Akhannouch, ou l’illusion du bilan parfait

17 أبريل 2026
Akhannouch, ou l’illusion du bilan parfait

Chouaib.S
Derrière l’émotion affichée par Aziz Akhannouch à l’évocation de son départ, se dessine un contraste saisissant entre le récit qu’il propose et la réalité vécue par une grande partie des Marocains. Car si l’homme insiste sur le « devoir accompli », nombreux sont ceux qui peinent à identifier concrètement les résultats de ces cinq années de gouvernance.
Son intervention, présentée comme un moment fort, s’apparente surtout à une tentative de réécriture d’un bilan contesté. L’ancien chef du gouvernement se dédouane volontiers des hausses persistantes des prix, tout en éludant soigneusement les conflits d’intérêts liés à sa position dominante dans le secteur des hydrocarbures. Une posture difficile à défendre dans un contexte où le pouvoir d’achat s’est érodé et où les citoyens attendent encore des explications claires.
Plus dérangeant encore est le silence sur les accusations récurrentes de népotisme. La distribution de postes clés à des proches et à des alliés alimente l’image d’un système fermé, où la loyauté personnelle primerait sur la compétence. Ce mode de gouvernance, typique des logiques oligarchiques, a contribué à fragiliser la confiance envers les institutions.
Sur le fond, le bilan reste largement en deçà des attentes. Ni la santé, toujours marquée par des inégalités criantes, ni l’éducation, en quête de réformes profondes, n’ont connu d’améliorations significatives. Quant au chômage, il demeure à un niveau préoccupant, flirtant avec les 13 %, un chiffre difficilement conciliable avec les discours optimistes sur la relance économique.
Certes, Mohammed VI est largement salué pour son rôle d’impulsion stratégique, mais cet hommage répété sonne aussi comme une manière de diluer les responsabilités politiques. Gouverner, ce n’est pas seulement suivre une vision : c’est produire,effectuer des actions concretes, mesurables, et surtout perceptibles par la population.
Enfin, le véritable échec de ce quinquennat réside peut-être dans son incapacité à convaincre. Une communication approximative, parfois déconnectée, a laissé place à un sentiment de décalage, voire de mépris, chez de nombreux citoyens. À force de vouloir défendre l’indéfendable, le discours officiel a fini par perdre en crédibilité.
Au moment de quitter la scène, Akhannouch emporte avec lui la certitude d’avoir réussi. Mais dans l’esprit de beaucoup, son passage au pouvoir restera celui d’une occasion manquée , celle de réformer en profondeur un pays en attente de justice sociale, de transparence et d’efficacité réelle.
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