Maroc : pris en otage dans la “Coupe du Monde du pétrole

منذ ساعتين
Maroc : pris en otage dans la “Coupe du Monde du pétrole

Chouaib.S
Quand les lobbies dictent la loi.
Le Maroc et les Marocains sont-ils en train de perdre, sans même jouer, la “Coupe du Monde du pétrole” ? La question n’a rien d’une provocation gratuite. Elle traduit une réalité de plus en plus lourde : une dépendance chronique au pétrole et au gaz, exploitée par des intérêts puissants qui font la pluie et le beau temps sur les prix… et sur les politiques publiques.

Une dépendance devenue piège.
Le monde est entré dans une nouvelle ère de tensions énergétiques, où le pétrole et le gaz sont redevenus des armes géopolitiques. Entre instabilités des marchés, spéculations et rapports de force internationaux, les économies fragiles paient le prix fort.
Le Maroc, fortement dépendant des importations énergétiques, se retrouve particulièrement exposé. Cette dépendance n’est pas seulement économique : elle est structurelle. Elle résulte d’un manque d’anticipation, d’une transition énergétique incomplète et d’un pilotage stratégique souvent hésitant.
Résultat : une facture énergétique qui explose, une balance commerciale sous pression et un pouvoir d’achat des ménages laminé.

Lobbies et oligarchies : les véritables arbitres du jeu.
Derrière cette situation se cache une réalité plus dérangeante : le poids écrasant des lobbies du carburant et du gaz. Ces acteurs, souvent liés à de puissants intérêts économiques, influencent directement ou indirectement les décisions publiques.
Le marché est officiellement libéralisé, mais dans les faits, la concurrence reste limitée et les prix semblent évoluer de manière synchronisée. Une situation qui alimente un sentiment d’injustice chez les citoyens, convaincus de payer le prix fort pendant que certains accumulent des marges confortables.
L’État, quant à lui, semble osciller entre impuissance et complaisance. Plafonnement des prix? Réduction des taxes? Régulation plus stricte? Autant de leviers rarement activés avec la fermeté attendue.

Des promesses énergétiques restées inachevées.
Depuis des années, le Maroc affiche des ambitions fortes en matière de transition énergétique : solaire, éolien, hydrogène vert… Des projets emblématiques ont vu le jour, mais ils n’ont pas encore permis de réduire significativement la dépendance aux énergies fossiles.
Le problème n’est pas l’absence de vision, mais plutôt son exécution partielle. Trop de retards, trop d’occasions manquées, trop de dépendance persistante à un modèle dépassé.
Comme si le pétrole était éternel. Comme si le temps n’était pas compté.

Une bombe économique et sociale à retardement.
La volatilité des prix du brut n’est pas sans conséquences. Elle fragilise les entreprises, notamment les PME et TPE, accélère les faillites et freine l’investissement. Elle creuse aussi les inégalités sociales, accentuant les fractures d’un Maroc déjà à plusieurs vitesses.
À terme, c’est tout le modèle de développement qui est menacé. Car une énergie chère, instable et dépendante de l’extérieur est incompatible avec une croissance durable et inclusive.

Changer de cap ou subir.
Gouverner, c’est prévoir. Or, en matière énergétique, le Maroc donne souvent l’impression de subir plutôt que d’anticiper. Le risque aujourd’hui est clair : celui d’un choc pétrolier durable, aux conséquences profondes sur la stabilité économique et sociale.
Pourtant, les solutions existent :
Accélérer réellement la transition vers les énergies renouvelables
Investir dans l’hydrogène vert et le stockage énergétique
Explorer des alternatives comme le nucléaire civil.
Valoriser les déchets pour produire du gaz.
Surtout, réguler un marché trop longtemps laissé aux mains d’intérêts dominants.

Sortir de la logique de rente.
Le véritable défi n’est pas seulement énergétique. Il est politique et économique. Il s’agit de rompre avec une logique de rente, où quelques acteurs profitent d’un système opaque, au détriment de l’intérêt général. Car tant que les lobbies continueront à dicter leur loi, toute réforme restera superficielle.

Une urgence nationale.
Le pétrole sera de plus en plus rare et cher. Continuer à dépendre de lui sans stratégie claire revient à accepter une vulnérabilité permanente.
Le Maroc a les ressources, les compétences et le potentiel pour réussir sa transition énergétique. Mais cela exige du courage politique, une vision cohérente et surtout une volonté réelle de remettre en cause les intérêts établis.
Sinon, dans cette “Coupe du Monde du pétrole”, le pays risque de rester éternellement sur le banc des perdants.

اترك تعليق

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *


شروط التعليق :

عدم الإساءة للكاتب أو للأشخاص أو للمقدسات أو مهاجمة الأديان أو الذات الالهية. والابتعاد عن التحريض الطائفي والعنصري والشتائم.


الاخبار العاجلة

نستخدم ملفات الكوكيز لنسهل عليك استخدام موقعنا الإلكتروني ونكيف المحتوى والإعلانات وفقا لمتطلباتك واحتياجاتك الخاصة، لتوفير ميزات وسائل التواصل الاجتماعية ولتحليل حركة الزيارات لدينا...لمعرفة المزيد

موافق