
Chouaib Sahnoun
Le député Abderrahim Bouazza, membre du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a tenu à saluer publiquement, ce lundi 12 janvier, le professionnalisme et l’intégrité du journaliste sportif marocain Jawad Badda, commentateur sur la chaîne qatarie beIN Sports. Cette prise de position est intervenue lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, dans un contexte marqué par de vives attaques visant le journaliste.
La séance, présidée par Mohamed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement Populaire (MP) et figure de l’opposition, a également été l’occasion pour ce dernier d’exprimer son soutien clair et appuyé à Jawad Badda, dénonçant implicitement les pressions et tentatives d’intimidation dont il fait l’objet.
Ces gestes de solidarité politique surviennent alors que Jawad Badda est la cible d’une campagne virulente, menée sur les réseaux sociaux et en coulisses par des parties algériennes, appelant ouvertement son employeur à le suspendre, voire à le licencier. Une offensive numérique et médiatique qui dépasse largement le cadre sportif pour s’inscrire dans une logique de règlement de comptes et de pression politique.
À l’origine de cette polémique, une déclaration pourtant banale dans le langage du football : Jawad Badda avait qualifié le joueur camerounais Karl Toko Ekambi de « légende ». Une appréciation qui a ravivé la colère de certains internautes algériens, Ekambi étant l’auteur du but décisif ayant éliminé l’Algérie de la course à la Coupe du monde 2022 au Qatar, un traumatisme encore vif chez les supporters des Fennecs.
Cet épisode rappelle un précédent inquiétant. En mai 2023, des pressions exercées par des cercles algériens sur les autorités qataries avaient conduit au licenciement du journaliste marocain Abdessamad Nasser de la chaîne Al Jazeera. Un précédent qui nourrit aujourd’hui les craintes d’une répétition du même scénario et pose la question de la liberté éditoriale des journalistes marocains travaillant dans les médias internationaux.
Face à ces dérives, l’hommage rendu à Jawad Badda par des responsables politiques marocains apparaît comme un signal fort : celui du refus de céder au harcèlement transnational et de la défense de la dignité professionnelle face aux campagnes de dénigrement orchestrées.



