Hécatombe sur les routes marocaines : quand l’incivisme des conducteurs masque les défaillances de l’État

منذ 3 ساعات
Hécatombe sur les routes marocaines : quand l’incivisme des conducteurs masque les défaillances de l’État

Chouaib.S

Une nouvelle semaine noire vient rappeler le lourd tribut payé sur les routes marocaines. Selon le dernier bilan publié par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), 27 personnes ont perdu la vie et 3 043 autres ont été blessées, dont 105 grièvement, dans 2 230 accidents de la circulation survenus en milieu urbain entre le 6 et le 12 juillet.
Comme à chaque publication, les causes avancées mettent essentiellement en cause les comportements des usagers : inattention des conducteurs, non-respect des priorités, excès de vitesse, perte de contrôle, non-respect des distances de sécurité, franchissement des feux rouges, dépassements dangereux, conduite à contresens ou encore conduite sous l’emprise de l’alcool.
Ces infractions sont bien réelles et doivent être sanctionnées. Toutefois, réduire la tragédie routière à la seule responsabilité des automobilistes serait une analyse incomplète. Les infrastructures routières jouent également un rôle majeur dans la sécurité des déplacements.
Dans de nombreuses régions, les routes nationales sont dans un état préoccupant : chaussées dégradées, nids-de-poule, accotements inexistants ou dangereux, absence d’éclairage, marquage au sol effacé et, surtout, grave insuffisance de panneaux de signalisation. À cela s’ajoutent des carrefours mal aménagés, des intersections dépourvues de visibilité et des ouvrages nécessitant une réhabilitation urgente.
Cette réalité expose quotidiennement les conducteurs, les motocyclistes, les cyclistes et les piétons à des risques considérables. Une signalisation claire, visible et entretenue n’est pas un luxe, mais une obligation fondamentale pour prévenir les accidents et sauver des vies.
Parallèlement, les services de sécurité poursuivent leurs opérations de contrôle. Au cours de la même période, 51 003 infractions ont été relevées. Les forces de l’ordre ont dressé 8 089 procès-verbaux transmis au parquet et encaissé 42 914 amendes forfaitaires, représentant un montant global de 9 416 800 dirhams. En outre, 5 320 véhicules ont été placés en fourrière, 8 089 documents ont été saisis et 598 véhicules ont été immobilisés.
Si la répression demeure indispensable, elle ne peut constituer à elle seule une politique de sécurité routière. La lutte contre les accidents exige une approche globale : amélioration des infrastructures, entretien régulier des routes, multiplication des panneaux de signalisation, modernisation des carrefours, campagnes de sensibilisation permanentes et contrôle rigoureux du respect des normes de sécurité.
Les drames de la route ne sont pas une fatalité. Ils traduisent aussi les insuffisances des politiques publiques. Tant que l’État n’investira pas davantage dans des infrastructures modernes et une signalisation efficace, le Maroc continuera de compter ses morts et ses blessés semaine après semaine.
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