Faouzi Lakjâa : l’homme aux mille casquettes… ou l’État à temps plein, même le dimanche

منذ ساعة واحدة
Faouzi Lakjâa : l’homme aux mille casquettes… ou l’État à temps plein, même le dimanche

Par Chouaib.S
Ce n’est plus une promotion, ni même une simple nomination. C’est désormais un véritable record de cumul de fonctions qui mérite, à lui seul, une place particulière dans les annales de la haute administration marocaine. À croire que les journées de Faouzi Lakjâa comptent davantage de 24 heures !
Déjà ministre délégué chargé du Budget, président de la Fédération royale marocaine de football, président du Comité marocain chargé de l’organisation de la Coupe du monde 2030, ainsi que de la fondation dédiée à cet événement, membre du dispositif de suivi financier, vice-président de la Confédération africaine de football et personnalité influente du PAM, Lakjâa vient encore d’ajouter une nouvelle fonction à une collection qui commence à donner le vertige.
Et comme si cette impressionnante accumulation ne suffisait pas, le voilà désormais nommé président du Fonds de développement territorial intégré, une institution stratégique créée pour accompagner un vaste chantier de développement territorial. La décision, prise par décret gouvernemental et signée par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, confie ainsi à un seul homme des responsabilités considérables, adossées à une enveloppe annoncée de 210 milliards de dirhams sur huit ans.
Autrement dit, le même responsable est appelé à jongler simultanément avec les finances publiques, le football national, la préparation du Mondial 2030, les responsabilités africaines, les ambitions politiques et, désormais, le développement territorial. À ce rythme, il ne manquerait plus qu’on lui confie les clés du palais, la météo et la programmation des trains !
Au-delà de la satire, cette concentration de responsabilités soulève pourtant une question parfaitement sérieuse : peut-on réellement être efficace partout à la fois ? Diriger, superviser, décider, contrôler et représenter autant d’institutions et de secteurs stratégiques exige du temps, de la disponibilité et surtout une capacité de suivi extrêmement importante.
Le problème n’est donc pas seulement de savoir si Faouzi Lakjâa est compétent ou non. La véritable question concerne la concentration des pouvoirs et des responsabilités entre les mains d’une seule personne. Dans une administration moderne, la bonne gouvernance repose également sur la séparation des tâches, la collégialité des décisions, la transparence et la capacité à rendre des comptes.
Car lorsqu’un même responsable devient incontournable dans autant de dossiers stratégiques, le risque est évident : dispersion, surcharge, conflits de priorités et affaiblissement des mécanismes de contrôle. Même le plus performant des commis de l’État ne peut être partout, tout le temps.
Cette nouvelle nomination peut certes être présentée comme une marque exceptionnelle de confiance. Mais elle pose aussi une question dérangeante : est-ce la reconnaissance d’un talent exceptionnel ou le symptôme d’un système qui peine à faire confiance à d’autres compétences ?
À force de multiplier les casquettes, on finit par se demander si le Maroc manque réellement de cadres compétents… ou si certains postes sont devenus des costumes taillés sur mesure pour les mêmes hommes.
Faouzi Lakjâa, l’homme-orchestre de l’État marocain ? Peut-être. Mais même les meilleurs orchestres ont besoin de plusieurs musiciens.

اترك تعليق

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *


شروط التعليق :

عدم الإساءة للكاتب أو للأشخاص أو للمقدسات أو مهاجمة الأديان أو الذات الالهية. والابتعاد عن التحريض الطائفي والعنصري والشتائم.


الاخبار العاجلة

نستخدم ملفات الكوكيز لنسهل عليك استخدام موقعنا الإلكتروني ونكيف المحتوى والإعلانات وفقا لمتطلباتك واحتياجاتك الخاصة، لتوفير ميزات وسائل التواصل الاجتماعية ولتحليل حركة الزيارات لدينا...لمعرفة المزيد

موافق