
Chouaib.S
À quelques mètres de la résidence de l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, un spectacle peu reluisant attire chaque jour le regard des passants. Un chapiteau de fortune, dont la bâche est déchirée, décolorée et noircie par les années, trône sur le domaine public aux côtés d’une guérite de sécurité vieillissante, usée par les intempéries et visiblement privée de tout entretien. Occupée en permanence par deux éléments des forces de l’ordre chargés d’assurer la protection de l’ancien responsable, cette installation donne davantage l’impression d’un équipement abandonné que d’un dispositif officiel relevant de l’autorité de l’État.
Le contraste est d’autant plus frappant que Rabat, capitale du Royaume, multiplie les chantiers de modernisation. Routes rénovées, espaces verts réaménagés, places publiques embellies, mobilier urbain remplacé : la ville affiche l’ambition de devenir une vitrine du Maroc moderne. Pourtant, au cœur de cette dynamique, ce coin de rue semble figé dans le temps, comme oublié de tous.
Cette situation soulève une question de cohérence. Alors que les autorités communales mènent actuellement une vaste campagne contre les occupations irrégulières du domaine public, les enseignes non conformes et les installations anarchiques, comment expliquer qu’une structure aussi visible puisse demeurer dans un état aussi dégradé sans susciter la moindre réaction ?
Une interrogation s’impose également sur le plan administratif : ce chapiteau bénéficie-t-il d’une autorisation d’occupation du domaine public ? Si la réponse est oui, pourquoi son état de délabrement est-il toléré pendant des années ? Si la réponse est non, pourquoi ne serait-il pas soumis aux mêmes exigences que celles imposées aux commerçants, artisans et simples citoyens ? Le principe d’égalité devant la loi exige que les règles s’appliquent à tous, sans distinction.
Au-delà de l’aspect réglementaire, c’est la question de l’exemplarité des pouvoirs publics qui est posée. L’État et les collectivités territoriales demandent légitimement aux citoyens de respecter les normes d’urbanisme, de préserver la propreté des espaces publics et de contribuer à l’embellissement de la ville. Cette exigence ne peut être pleinement crédible que si les installations relevant des institutions publiques répondent elles-mêmes aux mêmes standards.
Il ne s’agit évidemment pas de remettre en cause la protection accordée à un ancien chef du gouvernement, mesure parfaitement légitime au regard de ses anciennes responsabilités. En revanche, rien ne justifie que les équipements destinés à cette mission présentent une image aussi dégradée. Une guérite moderne, correctement entretenue, et un abri digne de ce nom suffiraient à concilier impératifs de sécurité et respect de l’esthétique urbaine.
Ce dossier met aussi en lumière une réalité plus large : au Maroc, l’entretien du patrimoine urbain est souvent relégué au second plan. On inaugure volontiers de nouveaux projets, mais la maintenance des infrastructures existantes reste trop souvent négligée. Or une ville ne se juge pas uniquement à ses grands chantiers ou à ses monuments emblématiques ; elle se mesure également à l’attention portée aux détails du quotidien.
Imaginons qu’un diplomate, un investisseur ou un touriste étranger s’arrête devant cette résidence en apprenant qu’il s’agit de la demeure d’un ancien chef du gouvernement. Il découvrira un chapiteau usé jusqu’à la corde, une guérite défraîchie et un environnement qui ne reflète ni le prestige de la fonction exercée autrefois par son occupant ni l’image d’excellence que Rabat souhaite projeter.
Loin d’être un simple détail esthétique, cette situation renvoie à une question fondamentale : celle de la cohérence de l’action publique. L’État ne peut exiger des citoyens qu’ils respectent les règles d’occupation et de propreté de l’espace public tout en tolérant, devant l’une des résidences les plus symboliques de la capitale, des installations qui donnent une impression de laisser-aller. Restaurer ces équipements ne représenterait qu’un investissement modeste, mais constituerait un signal fort en faveur de l’exemplarité et du respect du cadre urbain.
À quelques mètres de la résidence de l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, un spectacle peu reluisant attire chaque jour le regard des passants. Un chapiteau de fortune, dont la bâche est déchirée, décolorée et noircie par les années, trône sur le domaine public aux côtés d’une guérite de sécurité vieillissante, usée par les intempéries et visiblement privée de tout entretien. Occupée en permanence par deux éléments des forces de l’ordre chargés d’assurer la protection de l’ancien responsable, cette installation donne davantage l’impression d’un équipement abandonné que d’un dispositif officiel relevant de l’autorité de l’État.
Le contraste est d’autant plus frappant que Rabat, capitale du Royaume, multiplie les chantiers de modernisation. Routes rénovées, espaces verts réaménagés, places publiques embellies, mobilier urbain remplacé : la ville affiche l’ambition de devenir une vitrine du Maroc moderne. Pourtant, au cœur de cette dynamique, ce coin de rue semble figé dans le temps, comme oublié de tous.
Cette situation soulève une question de cohérence. Alors que les autorités communales mènent actuellement une vaste campagne contre les occupations irrégulières du domaine public, les enseignes non conformes et les installations anarchiques, comment expliquer qu’une structure aussi visible puisse demeurer dans un état aussi dégradé sans susciter la moindre réaction ?
Une interrogation s’impose également sur le plan administratif : ce chapiteau bénéficie-t-il d’une autorisation d’occupation du domaine public ? Si la réponse est oui, pourquoi son état de délabrement est-il toléré pendant des années ? Si la réponse est non, pourquoi ne serait-il pas soumis aux mêmes exigences que celles imposées aux commerçants, artisans et simples citoyens ? Le principe d’égalité devant la loi exige que les règles s’appliquent à tous, sans distinction.
Au-delà de l’aspect réglementaire, c’est la question de l’exemplarité des pouvoirs publics qui est posée. L’État et les collectivités territoriales demandent légitimement aux citoyens de respecter les normes d’urbanisme, de préserver la propreté des espaces publics et de contribuer à l’embellissement de la ville. Cette exigence ne peut être pleinement crédible que si les installations relevant des institutions publiques répondent elles-mêmes aux mêmes standards.
Il ne s’agit évidemment pas de remettre en cause la protection accordée à un ancien chef du gouvernement, mesure parfaitement légitime au regard de ses anciennes responsabilités. En revanche, rien ne justifie que les équipements destinés à cette mission présentent une image aussi dégradée. Une guérite moderne, correctement entretenue, et un abri digne de ce nom suffiraient à concilier impératifs de sécurité et respect de l’esthétique urbaine.
Ce dossier met aussi en lumière une réalité plus large : au Maroc, l’entretien du patrimoine urbain est souvent relégué au second plan. On inaugure volontiers de nouveaux projets, mais la maintenance des infrastructures existantes reste trop souvent négligée. Or une ville ne se juge pas uniquement à ses grands chantiers ou à ses monuments emblématiques ; elle se mesure également à l’attention portée aux détails du quotidien.
Imaginons qu’un diplomate, un investisseur ou un touriste étranger s’arrête devant cette résidence en apprenant qu’il s’agit de la demeure d’un ancien chef du gouvernement. Il découvrira un chapiteau usé jusqu’à la corde, une guérite défraîchie et un environnement qui ne reflète ni le prestige de la fonction exercée autrefois par son occupant ni l’image d’excellence que Rabat souhaite projeter.
Loin d’être un simple détail esthétique, cette situation renvoie à une question fondamentale : celle de la cohérence de l’action publique. L’État ne peut exiger des citoyens qu’ils respectent les règles d’occupation et de propreté de l’espace public tout en tolérant, devant l’une des résidences les plus symboliques de la capitale, des installations qui donnent une impression de laisser-aller. Restaurer ces équipements ne représenterait qu’un investissement modeste, mais constituerait un signal fort en faveur de l’exemplarité et du respect du cadre urbain.



