Majorité fissurée, peuple ignoré : chronique d’un gouvernement captif des lobbies

منذ 5 ساعات
Majorité fissurée, peuple ignoré : chronique d’un gouvernement captif des lobbies

Chouaib.S
À mesure que les échéances électorales se rapprochent, les lignes de fracture au sein de la coalition gouvernementale deviennent de plus en plus visibles. Derrière une façade d’unité de circonstance, les partis de la majorité s’enlisent dans des querelles internes, révélant une alliance fragilisée, minée par les rivalités et les calculs politiciens.
Les tensions se cristallisent notamment autour du RNI, formation longtemps pilotée par Aziz Akhannouch, aujourd’hui en fin de cycle à la tête de l’Exécutif. Ses partenaires n’hésitent plus à exprimer ouvertement leurs critiques, dénonçant une gestion jugée opaque, centralisée et déconnectée des réalités sociales. La récente réunion ministérielle consacrée à la crise actuelle n’a fait que confirmer l’ampleur du malaise, illustrant l’incapacité du gouvernement à parler d’une seule voix.
Au cœur des dissensions : la question sensible des aides publiques. La subvention accordée aux transporteurs, loin de faire consensus, a suscité une levée de boucliers. Son mode d’attribution, ses critères flous et ses bénéficiaires controversés alimentent le sentiment d’un système biaisé, taillé sur mesure pour servir des intérêts particuliers. Dans un contexte marqué par la flambée du coût de la vie, ces décisions apparaissent comme autant de privilèges accordés à des réseaux proches du pouvoir, au détriment de l’intérêt général.
Ce climat délétère est aggravé par l’attitude du chef du gouvernement, accusé par ses propres alliés de gouverner en solitaire, sans réelle concertation. Son incapacité à relancer un dialogue social crédible, à faire avancer des réformes structurantes , notamment dans la justice ou l’emploi , et sa propension à s’autosatisfaire, nourrissent un profond ressentiment au sein de la majorité.
Dans ce jeu de déséquilibres, les partenaires comme le PAM et l’Istiqlal tentent de se démarquer, rappelant que la légitimité de la coordination gouvernementale revient exclusivement au chef de l’Exécutif. Ils rejettent toute tentative de délégation à de nouveaux responsables partisans, jugés illégitimes pour assurer la cohésion d’une alliance déjà vacillante.
Mais au-delà des rivalités partisanes, c’est une critique plus profonde qui s’impose : celle d’un gouvernement perçu comme prisonnier des oligarchies économiques et des lobbies, davantage préoccupé par la préservation de ses intérêts que par le bien-être des citoyens. Les décisions semblent dictées moins par une vision politique que par des logiques d’influence et de rente, creusant davantage le fossé entre les élites dirigeantes et la population.
Aujourd’hui, l’Exécutif apparaît au bord de l’implosion. Les réunions de coordination se font rares, reportées sans explication, tandis que la méfiance s’installe durablement entre les partenaires.Dans ce climat de défiance généralisée, une question demeure : combien de temps encore cette coalition tiendra-t-elle avant de céder sous le poids de ses contradictions?
Plus qu’une crise politique passagère, c’est le symptôme d’un modèle de gouvernance à bout de souffle, où les intérêts privés semblent avoir pris le pas sur l’intérêt public. Et ce sont, une fois de plus, les citoyens qui risquent d’en payer le prix.
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