
Chouaib.S
Lorsque Leila Benali prend la parole devant le Parlement, l’objectif affiché est clair : rassurer. Pourtant, derrière les formules convenues et les éléments de langage bien rodés, c’est un tout autre sentiment qui s’installe chez les consommateurs marocains , celui d’un décalage croissant entre la communication officielle et la réalité du terrain.
Lors de sa récente intervention, la ministre a tenté de calmer les inquiétudes liées à la flambée des carburants dans un contexte international tendu. Mais en évitant soigneusement d’aborder les hausses successives enregistrées en l’espace de deux semaines, elle a donné l’impression de contourner l’essentiel. Car si les prix annoncés ne franchiront peut-être pas immédiatement des seuils symboliques redoutés, une chose est certaine : la tendance reste orientée à la hausse, et elle est loin d’être terminée.
Face à des parlementaires de plus en plus critiques, la réponse ministérielle s’est limitée à rappeler des généralités : niveau de stocks, diversification des approvisionnements, résilience supposée du modèle marocain. Des arguments techniques, certes, mais qui peinent à masquer l’absence de vision claire et, surtout, de transparence sur ce qui attend réellement les citoyens dans les semaines à venir.
Le contraste est d’autant plus frappant avec les analyses du Conseil de la concurrence, dont les travaux détaillés mettent en lumière les dysfonctionnements persistants du marché. Là où certains appellent à un débat franc sur les marges, la régulation ou encore le rôle stratégique d’infrastructures comme la SAMIR, la ministre semble fermer la porte, affirmant sans nuance que sa réouverture n’aurait aucun impact sur les prix , une position contestée par de nombreux experts et syndicats.
Plus troublant encore, l’écart entre les chiffres avancés. Évoquer un stock de 90 jours, alors que plusieurs sources parlent plutôt de 60 jours effectifs, alimente le doute. Dans un contexte où la confiance est déjà fragilisée, ces approximations pèsent lourd.
Au fond, ce qui est reproché aujourd’hui à la communication gouvernementale, ce n’est pas seulement son optimisme jugé excessif, mais son manque de pédagogie. Car les Marocains ne demandent pas des certitudes impossibles à garantir dans un marché mondial instable ; ils attendent des explications claires, des scénarios crédibles, et surtout une parole publique cohérente.
Or, au lieu d’éclairer, le discours officiel semble entretenir le flou. Entre tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz , et dépendance énergétique structurelle, les risques sont bien réels. Les minimiser ou les diluer dans des déclarations prudentes revient à repousser un débat pourtant urgent.
La question qui se pose désormais est simple, mais lourde de conséquences : peut-on encore se fier à une communication qui semble systématiquement en retard sur les faits ? Dans un domaine aussi sensible que l’énergie, la crédibilité ne se décrète pas ,elle se construit par la transparence, la cohérence et le courage de dire les choses telles qu’elles sont.
Lorsque Leila Benali prend la parole devant le Parlement, l’objectif affiché est clair : rassurer. Pourtant, derrière les formules convenues et les éléments de langage bien rodés, c’est un tout autre sentiment qui s’installe chez les consommateurs marocains , celui d’un décalage croissant entre la communication officielle et la réalité du terrain.
Lors de sa récente intervention, la ministre a tenté de calmer les inquiétudes liées à la flambée des carburants dans un contexte international tendu. Mais en évitant soigneusement d’aborder les hausses successives enregistrées en l’espace de deux semaines, elle a donné l’impression de contourner l’essentiel. Car si les prix annoncés ne franchiront peut-être pas immédiatement des seuils symboliques redoutés, une chose est certaine : la tendance reste orientée à la hausse, et elle est loin d’être terminée.
Face à des parlementaires de plus en plus critiques, la réponse ministérielle s’est limitée à rappeler des généralités : niveau de stocks, diversification des approvisionnements, résilience supposée du modèle marocain. Des arguments techniques, certes, mais qui peinent à masquer l’absence de vision claire et, surtout, de transparence sur ce qui attend réellement les citoyens dans les semaines à venir.
Le contraste est d’autant plus frappant avec les analyses du Conseil de la concurrence, dont les travaux détaillés mettent en lumière les dysfonctionnements persistants du marché. Là où certains appellent à un débat franc sur les marges, la régulation ou encore le rôle stratégique d’infrastructures comme la SAMIR, la ministre semble fermer la porte, affirmant sans nuance que sa réouverture n’aurait aucun impact sur les prix , une position contestée par de nombreux experts et syndicats.
Plus troublant encore, l’écart entre les chiffres avancés. Évoquer un stock de 90 jours, alors que plusieurs sources parlent plutôt de 60 jours effectifs, alimente le doute. Dans un contexte où la confiance est déjà fragilisée, ces approximations pèsent lourd.
Au fond, ce qui est reproché aujourd’hui à la communication gouvernementale, ce n’est pas seulement son optimisme jugé excessif, mais son manque de pédagogie. Car les Marocains ne demandent pas des certitudes impossibles à garantir dans un marché mondial instable ; ils attendent des explications claires, des scénarios crédibles, et surtout une parole publique cohérente.
Or, au lieu d’éclairer, le discours officiel semble entretenir le flou. Entre tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz , et dépendance énergétique structurelle, les risques sont bien réels. Les minimiser ou les diluer dans des déclarations prudentes revient à repousser un débat pourtant urgent.
La question qui se pose désormais est simple, mais lourde de conséquences : peut-on encore se fier à une communication qui semble systématiquement en retard sur les faits ? Dans un domaine aussi sensible que l’énergie, la crédibilité ne se décrète pas ,elle se construit par la transparence, la cohérence et le courage de dire les choses telles qu’elles sont.





