

Chouaib Sahnoun
La rencontre entre l’Algérie et la Guinée équatoriale, disputée au stade Moulay Hassan à Rabat, aurait dû rester cantonnée aux débats sportifs. Elle s’est pourtant achevée sur un épisode pour le moins ubuesque, révélateur de dérives qui n’ont rien à voir avec le football de haut niveau. Un incident si grotesque qu’il a contraint la Confédération africaine de football (CAF) à intervenir… jusque dans le vestiaire des Fennecs.
Au coup de sifflet final, les officiels de la CAF constatent une anomalie troublante : sur les quinze ballons officiels mis à disposition pour la rencontre, deux ont mystérieusement disparu. Une situation suffisamment grave pour déclencher une vérification immédiate des protocoles de sécurité, tant l’intégrité du matériel est un élément non négociable dans une compétition continentale organisée au Maroc.
La vérité n’a pas tardé à émerger. Les caméras de vidéosurveillance du stade ont livré un verdict sans appel : un membre du staff technique de la sélection algérienne a été filmé en flagrant délit, en pleine mi-temps, dissimulant l’un des ballons sous ses vêtements avant de quitter la pelouse. Une scène digne d’un mauvais sketch, bien loin des standards professionnels qu’exige une Coupe d’Afrique des nations.
Si l’un des ballons a pu être localisé grâce à ces images, le second demeure, à l’heure actuelle, introuvable, laissant planer une zone d’ombre embarrassante et forçant les organisateurs à poursuivre leurs investigations. Un détail qui alourdit encore un peu plus la gravité de l’affaire.
Confronté à ces preuves irréfutables, le coordinateur de la CAF s’est rendu personnellement dans le vestiaire algérien. Face à une première tentative de dénégation du staff, la diffusion des images de surveillance a mis fin à toute contestation possible. Le ballon a finalement été restitué, mais le mal était fait.
Au-delà du simple fait divers, cet acte pose une question fondamentale : comment justifier un tel comportement à ce niveau de compétition ? Voler un ballon officiel, mentir ensuite face à l’évidence, puis céder uniquement sous la contrainte des images… Pour de nombreux observateurs, l’épisode symbolise un amateurisme affligeant, incompatible avec l’exigence, l’éthique et la crédibilité du football africain.
Sur les réseaux sociaux, l’indignation a été immédiate. Loin de susciter l’indulgence, l’affaire est perçue comme une tache inutile, jetant le discrédit non seulement sur l’auteur du larcin, mais aussi sur l’encadrement censé incarner la discipline et l’exemplarité. À ce niveau, ce n’est plus un simple ballon qui est en jeu, mais l’image d’une sélection et le respect dû à une compétition continentale majeure.



