Politique figée : ces “dinosaurs” qui confisquent les partis et méprisent les Marocains

منذ ساعتين
Politique figée : ces “dinosaurs” qui confisquent les partis et méprisent les Marocains

Chouaib.S
Ils parlent de renouveau, de jeunesse, d’avenir… mais s’accrochent à leurs fauteuils comme à une rente à vie. Derrière les discours creux et les slogans recyclés, certains chefs de partis marocains incarnent une réalité bien plus cynique : une classe politique figée, déconnectée et obsédée par la conservation du pouvoir.
Autrefois réunis dans une opposition de circonstance, aussi fragile qu’incohérente, le PPS, l’USFP et le PJD se distinguent aujourd’hui par une constante inquiétante : la longévité excessive de leurs dirigeants. Depuis plus d’une décennie, les mêmes visages monopolisent la scène. Nabil Benabdellah, Driss Lachgar et Abdelilah Benkirane cumulent les années à la tête de leurs formations, au point d’incarner une véritable fossilisation du champ politique.
Cette longévité n’a rien d’un gage d’expérience ou de sagesse. Elle révèle surtout un verrouillage des appareils partisans, où toute tentative de renouvellement est étouffée. Le discours sur l’intégration des jeunes sonne alors comme une imposture. Comment parler d’avenir quand les directions sont confisquées par des figures installées depuis des décennies, souvent sans véritable légitimité populaire directe ?
Le cas d’Abdelilah Benkirane illustre parfaitement cette dérive. L’ancien chef du gouvernement, qui perçoit mensuellement une pension avoisinant les 70.000 dirhams, continue pourtant de réclamer davantage, tout en se posant en défenseur du peuple. Une posture difficilement défendable dans un pays où une large partie de la population lutte pour joindre les deux bouts. Cette contradiction flagrante alimente un sentiment d’injustice et de mépris envers les citoyens.
Ces leaders, devenus de véritables rentiers politiques, semblent vivre hors du temps. Leur priorité n’est plus de proposer des solutions concrètes aux défis du pays, mais de préserver leurs positions et leurs privilèges. Dans leurs partis, les jeunes et les femmes restent relégués au second plan, cantonnés à des rôles symboliques, sans réel accès aux postes de décision.
Pire encore, cette logique de confiscation du pouvoir s’accompagne parfois de pratiques quasi dynastiques. La transmission implicite du leadership à des proches ou héritiers politiques renforce l’image d’un système verrouillé, où la compétence et le mérite passent après les réseaux et les alliances familiales.
Pour un observateur extérieur, cette situation interroge. Comment un pays aspirant à la modernité peut-il tolérer une telle inertie politique ? Comment espérer un véritable changement lorsque les mêmes figures, usées par le temps et les compromis, continuent de monopoliser la parole et les décisions ?
À l’approche des élections, le décalage risque d’être brutal. D’un côté, une jeunesse en quête de perspectives, de participation et de reconnaissance. De l’autre, une élite politique arc-boutée sur ses acquis, incapable de se remettre en question.
Le Maroc mérite mieux que ces discours fatigués et ces leaders accrochés à leurs sièges. Il mérite une véritable alternance, une ouverture sincère à de nouvelles générations, et surtout une politique libérée de ces logiques de rente qui étouffent toute dynamique de progrès.
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