Sahara : à l’ONU, le dossier entre dans une nouvelle phase, entre pression diplomatique et espoir de déblocage

8 أكتوبر 2026
Sahara : à l’ONU, le dossier entre dans une nouvelle phase, entre pression diplomatique et espoir de déblocage

Chouaib.S
Le dossier du Sahara marocain s’apprête à connaître une nouvelle séquence diplomatique à New York. Pas moins de trois rendez-vous importants doivent remettre cette question au centre des discussions aux Nations unies, avec un objectif désormais clairement affiché : faire le point sur l’état du processus en 2026 et mesurer les perspectives d’une éventuelle sortie de l’impasse.
Le contexte a sensiblement évolué depuis l’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Celle-ci a prorogé le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026 et appelé les parties à engager des discussions sur la base de la proposition marocaine d’autonomie, dans la perspective d’une solution politique « juste, durable et mutuellement acceptable ».
Washington veut-il donner un nouvel élan au processus ?
Parmi les éléments nouveaux figure l’implication accrue des États-Unis dans la recherche d’une issue diplomatique. Washington avait déjà joué un rôle déterminant dans l’adoption de la résolution 2797 et avait alors appelé les parties à saisir cette nouvelle dynamique pour parvenir à une solution au conflit.
L’enjeu est désormais de transformer cette dynamique diplomatique en avancées concrètes. Après des années de discussions sans règlement définitif, la question centrale reste celle de la capacité des différentes parties à renouer avec un dialogue substantiel sous l’égide des Nations unies. Il convient toutefois de ne pas confondre volonté d’accélération diplomatique et règlement acquis : le processus demeure tributaire de négociations entre les parties et de la recherche d’un compromis accepté par tous.
Le rapport de Guterres au cœur des discussions.
Deuxième élément majeur : le rapport du secrétaire général de l’ONU sur la situation au Sahara occidental, transmis au Conseil de sécurité le 1er octobre 2026 sous la référence S/2026/781. Ce document intervient alors que le mandat actuel de la MINURSO arrive à échéance à la fin du mois d’octobre. Il constitue donc un élément important des discussions à venir sur l’avenir de la mission et sur les modalités de la poursuite du processus politique. La résolution 2797 avait précisément demandé au secrétaire général de procéder à un examen stratégique concernant l’avenir de la MINURSO, en tenant compte des résultats des négociations. Cette articulation entre le maintien de la mission sur le terrain et l’évolution du processus politique constitue désormais l’un des principaux enjeux de la séquence diplomatique qui s’ouvre.
La résolution 2797, nouveau cadre de référence.
Le troisième élément déterminant réside dans le nouveau cadre fixé par le Conseil de sécurité. La résolution 2797 marque incontestablement une évolution du langage diplomatique en demandant que les discussions prennent comme base la proposition marocaine d’autonomie. Mais le texte ne ferme pas pour autant la porte à la négociation : il appelle les parties à parvenir à une solution politique définitive, mutuellement acceptable, garantissant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.
C’est précisément cette nuance qui devrait se retrouver au cœur des prochaines discussions. Pour Rabat et ses soutiens, la résolution constitue une avancée importante en faveur du plan d’autonomie. Pour ses adversaires, elle ne signifie pas la disparition du principe d’autodétermination ni la fin du processus de négociation. Plusieurs interventions aux Nations unies en 2026 ont d’ailleurs montré que les lectures de la résolution restent divergentes.
Alger et le Polisario face à une nouvelle réalité diplomatique ?
Reste enfin la question de l’évolution du discours algérien et de celui du Front Polisario. Certains observateurs estiment percevoir des inflexions dans les déclarations récentes, interprétées comme le signe d’une adaptation à un environnement diplomatique devenu plus difficile. Cette lecture doit néanmoins être maniée avec prudence. Une modification de ton dans les déclarations publiques ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’un changement stratégique définitif. Ce qui est en revanche incontestable, c’est que le dossier se trouve aujourd’hui dans un contexte diplomatique différent de celui qui prévalait avant l’adoption de la résolution 2797. Les appels à la reprise du dialogue se multiplient et plusieurs délégations onusiennes ont insisté en 2026 sur la nécessité de poursuivre les négociations sous l’égide des Nations unies.
Une nouvelle fenêtre diplomatique.
C’est donc une nouvelle phase qui s’ouvre à New York. L’enjeu n’est plus seulement de prolonger mécaniquement les mécanismes existants, mais de déterminer si le cadre politique désormais établi peut produire des résultats concrets.
La prochaine échéance sera notamment celle du renouvellement du mandat de la MINURSO à la fin octobre, dans un contexte où le Conseil de sécurité devra également apprécier l’évolution du processus de négociation.
Le dossier du Sahara est donc loin d’être définitivement réglé. Mais il se trouve à un moment où les paramètres diplomatiques ont évolué et où la pression pour transformer les déclarations politiques en résultats tangibles semble plus forte.
La dernière ligne droite pourrait encore être longue et semée d’obstacles. Mais une chose est certaine : à l’ONU, le dossier du Sahara n’est plus traité exactement dans le même cadre qu’auparavant.

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