
Chouaib Sahnoun
Près de trois semaines après les premières révélations sur la volonté de départ de Walid Regragui, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a finalement officialisé ce que beaucoup pressentaient : l’aventure du sélectionneur à la tête des Lions de l’Atlas est terminée.
Pourtant, fidèle à une stratégie déjà observée par le passé, la fédération avait d’abord fermement démenti toute démission. Un scénario déjà vécu sous Vahid Halilhodžić et Hervé Renard : démentir publiquement, temporiser en coulisses, puis trancher une fois la succession assurée.
Une fin d’ère après un cycle intense.
Éreinté par trois années sous haute tension ,marquées par l’épopée historique au Mondial 2022, une CAN 2023 décevante et une finale cruelle de la Coupe d’Afrique des Nations perdue face au Sénégal – Regragui aurait estimé avoir fait le tour de sa mission.
Malgré une panenka manquée de Brahim Díaz dans les derniers instants d’une finale haletante, le technicien quitte son poste avec le meilleur bilan statistique de l’histoire de la sélection marocaine et le sentiment du devoir accompli.
La FRMF, consciente de l’importance stratégique du timing à l’approche de la Coupe du monde de la FIFA 2026, a pris soin de verrouiller sa succession avant toute annonce officielle.
Mohamed Ouahbi, le pari audacieux
Contre toute attente, le choix s’est porté sur Mohamed Ouahbi. Un profil atypique, davantage reconnu comme formateur que comme entraîneur de haut niveau professionnel.
Après 17 ans passés au centre de formation du RSC Anderlecht, où il a contribué à l’éclosion de talents comme Youri Tielemans, Adnan Januzaj ou Leander Dendoncker, Ouahbi a rejoint la fédération marocaine en 2022 pour diriger les U20.
Son travail a rapidement porté ses fruits : finaliste continental, puis surtout champion du monde U20 en 2025, offrant au Équipe du Maroc de football son premier titre mondial toutes catégories confondues.
Un choix stratégique… mais risqué
Alors que des pistes prestigieuses comme Xavi avaient été évoquées et que beaucoup misaient sur Tarek Sektioui, la FRMF a préféré la continuité générationnelle à l’effet médiatique.
Ouahbi incarne un projet basé sur la formation, la gestion fine des binationaux et la construction à long terme. Mais l’absence d’expérience sur un banc professionnel constitue un pari majeur à moins de deux ans du Mondial.
Ses premiers tests arriveront rapidement avec des matchs amicaux face à l’Équateur et au Paraguay.
Une transition sous pression
Le défi est immense : maintenir la dynamique d’un groupe ambitieux, gérer les attentes d’un public exigeant et préparer efficacement la Coupe du monde 2026.
Le Maroc tourne une page importante de son histoire footballistique. Reste à savoir si ce pari audacieux marquera le début d’un nouveau cycle glorieux… ou d’une période d’incertitudes.


