
Chouaib.S
À l’approche des prochaines échéances électorales, une interrogation s’impose avec de plus en plus d’insistance : la Génération Z peut-elle réellement bousculer un paysage politique longtemps dominé par les mêmes élites, ou finira-t-elle absorbée par les logiques traditionnelles de pouvoir ?
On se souvient de cette mobilisation inédite de jeunes, souvent qualifiée de « Gen Z », qui avait marqué les esprits par son énergie, ses actions parfois désordonnées mais puissamment symboliques, avant de disparaître progressivement de la scène visible. Pourtant, loin de s’être éteinte, cette dynamique semble s’être transformée. Ses traces sont bien là, diffuses mais persistantes, prêtes à ressurgir au cœur du jeu politique.
Ce mouvement, né notamment dans un contexte de revendications sociales fortes ,en particulier dans le secteur de la santé , a servi de tremplin à une nouvelle génération de candidats. Moins de 35 ans, souvent issus de la société civile, ils ambitionnent aujourd’hui de traduire en actes politiques les aspirations exprimées dans la rue et sur les réseaux sociaux.
Mais une question cruciale demeure : cette jeunesse engagée pourra-t-elle résister à la puissance des appareils partisans, aux réseaux d’influence et aux lobbies solidement ancrés ? Car entrer en politique est une chose, peser réellement dans les décisions en est une autre.
En pleine phase de pré-campagne, ces candidats tentent de lever des fonds, de structurer leurs programmes et de rester fidèles à l’esprit initial de leur mobilisation. Ils promettent de porter au Parlement des réformes concrètes, de rompre avec les pratiques clientélistes et de redonner du sens à l’action publique. Reste à savoir si leurs propositions, souvent portées individuellement, réussiront à s’imposer dans un système où la discipline partisane et les intérêts établis dictent souvent la ligne.
L’impact électoral de cette génération pourrait toutefois être significatif. Le mouvement a su fédérer au-delà de son noyau initial, touchant aussi bien les jeunes primo-votants que leurs aînés, sensibles aux revendications portées depuis 2025. Cette capacité à rassembler pourrait se traduire dans les urnes.
Certains observateurs avancent même que l’émergence de ces jeunes candidats s’inscrit, au moins en partie, dans une volonté institutionnelle de renouvellement du personnel politique. Une manière d’intégrer la contestation dans le cadre formel, tout en canalisant son énergie.
Mais tout dépendra de plusieurs facteurs décisifs : leur nombre réel au Parlement, leur capacité à dépasser les ambitions individuelles pour former un bloc cohérent, la solidité de leur stratégie, et surtout leur aptitude à résister aux pressions des lobbies et des cercles d’influence.
Car le véritable test ne sera pas leur élection, mais leur indépendance.
Au fond, l’effet « Gen Z » pourrait bien être à double tranchant : soit une opportunité historique de renouvellement démocratique, soit une illusion de changement dans un système qui a toujours su digérer ses contestations. La réponse, elle, viendra des urnes… et surtout de ce qui se passera après.


