
Chouaib.S
Une nouvelle étape se profile dans la réforme du prix des médicaments au Maroc. Près de 300 références devraient voir leur prix diminuer, avec des baisses pouvant, selon les produits concernés, atteindre des niveaux particulièrement importants.
Cette évolution intervient après l’adoption du décret n° 2.25.631, publié au Bulletin officiel le 6 août 2026, qui réforme en profondeur le mécanisme de fixation du prix public de vente des médicaments, en vigueur depuis 2013.
Selon les informations disponibles, les premières réductions pourraient varier fortement d’un médicament à l’autre, avec des baisses annoncées allant de 10 % jusqu’à 70 %. Elles concerneraient notamment des traitements dont les prix sont aujourd’hui élevés et qui pèsent lourdement sur le budget des patients et sur les dépenses de l’Assurance maladie.
Le seuil des 300 DH au cœur de la réforme.
La principale nouveauté du dispositif repose sur un seuil fixé à 300 dirhams. Pour les médicaments dont le prix fabricant hors taxes dépasse ce montant, le nouveau mécanisme retient désormais le prix le plus bas observé dans les pays de référence. Pour les médicaments dont le prix est inférieur ou égal à 300 DH, le système fondé sur la moyenne des prix des pays de référence est maintenu.
Cette modification pourrait donc avoir un impact particulièrement important sur les traitements les plus coûteux, notamment ceux dont les tarifs marocains s’éloignent sensiblement de ceux pratiqués sur certains marchés de référence.
Le gouvernement présente cette réforme comme un moyen de réduire le reste à charge des patients, d’améliorer l’accès aux traitements et de contribuer à la maîtrise des dépenses de l’Assurance maladie obligatoireا
Des prix révisés plus régulièrement.
Autre changement majeur : la périodicité de révision des prix est ramenée de cinq à trois ans. Le nouveau dispositif prévoit également une révision des prix des médicaments déjà commercialisés dans les douze mois suivant l’entrée en vigueur du décret.
La réforme ne signifie toutefois pas que tous les médicaments verront automatiquement leur prix baisser dans les mêmes proportions. L’ampleur de la diminution dépendra du médicament, de son prix actuel et de l’écart avec les tarifs relevés dans les pays de référence.
Des médicaments parmi les plus chers dans le viseur.
Le changement pourrait surtout se faire sentir sur certains traitements à fort coût, pour lesquels quelques centaines, voire plusieurs milliers de dirhams, peuvent être économisés par boîte. Des baisses importantes ont déjà été observées sur certaines références, notamment dans le domaine des traitements anticancéreux. Mais la réforme suscite également des interrogations chez les pharmaciens et certains acteurs du secteur. Des représentants de la profession ont notamment exprimé des inquiétudes concernant l’équilibre économique des officines et la disponibilité de certains médicaments, dans un marché où certaines baisses de prix pourraient réduire la rentabilité de produits déjà difficiles à commercialiser.
Une première vague avant d’autres baisses ?
L’approbation de cette première série de réductions constitue surtout le début de la mise en œuvre du nouveau dispositif. D’autres révisions devraient intervenir progressivement au cours des prochains mois, conformément au calendrier prévu par le décret.
Pour les patients marocains, l’enjeu est considérable : faire baisser le prix des médicaments les plus coûteux sans provoquer de ruptures d’approvisionnement. Le succès de la réforme dépendra donc autant de l’ampleur des réductions que de leur impact réel sur l’accès aux traitements.
Reste désormais à connaître la liste officielle des près de 300 médicaments concernés, leurs anciens tarifs et surtout leurs nouveaux prix en pharmacie.


