
Chouaib.S
La victoire du Parti authenticité et modernité (PAM) aux élections législatives du 23 septembre a ouvert la voie à une nouvelle configuration politique au Maroc. Avec 97 sièges sur 395, le parti est arrivé en tête du scrutin, conformément aux résultats définitifs annoncés par les autorités. En application de l’article 47 de la Constitution, le roi Mohammed VI a donc nommé, le 29 septembre, Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du PAM, à la tête du gouvernement et l’a chargée de former le nouvel exécutif.
Cette nomination est historique : Fatima Ezzahra El Mansouri devient la première femme à diriger le gouvernement marocain. Mais derrière cette première symbolique se dessine également une autre histoire, beaucoup plus politique : celle d’une ascension construite au sein du PAM et marquée par la proximité avec Fouad Ali El Himma, ancien fondateur du parti et aujourd’hui conseiller du roi. Plusieurs sources ont décrit El Mansouri comme une personnalité ayant bénéficié de son soutien politique à ses débuts.
C’est en 2009, lorsqu’elle conquiert la mairie de Marrakech, que son parcours politique prend véritablement son envol. Elle gravit ensuite progressivement les échelons du PAM, jusqu’à devenir une figure centrale de la formation et sa coordinatrice. Son parcours illustre ainsi une ascension politique particulièrement rapide, au sein d’un parti dont Fouad Ali El Himma fut l’un des principaux artisans lors de sa création en 2008.
La proximité entre les deux personnalités est régulièrement évoquée dans les récits consacrés au parcours de la nouvelle cheffe du gouvernement. Elle alimente naturellement les interrogations sur le poids des réseaux, des fidélités et des influences dans la politique marocaine. Mais désormais, une question essentielle se pose : une fois arrivée à la tête de l’exécutif, Fatima Ezzahra El Mansouri saura-t-elle transformer cette trajectoire politique en une véritable capacité d’action gouvernementale ?
Car les défis qui l’attendent sont considérables. Son gouvernement devra notamment répondre aux préoccupations liées au pouvoir d’achat, à l’emploi, aux services publics et aux attentes d’une jeunesse de plus en plus exigeante. Il devra également piloter les grands chantiers liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030 et gérer un Parlement où le PAM ne dispose pas de majorité absolue, ce qui rendra nécessaires des négociations avec d’autres formations politiques. La nouvelle Première ministre arrive donc à la tête d’un exécutif avec un double défi : réussir à imposer son autorité politique et démontrer qu’elle est désormais davantage qu’une personnalité issue d’un puissant réseau politique. Son parcours lui a ouvert les portes du pouvoir ; son mandat dira ce qu’elle sera capable d’en faire. Le véritable test commence maintenant. Entre les attentes sociales, les équilibres parlementaires, les ambitions économiques et les immenses échéances de 2030, Fatima Ezzahra El Mansouri n’aura guère droit à l’erreur.
Son mentor et ancien « parrain » politique a contribué à lancer sa carrière. Mais, à la tête du gouvernement, c’est désormais à elle de prouver qu’elle peut écrire seule la suite de son histoire politique.





