
Chouaib.S
La hausse des cours internationaux des carburants ne se traduit pas de manière équitable au Maroc. Derrière les variations à la pompe, se dessine un marché encore verrouillé, marqué par des ajustements asymétriques et une libéralisation inachevée ,au bénéfice évident des opérateurs pétroliers.
Selon la dernière note du Conseil de la concurrence, les prix des produits pétroliers ont fortement augmenté sur les marchés internationaux entre mi-mars et début avril 2026. Une flambée qui pèse lourdement sur un pays entièrement dépendant des importations de produits raffinés. Mais ce qui interroge, ce n’est pas seulement la hausse… c’est la manière dont elle est répercutée.
Une transmission à géométrie variable.
Le gasoil, carburant vital pour l’économie marocaine, illustre parfaitement cette distorsion. Alors que les cours internationaux ont bondi de +2,18 DH/L, la hausse à la pompe s’est limitée à +1,72 DH/L. Une répercussion partielle, certes en amélioration, mais qui reste révélatrice d’un pilotage stratégique des prix.
À l’inverse, l’essence subit une sur-répercussion : les augmentations internationales y sont amplifiées une fois arrivées chez le consommateur. Ce jeu d’équilibriste entre produits, présenté comme technique, ressemble surtout à un mécanisme opaque permettant de préserver ,voire d’optimiser , les marges globales du secteur.
Des hausses rapides, des baisses lentes : la règle du jeu.
Le constat le plus préoccupant reste l’asymétrie dans la transmission des prix. Les hausses internationales sont répercutées presque immédiatement, tandis que les baisses prennent un retard notable avant d’atteindre les consommateurs. Cette “rigidité à la baisse” n’est pas anodine : elle constitue le cœur du modèle économique des lobbies pétroliers.
Autrement dit, le marché fonctionne à sens unique. Quand les prix montent, le consommateur paie immédiatement. Quand ils baissent, il attend… et les opérateurs encaissent.
Une concurrence de façade.
Officiellement, aucune entente illicite n’a été prouvée. Pourtant, dans les faits, les opérateurs continuent de réviser leurs prix aux mêmes dates, avec des variations quasi identiques. Une pratique héritée de l’ancien système administré, qui vide la libéralisation de sa substance.
Cette synchronisation quasi parfaite n’est peut-être pas illégale, mais elle est profondément anti-concurrentielle dans ses effets. Elle empêche toute véritable guerre des prix et transforme le marché en oligopole discipliné, où chacun suit le mouvement sans jamais le contester.
Le poids des lobbies : une libéralisation capturée.
Derrière ces mécanismes se profile une réalité plus dérangeante : la libéralisation du secteur a été capturée par des intérêts privés puissants. Les lobbies pétroliers, loin de jouer le jeu de la concurrence, semblent avoir adapté les règles à leur avantage.
Résultat : un marché théoriquement libre, mais pratiquement verrouillé. Une transparence limitée. Et surtout, un consommateur qui reste la variable d’ajustement.
Un enjeu politique autant qu’économique.
Le Conseil de la concurrence appelle à plus de transparence et à une formation des prix plus dynamique, basée sur les réalités propres à chaque opérateur. Mais la question dépasse la technique : elle est profondément politique.
Peut-on parler de libéralisation lorsque les prix évoluent de manière quasi uniforme ? Peut-on évoquer la concurrence quand les marges sont protégées au détriment du pouvoir d’achat ?
Tant que ces questions resteront sans réponse, la facture énergétique continuera de peser lourd… toujours du même côté.
La hausse des cours internationaux des carburants ne se traduit pas de manière équitable au Maroc. Derrière les variations à la pompe, se dessine un marché encore verrouillé, marqué par des ajustements asymétriques et une libéralisation inachevée ,au bénéfice évident des opérateurs pétroliers.
Selon la dernière note du Conseil de la concurrence, les prix des produits pétroliers ont fortement augmenté sur les marchés internationaux entre mi-mars et début avril 2026. Une flambée qui pèse lourdement sur un pays entièrement dépendant des importations de produits raffinés. Mais ce qui interroge, ce n’est pas seulement la hausse… c’est la manière dont elle est répercutée.
Une transmission à géométrie variable.
Le gasoil, carburant vital pour l’économie marocaine, illustre parfaitement cette distorsion. Alors que les cours internationaux ont bondi de +2,18 DH/L, la hausse à la pompe s’est limitée à +1,72 DH/L. Une répercussion partielle, certes en amélioration, mais qui reste révélatrice d’un pilotage stratégique des prix.
À l’inverse, l’essence subit une sur-répercussion : les augmentations internationales y sont amplifiées une fois arrivées chez le consommateur. Ce jeu d’équilibriste entre produits, présenté comme technique, ressemble surtout à un mécanisme opaque permettant de préserver ,voire d’optimiser , les marges globales du secteur.
Des hausses rapides, des baisses lentes : la règle du jeu.
Le constat le plus préoccupant reste l’asymétrie dans la transmission des prix. Les hausses internationales sont répercutées presque immédiatement, tandis que les baisses prennent un retard notable avant d’atteindre les consommateurs. Cette “rigidité à la baisse” n’est pas anodine : elle constitue le cœur du modèle économique des lobbies pétroliers.
Autrement dit, le marché fonctionne à sens unique. Quand les prix montent, le consommateur paie immédiatement. Quand ils baissent, il attend… et les opérateurs encaissent.
Une concurrence de façade.
Officiellement, aucune entente illicite n’a été prouvée. Pourtant, dans les faits, les opérateurs continuent de réviser leurs prix aux mêmes dates, avec des variations quasi identiques. Une pratique héritée de l’ancien système administré, qui vide la libéralisation de sa substance.
Cette synchronisation quasi parfaite n’est peut-être pas illégale, mais elle est profondément anti-concurrentielle dans ses effets. Elle empêche toute véritable guerre des prix et transforme le marché en oligopole discipliné, où chacun suit le mouvement sans jamais le contester.
Le poids des lobbies : une libéralisation capturée.
Derrière ces mécanismes se profile une réalité plus dérangeante : la libéralisation du secteur a été capturée par des intérêts privés puissants. Les lobbies pétroliers, loin de jouer le jeu de la concurrence, semblent avoir adapté les règles à leur avantage.
Résultat : un marché théoriquement libre, mais pratiquement verrouillé. Une transparence limitée. Et surtout, un consommateur qui reste la variable d’ajustement.
Un enjeu politique autant qu’économique.
Le Conseil de la concurrence appelle à plus de transparence et à une formation des prix plus dynamique, basée sur les réalités propres à chaque opérateur. Mais la question dépasse la technique : elle est profondément politique.
Peut-on parler de libéralisation lorsque les prix évoluent de manière quasi uniforme ? Peut-on évoquer la concurrence quand les marges sont protégées au détriment du pouvoir d’achat ?
Tant que ces questions resteront sans réponse, la facture énergétique continuera de peser lourd… toujours du même côté.





