la réforme de son système éducatif.
Le problème commence bien avant l’âge de 15 ans.
Le propre diagnostic du ministère est d’ailleurs révélateur : les difficultés constatées à 15 ans ne seraient pas apparues au collège. Elles seraient le résultat d’une accumulation de lacunes commencées dès les premières années du primaire et transportées d’un niveau scolaire à l’autre.
Voilà probablement le cœur du problème.
Un élève qui ne maîtrise pas correctement la lecture, l’écriture, le calcul et les raisonnements fondamentaux au primaire risque de rencontrer des difficultés insurmontables au collège, puis au lycée. On ne peut pas construire une école performante sur des fondations fragiles. Le véritable défi n’est donc pas uniquement de multiplier les réformes, les programmes, les plans d’action ou les établissements pilotes. Il consiste à garantir à chaque enfant, dès les premières années de scolarité, un enseignement solide, des enseignants correctement accompagnés, des classes maîtrisables, des méthodes pédagogiques efficaces et un suivi réel des apprentissages.
Une école qui accumule les réformes sans régler ses fondamentaux.
Depuis des décennies, l’école marocaine est régulièrement soumise à de nouvelles réformes. Les appellations changent, les feuilles de route se succèdent, les programmes sont réécrits et les expérimentations se multiplient. Mais sur le terrain, le constat demeure préoccupant.
À quoi servent les réformes si un élève de 15 ans ne maîtrise toujours pas les compétences fondamentales en lecture, en sciences et en mathématiques ?
Le problème est peut-être précisément là : l’école marocaine souffre moins d’un manque de réformes que d’un déficit de continuité, d’évaluation, de responsabilité et d’exécution.
Une réforme éducative ne peut pas être jugée uniquement à travers les communiqués ministériels ou le nombre d’établissements concernés. Elle doit être évaluée sur ce que les élèves savent réellement faire.
PISA ne doit plus être traité comme une simple mauvaise note.
Le classement PISA devrait surtout être considéré comme un signal d’alarme.
Plutôt que de chercher à expliquer pourquoi les mauvais résultats ne concernent pas « le modèle actuel », il serait plus utile de répondre à une question essentielle : qu’est-ce qui sera concrètement fait pour que les prochains élèves marocains obtiennent de meilleurs résultats ? Car derrière les statistiques, il y a des milliers de jeunes qui entreront demain dans l’université, la formation professionnelle ou le marché du travail avec des lacunes qui risquent de les accompagner pendant toute leur vie.
Une nation qui veut construire une économie moderne, attirer les investissements, développer l’intelligence artificielle, réussir sa transition numérique et préparer les métiers de demain ne peut pas se satisfaire d’une école qui peine encore à garantir les apprentissages fondamentaux. Le Maroc peut multiplier les infrastructures, les grands projets et les annonces ambitieuses. Mais sans une école performante, inclusive et exigeante, le développement restera incomplet.
PISA 2025 n’est donc pas seulement un classement. C’est un miroir.
Et le reflet qu’il renvoie de l’école marocaine est particulièrement inquiétant : un système éducatif à bout de souffle, prisonnier de ses propres faiblesses, qui change régulièrement de modèle sans parvenir encore à changer suffisamment les résultats.
Il est temps de cesser de chercher des excuses et de commencer à demander des comptes sur l’essentiel : qu’apprennent réellement nos enfants à l’école ?


