

Chouaib Sahnoun
Présent dimanche à Rabat pour assister à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, Gianni Infantino n’a pas seulement été témoin d’un sommet sportif haletant. Le président de la FIFA a surtout été marqué par des scènes de grande tension qui ont, selon lui, terni l’image du football africain et mondial.
Au terme d’un match à rebondissements, le Sénégal a décroché la deuxième CAN de son histoire en s’imposant face au Maroc grâce à un but décisif de Pape Gueye inscrit en première période des prolongations. Mais la rencontre a basculé dans la polémique dans les ultimes secondes du temps additionnel, lorsque l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala a accordé un penalty aux Lions de l’Atlas. Une décision vivement contestée par les joueurs sénégalais, qui ont quitté la pelouse sur instruction de leur sélectionneur avant de revenir quelques minutes plus tard pour reprendre le jeu.
Un épisode qui n’est pas passé inaperçu aux yeux du patron de la FIFA. Dans un communiqué relayé par l’AFP, Gianni Infantino a dénoncé avec fermeté ce qu’il qualifie de « scènes inacceptables », estimant que de tels comportements portent atteinte aux fondements mêmes du football.
« Il est inadmissible de quitter le terrain de cette manière, et la violence ne saurait être tolérée dans notre sport. Elle est tout simplement inacceptable. Nous devons respecter les décisions prises par les arbitres, sur et en dehors du terrain. Les équipes doivent jouer dans le respect des lois du jeu, car tout autre comportement met en péril l’essence même du football », a-t-il martelé, condamnant explicitement « le comportement de quelques joueurs sénégalais et de membres du staff technique ».
Un message clair à la CAF
Si le sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, a rapidement présenté des excuses publiques, reconnaissant une réaction excessive dans un contexte de forte pression, cela n’a visiblement pas suffi à apaiser la colère de Gianni Infantino. Dans des termes à peine voilés, le président de la FIFA invite désormais la Confédération africaine de football à agir.
« Les scènes déplorables dont nous avons été témoins doivent être condamnées et ne jamais se reproduire. Les instances disciplinaires compétentes de la CAF devraient prendre les mesures appropriées », insiste-t-il.
Au-delà du cas sénégalais, cette sortie musclée sonne comme un avertissement adressé à l’ensemble des acteurs du football africain : l’intensité et la passion ne sauraient justifier la remise en cause de l’autorité arbitrale ni des dérives contraires à l’esprit du jeu. Une finale historique, certes, mais dont les prolongations continueront longtemps à faire débat en dehors des terrains.




