Diplômes à vendre : un professeur au cœur d’un vaste scandale universitaire condamné à 4 ans de prison ferme

4 أبريل 2026
Diplômes à vendre : un professeur au cœur d’un vaste scandale universitaire condamné à 4 ans de prison ferme

Chouaib.S
Le couperet judiciaire est tombé ce vendredi 3 avril 2026 dans une affaire qui ébranle profondément le système universitaire marocain. Au cœur de ce scandale de corruption et de trafic de diplômes de Master, le professeur Ahmed Kilech a été condamné à quatre ans de prison ferme, assortis d’une lourde amende de 237 000 dirhams. La décision a été rendue par la chambre criminelle spécialisée dans les crimes financiers près la Cour d’appel de Marrakech.
Enseignant à la faculté de droit de l’Université Ibn Zohr d’Agadir, Ahmed Kilech a été reconnu coupable d’implication directe dans un réseau structuré de falsification de diplômes, opérant notamment au sein de la faculté des lettres et des sciences humaines. L’enquête a révélé l’existence d’un véritable système parallèle où l’accès aux cycles de Master et l’obtention de diplômes étaient monnayés, au mépris total des règles d’éthique et de mérite académique.
La justice ne s’est pas limitée à ce seul accusé. Le principal complice, également en détention, a écopé de la même peine de quatre ans de prison ferme. D’autres protagonistes ont été condamnés à des peines allant de huit mois à deux ans d’emprisonnement pour corruption et trafic d’influence, tandis qu’un seul prévenu a été acquitté. Ce réseau tentaculaire met en lumière l’ampleur d’une dérive qui gangrène une partie du système éducatif.
Le profil du professeur Kilech est d’autant plus accablant qu’il n’en est pas à sa première condamnation. En octobre dernier, il avait déjà été condamné à six mois de prison ferme pour diffamation et harcèlement sexuel, malgré un acquittement initial concernant des accusations de diffusion de données privées. Son arrestation en mai dernier faisait suite à une montée en pression des instances de lutte contre la corruption, notamment l’Instance nationale de protection des biens publics, qui alertait depuis 2023 sur des soupçons de fraude massive.
Plus troublant encore, cette affaire dépasse le cadre strictement universitaire pour éclabousser le milieu judiciaire. Parmi les personnes mises en cause figurent l’épouse du professeur, avocate, ainsi qu’un greffier et des avocats stagiaires. Bien que poursuivis en liberté, ils restent sous contrôle judiciaire strict, avec interdiction de quitter le territoire et confiscation de leurs passeports.
Ce verdict retentissant envoie un signal fort : la justice entend sévir contre le fléau du “diplôme contre argent”, qui porte gravement atteinte à la crédibilité des institutions académiques et à l’égalité des chances. Reste à savoir si cette affaire marquera un véritable tournant dans la lutte contre la corruption au sein de l’enseignement supérieur.
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