
Chouaib.S
À moins de trois mois des élections législatives, la bataille autour de la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les milliards de dirhams de subventions et d’exonérations fiscales accordés aux importateurs de bétail révèle les profondes fissures de la majorité gouvernementale. Derrière les discours sur la transparence, c’est une véritable guerre politique qui se joue, avec le Rassemblement national des indépendants (RNI) d’Aziz Akhannouch de plus en plus isolé.
Alors que les partis de l’opposition réclament depuis des mois une enquête pour faire toute la lumière sur l’utilisation de l’argent public, leurs appels ont finalement trouvé un écho inattendu chez plusieurs composantes de la majorité. Le Parti de l’Istiqlal (PI), le Parti Authenticité et Modernité (PAM), ainsi que le groupe UC-MDS ont décidé de soutenir cette initiative.
Le RNI, seul contre tous.
Un seul parti continue de s’y opposer : le RNI. Officiellement, il invoque le manque de temps avant la fin de la législature et dénonce une prétendue « instrumentalisation politique » du dossier des viandes rouges. Mais cet argument convainc difficilement.
Pour de nombreux observateurs, cette opposition ressemble davantage à une tentative d’éviter que des responsabilités politiques ne soient mises en lumière. Pourquoi craindre une commission d’enquête si la gestion des aides publiques a été irréprochable ? Lorsqu’il s’agit de milliards issus des impôts des contribuables, la transparence ne devrait jamais être perçue comme une menace.
Le plus troublant est que le RNI se retrouve désormais en contradiction avec ses propres alliés, allant jusqu’à leur rappeler la « Charte de la majorité », comme si la discipline partisane devait primer sur le droit des citoyens à connaître la vérité.
Des milliards dépensés, des prix toujours hors de portée.
Les Marocains, eux, retiennent surtout une réalité : malgré des aides publiques colossales destinées à faire baisser le prix de la viande, les consommateurs ont continué à payer des tarifs records. Les éleveurs se disent étranglés, tandis que seuls quelques grands importateurs semblent avoir réellement profité du système.
Cette situation nourrit un profond sentiment d’injustice. Beaucoup s’interrogent : où est passé l’argent ? Qui a véritablement bénéficié de ces exonérations fiscales et de ces subventions ? Et surtout, qui devra rendre des comptes ?
Une enquête menacée par le calendrier… et les calculs politiques.
Même si les 132 signatures nécessaires sont réunies, les obstacles restent nombreux. Les réunions sont reportées les unes après les autres, parfois faute de quorum, parfois en raison des déplacements des parlementaires ou de leurs activités partisanes. Le calendrier parlementaire joue désormais contre les promoteurs de cette commission.
Dans ces conditions, nombreux sont ceux qui craignent que cette initiative ne soit enterrée avant même son lancement, victime des lenteurs administratives et des calculs électoraux.
La transparence ne devrait jamais avoir de date de péremption.
L’expérience montre pourtant qu’une véritable commission d’enquête exige du temps. Les précédentes commissions parlementaires ont travaillé plusieurs mois, auditionnant des dizaines de responsables et examinant des milliers de documents.
Vouloir empêcher aujourd’hui une enquête au motif que la législature touche à sa fin risque d’alimenter davantage les soupçons. Les citoyens n’attendent pas des slogans de campagne, mais des réponses précises sur l’utilisation de leurs impôts.
À l’heure où le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure, la transparence n’est pas un luxe électoral : c’est une obligation démocratique. Refuser d’ouvrir les dossiers les plus sensibles ne fait que renforcer la défiance envers les institutions et nourrit l’impression que certains intérêts privés continuent de peser davantage que l’intérêt général. Une démocratie crédible ne peut durablement prospérer si le contrôle de l’action publique est sacrifié sur l’autel des équilibres politiques ou des intérêts partisans.
À moins de trois mois des élections législatives, la bataille autour de la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les milliards de dirhams de subventions et d’exonérations fiscales accordés aux importateurs de bétail révèle les profondes fissures de la majorité gouvernementale. Derrière les discours sur la transparence, c’est une véritable guerre politique qui se joue, avec le Rassemblement national des indépendants (RNI) d’Aziz Akhannouch de plus en plus isolé.
Alors que les partis de l’opposition réclament depuis des mois une enquête pour faire toute la lumière sur l’utilisation de l’argent public, leurs appels ont finalement trouvé un écho inattendu chez plusieurs composantes de la majorité. Le Parti de l’Istiqlal (PI), le Parti Authenticité et Modernité (PAM), ainsi que le groupe UC-MDS ont décidé de soutenir cette initiative.
Le RNI, seul contre tous.
Un seul parti continue de s’y opposer : le RNI. Officiellement, il invoque le manque de temps avant la fin de la législature et dénonce une prétendue « instrumentalisation politique » du dossier des viandes rouges. Mais cet argument convainc difficilement.
Pour de nombreux observateurs, cette opposition ressemble davantage à une tentative d’éviter que des responsabilités politiques ne soient mises en lumière. Pourquoi craindre une commission d’enquête si la gestion des aides publiques a été irréprochable ? Lorsqu’il s’agit de milliards issus des impôts des contribuables, la transparence ne devrait jamais être perçue comme une menace.
Le plus troublant est que le RNI se retrouve désormais en contradiction avec ses propres alliés, allant jusqu’à leur rappeler la « Charte de la majorité », comme si la discipline partisane devait primer sur le droit des citoyens à connaître la vérité.
Des milliards dépensés, des prix toujours hors de portée.
Les Marocains, eux, retiennent surtout une réalité : malgré des aides publiques colossales destinées à faire baisser le prix de la viande, les consommateurs ont continué à payer des tarifs records. Les éleveurs se disent étranglés, tandis que seuls quelques grands importateurs semblent avoir réellement profité du système.
Cette situation nourrit un profond sentiment d’injustice. Beaucoup s’interrogent : où est passé l’argent ? Qui a véritablement bénéficié de ces exonérations fiscales et de ces subventions ? Et surtout, qui devra rendre des comptes ?
Une enquête menacée par le calendrier… et les calculs politiques.
Même si les 132 signatures nécessaires sont réunies, les obstacles restent nombreux. Les réunions sont reportées les unes après les autres, parfois faute de quorum, parfois en raison des déplacements des parlementaires ou de leurs activités partisanes. Le calendrier parlementaire joue désormais contre les promoteurs de cette commission.
Dans ces conditions, nombreux sont ceux qui craignent que cette initiative ne soit enterrée avant même son lancement, victime des lenteurs administratives et des calculs électoraux.
La transparence ne devrait jamais avoir de date de péremption.
L’expérience montre pourtant qu’une véritable commission d’enquête exige du temps. Les précédentes commissions parlementaires ont travaillé plusieurs mois, auditionnant des dizaines de responsables et examinant des milliers de documents.
Vouloir empêcher aujourd’hui une enquête au motif que la législature touche à sa fin risque d’alimenter davantage les soupçons. Les citoyens n’attendent pas des slogans de campagne, mais des réponses précises sur l’utilisation de leurs impôts.
À l’heure où le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure, la transparence n’est pas un luxe électoral : c’est une obligation démocratique. Refuser d’ouvrir les dossiers les plus sensibles ne fait que renforcer la défiance envers les institutions et nourrit l’impression que certains intérêts privés continuent de peser davantage que l’intérêt général. Une démocratie crédible ne peut durablement prospérer si le contrôle de l’action publique est sacrifié sur l’autel des équilibres politiques ou des intérêts partisans.





